Roadtrip de Mardi Gras en Alabama et Louisiane, le live

Prêts à repartir en roadtrip avec nous ? Vous êtes sûrs que vous nous supportez encore ? Non, parce que si c’est pas le cas, vous pouvez encore refermer la page et on se quitte bons roadies, hein. Bref, pour ce treizième roadtrip US, en mode circuit court (11 nuits), nous avons choisi la Louisiane et l’Alabama pour y vivre un grand évènement : le carnaval et Mardi Gras. Yeah ! Des colliers, des parades, des déguisements, de la bière ! Tout ce qui nous convient.

Bon, pour ce voyage, on a voulu s’imprégner de plusieurs cultures de Mardi Gras. C’est pourquoi nous avons décidé de vivre le carnaval à Mobile, Alabama, qui en revendique la paternité aux US, puis dans le Pays Cajun, à l’ouest de NOLA, et enfin à la Nouvelle-Orléans pour le D-Day.

 

 

 

Que faire, que voir, que visiter, où dormir, où manger ? Nous vous donnons quelques pistes dans cet article. Bienvenue dans le Sud !

 

A suivre ici-même en live et sur les réseaux sociaux : FacebookTwitter et Instagram (pour les stories pleines de colliers)

 

Besoin d’infos sur la Nouvelle-Orléans et le Pays Cajun ? Nous y sommes déjà allés plusieurs fois. A retrouver ici 

 

 

 

 

Le Carnaval en Louisiane et en Alabama, jour après jour

 

Lundi 17 février (J1) : de Lyon à la Nouvelle-Orléans… Houston

 

Voilà une journée qu’il va être difficile de résumer. A la base, nous devions arriver à 18 heures à la Nouvelle-Orléans et faire un tour en ville pour profiter mardi matin du musée de la Deuxième Guerre Mondiale ainsi qu’un bon breakfast dans notre hôtel du Warehouse District, le Higgins. Ça, c’était sur le papier. Mais rien ne s’est passé comme prévu. De A à Z. Voyez comme de tout petits évènements impactent toute la chaîne. L’effet papillon « at its finest ».

On attaque la journée à 8 heures partant pour l’aéroport de Lyon. Le check-in se passe correctement, mais le steward nous demande une copie de notre ESTA. « On préfère s’en assurer », nous dit-il. Ok, on cherche mais c’est la première fois qu’on nous demande ça. Bref, on veut rejoindre le terminal et là…. alerte au colis suspect dans le restaurant du T1. La sécurité civile arrive, vérifie, et repart. Un bon quart d’heure de perdu. De la rigolade.

D’abord, l’avion pour Londres part avec une trentaine de minutes de retard. On connaît bien Heathrow et le vol entre Londres et New Orleans part du même terminal. Ca va le faire. Sauf qu’en arrivant, un avion a pris notre place de parking ! « C’est inacceptable », reconnaît le pilote qui se confond en excuses. Nous passerons 40 minutes ainsi sur le tarmac, à voir les aiguilles avancer et notre chance de prendre notre correspondance s’amenuiser peu à peu. On plaisante avec des compatriotes qui travaillent à Londres et font cette liaison chaque semaine. Avec la tempête Dennis du WE, ils ont eu toutes les misères du monde à aller travailler…

Nous sortons finalement de cet avion. Il reste 40 minutes environ avant le transatlantique. Arrivés au bureau des  »Connecting flights », on nous dit que c’est mort. Impossible d’accrocher le vol. Après palabres, British nous recase sur un vol Londres-Houston puis un Houston-NOLA qui doit arriver dans la nuit. C’est jouable. Les bagages ? Normalement, ils n’ont pas embarqué pour NOLA et doivent nous suivre. On espère hein…

 

 

Le vol Londres-Houston part avec un peu de retard mais est plutôt ok. L’avion est ancien mais l’équipage au top. A Houston, on sait que ça va être rapide, surtout que nous avons des places au fond de l’avion (et qu’on a toujours pas inventé un système permettant aux gens qui ont une correspondance de sortir en premier !) et qu’il faut passer l’immigration. Nous sortons vite, et là, l’immigration est pleine à craquer. 3 agents qui bossent sur 20 ou 30 guichets, les Américains toujours prioritaires dans ces cas-là. On perd une heure, surtout que le nôtre a tapé la discute avec la terre entière, en racontant sa vie.

Nous galopons vers United qui opère notre prochain vol. Nouvelle claque. « Vos bagages ne peuvent pas être enregistrés. Vous pouvez partir mais pas eux »…. Puis à force de tergiverser. « Vous ne l’aurez pas »… Nous voilà à Houston (Texas), il est 21h, que faire ? Prendre une voiture et se taper les 5h30 de route après un transatlantique… Dangereux.

Alors, on décide d’attraper un taxi, de réserver un hôtel et de prendre le premier vol pour NOLA demain. Le Ramada Inn à 45 $ et 5 minutes de l’aéroport, ça le fera. On mange un morceau au resto de l’hôtel (burger texan et cali club) qui a son propre bar festif, en échangeant avec un expat français de passage à l’aéroport. Vannés, on tombe. Demain, il faut se lever à 5 heures.

 

 

  • Notre hébergement : Ramada by Wyndham Airport East, Humble, Texas. Note : 6/10. Un hôtel d’aéroport, quoi. Mais tout y est et c’est propre. Voir et réserver
  • Notre resto : Dolphin Restaurant, Humble. Note : 6/10. Bon, c’est le resto de l’hôtel. On sait pas pourquoi il s’appelle Dolphin. Mais c’était tout à fait correct .
  • Visites : l’aéroport de Lyon, l’aéroport de Londres, l’aéroport de Houston. Basta…

 

 

Mardi 18 février (J2) : de Houston à Mobile via NOLA

 

Grâce au jetlag, on se réveille sans souci. Navette pour l’aéroport, petite attente à l’embarquement (ils voulaient nous faire payer nos bagages les relous) et nous voilà prêts à partir. L’avion est à 7h25, on sera à New Orleans à 8h30. Parfait pour notre journée, peu de temps perdu finalement. C’est sans compter sur le brouillard en Louisiane, qui empêche tout avion d’atterrir. Vol retardé à 8h, ok. Puis à 9h… Puis à 10 heures. On commence à se croire maudits, on ressort du terminal pour griller une clope.

A notre retour, ils annoncent un nouveau retard. 10h45 cette fois. Allez, on se boit une bière pour oublier ça. Erreur de commande (on commande sur des tablettes à l’aéroport de Houston), elle est deux fois plus grosse. Enfin, on rentre dans l’avion, la victoire est proche… ou pas. « Désolé, mais le trafic est trop important à NOLA avec les retards du matin. Il va falloir attendre notre tour », tente le pilote. On restera finalement plus d’une heure sur le tarmac. Tout ça pour un vol d’une heure…

A bout, on arrive à la Nouvelle-Orléans vers 13h30. Mardi à 20h30 heure française. Nous étions partis de chez nous lundi à 8h ! Premier vol à 12h lundi. UN ENFER ce voyage. Quand on vous dit d’avoir toujours au moins une nuit dans votre lieu d’arrivée, c’est pour ce genre de soucis !

Mais bon, passons à l’essentiel, on en a marre d’écrire sur des galères d’avion. Arrivés au nouvel aéroport Louis-Armstrong à la Nouvelle-Orléans, nous récupérons notre voiture chez Alamo, un GMC Denali de bonne taille. Que faire avec tout ce retard ? Passe-t-on par la Nouvelle-Orléans ou file-t-on à Mobile, où nous passons la nuit? On décide d’un entre-deux. Après un tour chez Manny Randazzo, qui est déjà sold out à 15h pour avoir vendu tous ses king cakes, les fameuses brioches de carnaval, on arrive à la Nouvelle-Orléans par Marigny. On se balade un peu dans Marigny et sur Decatur St, dans le Vieux Carré. On sent que la ville bouillonne, que l’ambiance est là. Un peu déçus, on doit déjà repartir. Mais c’est pour mieux revenir dans quelques jours…

 

 

On prend la route pour Mobile, qui est 2h à l’est de la Nouvelle-Orléans. On garde un bon souvenir de cette jolie ville en bord de baie. Là, nous devons arriver le plus tôt possible car nous allons vivre notre première parade de Mardi Gras ce soir. A 18h30 dans le centre de Mobile. Problème, notre hébergement y est aussi et le centre est bouclé par la police. On arrive, grâce aux explications de Karen, notre hôte, à entrer dans le périmètre et à nous garer (pour 5$) à deux pas de la parade.

Là, on ne sait pas ce qui nous attend. Les gens s’installent, les flics sont là, en moto, à pied, à cheval… La parade de l’Ordre des LaShe’s peut commencer. Il y a des chars (une dizaine, avec l’Inspecteur Gadget, Austin Powers…), des danseurs, des « marching bands », des musiciens… Les enfants sont déchaînés car les colliers de carnaval pleuvent par centaines, mais pas seulement. Peluches, jouets, verres en plastique, coussins… Les gens sont équipés de sacs pour embarquer tout ce qu’ils ont pu attraper. Par contre, la quantité de colliers (les fameux beads) en plastique qui restent à terre, c’est à mettre Greta Thunberg en PLS.

 

 

De notre côté, on a récupéré des dizaines de colliers et quelques goodies. Delphine est très fière de sa cuisse de dinde en peluche, probablement la meilleure prise, c’est vrai…

Il est presque 21 heures, cela a bien duré deux heures cette affaire, et l’on rejoint Karen à la Petrinovich Mardi Gras House, notre superbe B&B dans une maison victorienne sur Church St. A la base, elle voulait nous emmener au bal. Le temps de prendre nos quartiers et l’on va sur Dauphin St, l’artère la plus animée de Mobile, pour y manger chez Wintzells. Cette adresse, c’est du tout pile. Historique à Mobile. Notre serveuse, Miss Pinky, est un amour (et très bonne vendeuse). Nous prenons les pinces de crabes (à deux façons, frites et bouillies) et un plateau de leurs légendaires huîtres locales gratinées (aux crevettes, au parmesan, aux épinards, au bacon/cheddar/jalapeno). C’est délicieux. Un must vraiment.

 

 

 

Il est temps de se coucher. Enfin! La journée a été interminable (mais tellement bien)…

 

 

  • Notre hébergement : Mardi Gras House, Mobile, Alabama. Note : 9/10. Une sublime painted lady victorienne en plein Mobile. Chambre nickel, espaces partagés bien décorés, petit déjeuner complet (mais pas d’oeufs ou de gaufres) et en bonus le chat adorable. Kiss Fuzz E. Buddy. Voir et réserver
  • Notre resto : Wintzells Oyster House, Mobile. Note : 9/10. Une institution à Mobile et un régal pour les papilles. Prenez les huîtres gratinées 
  • Visites : Marigny et French Quarter (Nouvelle-Orléans), parade et Dauphin Street à Mobile

 

 

 

 

Mercredi 19 février (J3) : de Mobile à Lafayette

 

Réveil tôt. La nuit a été bonne mais un peu mouvementée : le B&B était plein de fêtards présents au bal d’après parade, hier soir. Rien de grave. JP prend le temps de découvrir le quartier à pied. On rencontre enfin Fuzz E. Buddy, le chat des lieux, un gros matou noir et blanc trop sympa qui a sa propre page Facebook. Nous profitons un peu des lieux, on se sent comme à la maison ici. C’était d’ailleurs le « rêve » de Delphine de dormir dans l’une de ces maisons victoriennes tout droit sortie d’une série américaine.

 

 

Au programme de la matinée, la (re)découverte de Mobile, qu’on a déjà visitée en 2016. Malgré ce qu’a annoncé la météo, le soleil est là. Après un petit tour photo des maisons décorées pour le Carnaval, on parcourt Dauphin street, la rue principale (en tout cas la plus animée). On fait quelques emplettes chez Mardi Gras’N more, l’un des nombreux magasins sur le thème. Il y a de chouettes trucs (et pas très chers). Il faut qu’on ait l’air dans le ton 🙂

On continue par la visite du musée du Mardi Gras de Mobile. Il est rempli par un car de seniors. On slalome pour découvrir le musée, simple mais très joli. Sur plusieurs étages, il raconte l’histoire du premier Mardi Gras américain, fêté depuis 1703 à Mobile. Ce qui nous a le plus marqué ? Les « coopers » (traînes) des rois et reines successifs. De véritables oeuvres d’art, quelle taille et quel travail!!! C’est l’occasion d’en apprendre aussi un peu plus sur Joe Cain, l’homme qui a « inspiré » le Mardi Gras tel qu’on le connaît aujourd’hui aux Etats-Unis. Il est fêté le dimanche avant la date fatidique.

 

 

On ne s’attarde pas au gift-shop (si si). On veut visiter le Fort Condé, lieu de l’une des premières implantations françaises dans la région (après le Fort Louis de la Mobile sur les rives de la rivière Mobile). Le musée est simple, pas ouvert entièrement, un peu engoncé entre l’autoroute et le centre-ville, mais c’est toujours précieux d’en savoir un peu plus sur les origines de la ville. On passe alors par le parc du… Mardi Gras, avec son sapin de Mardi Gras et ses statues de personnages (roi, reine, musicien, Jester le bouffon). D’ici, on voit bien les quelques gratte-ciels de la ville.

 

 

Nous reprenons la voiture pour retourner dans le centre et Dauphin St. On hésite à retourner manger au LoDa biergarten, où nous avaient emmenés des copains lors de notre premier passage, ou le Panini’s Pete, une institution du beignet. OMG, le deuxième a fermé il y a peu (son vaisseau amiral existe toujours à Fairhope, de l’autre côté de la baie) et a été remplacé par un gastropub, le Squid Ink. JP penche pour celui-là. On mange deux bons burgers (l’un au poulet frit assez épicé, l’autre à la mozzarella and co). C’est très bon, et pas très cher.

Un tour dans le Bienville Square aux dizaines d’écureuils et on reprend la route. Bye Mobile, à la prochaine. T’es quand même une très chouette ville. On vous recommande d’y passer une nuit. Cela permet déjà d’y faire un bon tour.

 

 

En repartant, nous faisons un petit arrêt à Gulf Coast Beads, grossiste en produits de Mardi Gras. On y trouve des sachets de kilos de colliers de carnaval, des peluches par trentaine, des décos de Noël et de table… Alors que le temps se couvre, deux itinéraires s’offrent à nous : les plages ou un arrêt à l’Abita Mystery House (Abita Springs), qu’on a déjà visitée il y a quelques années. C’est parti pour les plages. Petit arrêt au Davis bayou, partie du Gulf Islands National Seashore. On voit direct un alligator et une tortue…

 

 

On enchaîne avec Ocean Springs, Biloxi (ville casino), Gulfport… Autant de localités régulièrement ravagées par les ouragans et les tempêtes et qui se sont relevées depuis. Les maisons sur pilotis, les terrains vagues à deux pas de la plage le rappellent tout le temps. JP accepte (encourage ?) un arrêt dans un magasin de plage digne de la Floride, Sharkheads – vous savez, ceux où l’on entre par la bouche d’un requin ?!.  C’était pas gagné mais on assiste à un coucher de soleil presque complet, magnifique.

 

 

Il nous reste encore de la route pour rallier Lafayette où l’on doit dormir. On s’arrête, comme en pèlerinage, au pub de la brasserie Abita à Abita Springs. Un délice, testez la Purple Haze et la Strawberry Lager. Deux heures de route encore. Nous faisons un premier arrêt à la station, et ça tire ! On paie toujours notre voyage à rallonge. C’est donc l’heure du RedBull…

 

 

Nous arrivons à l’hôtel vers 22 heures. Pas le temps de s’attarder dans la chambre, grande et chouette du Comfort Suites Oil Center. On file chercher à manger. Un resto de la chaîne Chili’s se trouve juste au bout du parking. C’est notre première fois. Ça ressemble à Denny’s, mais ce n’est pas très bon (Delphine va se souvenir longtemps de son sandwich au poulet surépicé, pas prévu pour arriver comme ça). Il est temps de bloguer et de ranger la viande dans le torchon !

Demain, le Pays Cajun est à nous. Et a priori, le temps maussade aussi.

 

  • Notre hébergement : Comfort Suites Oil Center, Lafayette, Louisiane. Note : 7/10. De belles chambres bien propres dans un hôtel récemment rénovés. Il y a tout ce qu’il faut. Petit déjeuner complet.  Voir et réserver
  • Nos restos : Squid Ink, Mobile. Note : 7/10. Bonne adresse sur Dauphine St. Burgers, salades et poke bowl. Chili’s, Lafayette, Louisiane. Note : 4/10. Et on est gentils…
  • Visites : Dauphin St, Mardi Gras Mobile Museum (8$/pers), Fort Conde (8$/pers), Bienville Square à Mobile ; Gulf Islands National Seashore, Ocean Springs, Biloxi, Gulfport, Abita Brewhouse

 

 

 

 

Jeudi 20 février (J4) : de Lafayette à Grand Isle

 

Comment se taper une journée de roadtrip sous la pluie ? C’était l’équation du jour. Au réveil ce matin, temps maussade et  »shower » (pluie fine) toute américaine sur Lafayette. Il faut vite revoir le programme, écarter au maximum les activités en extérieur et se recentrer sur l’essentiel…. LA BOUFFE.

Premier arrêt au Cajun Market Donut Company. Donuts bien sûr mais aussi (et surtout) revisités en célèbre King Cake. La  »galette des rois » louisianaise n’a rien à voir avec la nôtre : brioche multicolore (aux couleurs du carnaval), bien sucrée et canellée et pas une trace de frangipane. Et la fève est un bébé… « On peut vous la remplir : cream cheese, chocolat, crème… » nous dit la serveuse. Ben allez, va pour la crème danoise et quelques calories en plus. De toutes façons, il pleut.

Notre tour dans Lafayette, sous cette pluie lancinante, a été forcément un peu rapide. Un saut au parc Sans Souci pour y voir les lettres LAFAETTE. Oui, il manque le Y, c’est pour que vous le fassiez avec les bras, hein. Et puis sur Jefferson St, la rue principale pour les commerces.

 

 

Toujours sous la pluie, nous partons à Pont Breaux (ou Breaux Bridge), mignonne petite ville à quelques minutes de Lafayette. Et surtout c’est la capitale de l’écrevisse (crawfish), un met typiquement louisianais qu’on cuisine bouillie, grillée, sautée, frites, en « étouffée », en boulettes… Alors, après un petit tour en ville à visiter quelques magasins d’antiques, nous avons mis le cap sur  »Crazy ‘bout Crawfish », petit restaurant de bord de route.  La carte est immense et mêle écrevisse, crevette, crabe… Après une étude poussée, on part sur des écrevisses (normal je sais) toutes simples (et surtout à 9$ ^^) et un plateau plus élaboré où on les retrouve sous différentes formes (boulettes, étouffée, grillée, en tourte…). Le tout arrosé d’une bière Abita et au son du zydeco. Parfait. De toutes façons, il pleut…

 

 

La suite sera un long roadtrip jusqu’à Grand Isle le long du Bayou Teche, en alternant entre la voie rapide (90) et les routes plus calmes. A Breaux Bridge un petit détour par le lac Martin, à Saint-Martinville le joli centre-ville avec le chêne d’Evangeline le long du bayou Teche, à New Iberia les belles bâtisses qui ont servi d’arrière-plan aux histoires de James Lee Burke, à Franklin une rue charmante avec les étendards de Mardi Gras, à Morgan City la trace de l’activité industrielle…. Cette dernière, capitale de la crevette jumbo et… du pétrole, abrite Mr Charlie, une plateforme pétrolière qui finit sa vie en musée après avoir percé tout le Golfe du Mexique pendant 60 ans (c’est unique). On poursuit par Houma, officiellement l’une des villes les plus heureuses des USA, plus grande, avec un centre tout à fait avenant. Pensez aussi à Thibodaux, où nous avions dormi il y a quelques années. On ne sait pas si nous aurons le temps d’y faire un saut.

 

 

Il fait nuit lorsqu’on arrive sur le pont reliant le bayou à l’île de Grand Isle. 3,75 $ plus tard (on plaint sincèrement la dame du péage, à se les geler en plein vent), on débarque sur la petite île, qui a souffert des ouragans et des tempêtes. Les maisons sur pilotis, des bâtiments prêts à construire/prêts à jeter. Cela nous rappelle Dauphin Island, en Alabama, qoù nous étions allés il y a quelques années (pas loin de Bayou-la-Batre, pour les fans de Forrest Gump).

Justement, on a réservé une chambre de motel sur pilotis au Blue Dolphin Inn & Suites. Mais il faut aller à l’accueil, qui n’est pas à la même adresse. On sonne, rien. Le vent est glacial ce soir. Et finalement, après un coup de fil de Delphine, un grand gars avec un mulet de compétition nous ouvre enfin. Genre il est tard… Mais en fait, il est 19h45 hein… Avec un accent à couper à la machette, il nous explique tout le tralala (clim, café, clé, parking, wifi…). On y retourne, la chambre est sympa (ça fait très appart de station balnéaire), donne sur la plage qu’on aura du mal à voir car le mauvais temps se prolonge ici demain matin. Peu importe, on est à la mer ^^.

Pour finir cette journée, nous poussons la porte du Starfish Restaurant. Rappelons qu’il est 20h et qu’il n’y a presque plus rien d’ouvert… L’endroit est désert, hormis quatre employés en train de se bidonner en cuisine (en matant l’un d’eux en train de se gameller sur la caméra de surveillance). Une Dixie à la main (bière emblématique de NOLA), on passera un bon moment avec un club et un po’boy (sandwich typique de Louisiane) moitié crabe-moitié crevette (frits évidemment). Le petit chat roux qui attend à la porte a aussi adoré les crevettes…

 

 

On a du mal à tenir la route le soir et, tombant sur un wifi capricieux, on s’endort vite.

 

  • Notre hébergement : Blue Dolphin Inn & Cottages, Grand Isle, Louisiane. Note : 7/10. C’est propre, face à la mer, correctement équipé. RAS à part le wifi hyper capricieux… Voir et réserver
  • Nos restos : Crazy ‘Bout Crawfish, Breaux Bridge, Louisiane. Note : 8/10. Bon, des écrevisses, des écrevisses et des écrevisses. Prenez les le plus simplement possible. Starfish Restaurant, Grand Isle, Louisiane. Note 7/10. Franchement, on se voyait mal partis mais l’accueil et la nourriture ont été surprenants. Oui, beaucoup de mets sont frits mais le goût est là.
  • Visites : Lafayette, Breaux Bridge, Saint-Martinville (Evangeline Oak Park), New Iberia, Franklin, Morgan City, Houma, Grand Isle…

 

 

 

Vendredi 21 février (J5) : de Grand Isle à Lafayette via Houma

Le vent est encore bien présent mais le ciel devient bleu à notre réveil au Dauphin bleu ; il fait beau aujourd’hui mais frais (11-12°C). On déjeune des donuts de Cajun Market (là où on a acheté notre king cake) et on part visiter la ville de Grand Isle. Pas grand chose à voir mais un super jeu de route : les maisons sur pilotis ont toutes un nom !  »Bone voyage »,  »Tim-bu-ktu »,  »La belle vie »,  »6 pack » (de bière)… Certaines s’alignent même le long de petits canaux. C’est un paradis pour les pêcheurs, qui peuvent y attraper plus de 200 poissons et s’affrontent chaque année lors d’un grand  »rodéo ».
Le Grand Isle State Park est au bout de la route. Des nuées d’oiseaux l’habitent (coucou les pélicans), la mer est agitée mais l’endroit agréable à parcourir. C’est totalement désert et il ne nous faudra qu’une petite heure pour explorer les lieux.
Sous le soleil, Grand Isle a une autre gueule. Mais il faut repartir. Retour à Houma, l’une des villes les plus heureuses des Etats-Unis (c’est officiel); elle l’est en tout cas beaucoup plus que sous la pluie ! Pour manger, nous optons pour une institution locale : le Boudreau and Thibodeau’s. Une expression cajun qui ramène à une sorte de duo Laurel et Hardy et qui fait surtout de la bonne bouffe (cajun). Il y a du monde, du bruit. Le service est un peu long mais c’est excellent. On goûte aux cuisses de grenouilles (un délice, frites bien sûr mais surtout 5 fois plus grosses que chez nous), on se remet une fournée d’écrevisses et de beignets. Repus, on réfléchit au programme de l’aprem, qui est du coup bien avancée. Nous abandonnons Avery Island, son jardin et son tabasco (déjà faits). JP nous dégote alors un bayou : le Mandalay National Wildlife Refuge. Une réserve naturelle, de vieux chênes et cyprès entourés de barbe espagnole, où l’on peut croiser des alligators, des castors, des loutres de rivière, des oiseaux… On verra un alligator, bien camouflé, grâce à l’aide d’autre visiteurs.
Au retour à la voiture, consécration, la 2e du genre dans l’histoire de Lost In The USA : des Roadies nous ont reconnus sur le parking ! On tchatche un petit coup, tout contents. On enchaîne, alors que le soleil se couche, par la plantation Southdown, magnifique.
Puis on décide: on a envie de faire une parade de carnaval et ce sera à Houma plutôt qu’à Morgan City, même si cela nous réserve plus de route ce soir pour rejoindre Lafayette (environ 1h40). On se gare facilement le long du trajet, qui emprunte une ligne droite dans le centre-ville. Elle commence à 18h30. Direction le Mahony’s, le pub irlandais du quartier historique et son balcon (accessible pour 5$, sont pas fous, hein). Les gens sont déjà installés, avec des chaises pliantes, le long du trajet. L’ambiance est festive. Mais on va bouger : la parade n’est attendue ici qu’à… 21 heures !
On reprend la voiture et on essaye de remonter le parcours. C’est plus facile qu’à Mobile, le périmètre est moins bouclé. Ce soir, c’est le Krewe d’Aphrodite qui est à l’oeuvre. Au premier arrêt, un policier nous dit: « Pas avant 30 minutes/1h30. Ben ouais elle est longue ».
On la chope finalement quasi au début, on se gare et elle arrive ! C’est vrai qu’elle va doucement, elle est ponctuée de fanfares mais les chars sont impressionnants. Ici, ils lancent les colliers de beads en paquets et, à la toute fin, un char de récup permet de les rendre (c’est pas mal vu la quantité hallucinante balancée). A nous la belle moisson (en refilant les jouets aux gosses d’à côté). Il va falloir faire un sérieux tri avant de reprendre l’avion ! Ce soir on s’est mis à la mode locale, et on a amené un sac. Certains viennent avec des épuisettes voire des caddies ! Nous échangeons ici plus facilement avec les gens (dans le public et dans la parade) qu’à Mobile.
Il est 20h45, on remonte en voiture, sans encombres. Lafayette, où l’on retourne dormir, est à presque deux heures. Où va-t-on manger ?  Après plusieurs échecs (des trucs sensés fermer à 23 heures mais qui le sont déjà à 22h30), on a atterri dans un super endroit, le Rock’n Bowl. Un bowling qui fait aussi bar (classe) resto et salle de concert en bas. On commande la spécialité du lieu, des boulettes de viande.
Il est minuit, on tombe direct….
  • Notre hébergement : Comfort Suites Oil Center, Lafayette, Louisiane. Note : 7/10. De belles chambres bien propres dans un hôtel récemment rénovés. Il y a tout ce qu’il faut. Petit déjeuner complet.  Voir et réserver
  • Nos restos : Boudreau & Thibodeau’s, Houma, Louisiane. Note : 8/10. De la cuisine cajun pur jus. Ambiance sympa et écrevisses au rendez-vous (excellent beignets aussi). Rock’n Bowl, Lafayette, Louisiane. Note : 7/10. La spécialité ici, c’est la boulette de viande. A tester…
  • Visites : Grand Isle State Park (6$), Houma, Mandalay National Wildlife Refuge, Southdown Plantation, parade à Houma

 

Samedi 22 février (J6) : de Lafayette à Lafayette via le Pays Cajun

Encore une fois, le réveil sonne bien trop tôt… Nous avons rendez-vous à Breaux Bridge, à 15 minutes de Lafayette, pour un petit déjeuner zydeco, une tradition. On rejoint un groupe de journalistes pour la matinée. Tous sont Américains ou Canadiens (trop cool). Il y a des journalistes voyage, des blogueurs de plein d’états…. et la queue devant le Buck & Johnny’s. Ce restaurant de Breaux Bridge a repris la tradition du « zydeco breakfast » que l’on avait expérimenté il y a quelques années au Café des Amis, malheureusement fermé.
La fête commence au son de la musique cajun (ce fameux zydeco). Déjà, ça déjeune (des beignets, des omelettes, du boudin) arrosés de… cocktails ! Même nous, on se laisse tenter par un Bloody Mary. Hyper épicé, on ne le finira jamais, mais c’est un fantasme depuis plusieurs années à force de les voir s’en taper de bon matin. On nous présente le groupe; Gérard Delafose et les Zydeco Gators, et on retrouve même les danseurs stars de notre précédent passage. La différence ? Ils sont habillés aux couleurs de Mardi Gras. Un dirty dancing en live!
On en profite un max. Un petit tour dans Breaux Bridge, sous un grand soleil, et on prend la route pour Henderson, point d’accès de l’Atchafalaya Basin tout proche, pour faire un tour d’airboat. Delphine a hésité (elle avait flippé sec la dernière fois en Floride) mais elle embarque. Ils nous équipent de couvertures car quand même, ça caille ce matin. En 1h30, on verra trois alligators, des tortues, quelques oiseaux… mais surtout ce paysage de bayou incroyable. Bon, Delphine est un glaçon, elle en a marre, elle dit que c’est la dernière fois, mais c’est top. On pensait que le mec allait nourrir les alligators (avec des marshmallows c’est courant), mais pas du tout, et heureusement : il les appelle: « Hey Boudreau, viens par là ». « Ils ne parlent que français », plaisante-t-il en cajun.
On laisse là nos nouveaux copains de voyage. Un Californien de San Diego nous explique son credo : être un mec qui voyage, la place dans le blogging voyage étant apparemment occupée par les nanas. Eux partent en direction d’Avery Island, son tabasco et ses jardins. Nous, sur les conseils d’un Roadie, nous allons prendre l’apéro à Arnaudville, à la Bayou Teche Brewing.  Ambiance décontractée, bonnes bières (et pizzas sauce cajun). On ne s’attarde pas – dommage, un groupe s’échauffait – car on veut visiter Vermilionville, reconstitution d’un village acadien des XVIIIe-XIXe siècles. L’accueil se fait en français. Chouette visite, pleine d’histoire et ponctuée de véritables personnages, en costumes, qui défendent leur héritage et la langue française. Il y a des concerts, Jeanette qui crée ses chapelets dans l’église, une jeune fille qui chante dans l’école devant le tableau « Je ne parlerai pas français »…. On prend même un mini traversier (à activer seul en tirant une corde), pour enjamber le bayou, soi disant fréquenté par les alligators… C’est encore mieux le dimanche, où le village s’anime d’encore plus de personnages en costumes d’époque.
Retour au centre de Lafayette, on a faim. Il y a vraiment de supers adresses à Lafayette, mais l’une nous tenait davantage à coeur : le Spoonbill Watering Hole, dans une ancienne station service Conoco. On mange en terrasse ! C’est l’heure de l’happy hour et du linner (entre lunch et diner) et on se prend un sandwich au poisson et des quesadillas au crabe. Parfait…
Nous prenons le temps de revenir à la chambre quelques minutes avant de repartir pour le centre. Ce soit, c’est une nouvelle parade qui nous attend. Peu à peu, l’ambiance de Mardi Gras monte, on sent le jour fatidique arriver. Nous arrivons à nous garer plutôt facilement. Les rues de Lafayette sont pleines, on retrouve nos amis journalistes et blogueurs à l’estrade VIP. Un gars nous parle de son rhum à la française qu’il produit ici. Bref, la parade arrive et pour une meilleure vue (et une meilleure récolte de colliers), on descend et on se poste derrière une famille. Ils laissent même Delphine s’installer derrière la barrière et le show peut commencer. Des chars par dizaines, des colliers, des peluches. Les enfants sont aux anges et ramassent des tonnes de jouets, les mamies fans de beads ne sont par en reste… Les chars sont moins beaux qu’à Houma mais la parade plus dynamique. Une réussite…
Avant de rentrer, nous souhaitions tester un nouveau restaurant. Direction le Blue Dog Cafe, ouvert par les fils du peintre Rodrigue, célèbre pour… son Blue Dog. On arrive dix minutes avant la fin du service… et on arrive à se faire servir. Sandwich au poulet et enchiladas à l’écrevisse. Des beignets pour arroser le tout. Retour à l’hôtel. Demain, nous partons tôt…

 

 

  • Notre hébergement : Comfort Suites Oil Center, Lafayette, Louisiane. Note : 7/10. De belles chambres bien propres dans un hôtel récemment rénovés. Il y a tout ce qu’il faut. Petit déjeuner complet.  Voir et réserver
  • Nos restos : Buck & Johnny’s, Breaux Bridge, Louisiane. Note : 9/10 (pour le breakfast zydeco). Ambiance énorme pour cet évènement du samedi matin. La nourriture est bonne (mais ça passe au second plan). Spoonbill Watering Hole, Lafayette, Louisiane. Note : 8/10. Un restaurant dans une ancienne station Conoco. Excellentes bières et plats cuisinés avec soin. Blue Dog Cafe, Lafayette, Louisiane. Note : 7/10. Dans ce restaurant monté par les enfants du peintre Rodrigue (célèbre pour son Blue Dog), bonne cuisine cajun. On est arrivés peu avant la fermeture mais on a pu manger. Bon point. 
  • Visites : Zydeco Breakfast au Buck & Johnny’s, Breaux Bridge, Atchafalaya Basin (tour en airboat), Arnaudville, Vermilionville (6$), Lafayette, parade à Lafayette

 

 

 

Dimanche 23 février (J7) : de Lafayette à NoLa via le Courir de Mardi Gras de Church Point

 

Le réveil a encore sonné vraiment tôt ce matin. Mais il n’a sonné qu’une fois. D’abord parce qu’on a (relativement) récupéré d’hier, mais surtout parce qu’on attendait trop ce moment : le Courir de Mardi Gras de Church Point (ou Pointe à l’Eglise). L’un des plus célèbres Mardi Gras cajuns.

Après une trentaine de minutes de route depuis Lafayette, nous sommes arrivés avant 8 heures dans la petite ville; elle était en train de s’animer doucement. Ici, comme pour le 4-Juillet, les gens installent leurs sièges (et leurs barbecues! ) le long de la route pour admirer la parade (fut-elle dans plusieurs heures…). Nous, on voulait assister aux vraies festivités de l’avant, le Courir. On a débarqué au Saddle Tramp Club et ils étaient là. Des dizaines de gars déguisés avec des costumes à franges, de hauts chapeaux pointus et des masques très différents des habituels « vénitiens ». La bière coulait déjà à flot. Rappel : il était 8h15 à peine…

 

 

Coup de bol, le soleil est là, et ils sont adorables. On ne peut plus s’arrêter de faire des photos…. Le Courir de Church Point est une tradition depuis presque 60 ans. Une tradition acadienne (et un peu donc d’origine française).  Traditionnellement, un capitaine et les coureurs font le tour des fermes pour récolter les ingrédients nécessaires au gumbo : du riz, de la saucisse, des épices… Et surtout, ils veulent du poulet. Et c’est là que ça devient fou. Car c’est plus difficile d’attraper un poulet que des épices…

« C’est une véritable fierté de ramener le poulet », explique l’un d’eux… Il est 8h45, les chars se mettent en branle.  On court le long de la route, tandis que les mecs se marrent. « Mollo, la journée va être longue! »

A l’entrée de la première ferme, il y a tout un cérémonial. Tout le monde descend, des ambassadeurs à cheval vont demander la permission d’entrer, le proprio dit oui, et d’un coup, ils ouvrent le portail, et les coureurs se lancent dans le champ. Un groupe joue de la musique live et des spectateurs attendent déjà. Les dizaines de participants, déjà un peu éméchés, s’échauffent avec une course qui se finit en glissades dans la boue. NB : on n’était pas prévenus, on a flingué nos chaussures (et le reste !).

 

 

Dans le champ, c’est la fête. Encore une fois, la conclusion est la même : ces Américains savent quand même sacrément s’amuser. L’heure est grave : le premier poulet est lancé, et les participants à sa suite. On manque plusieurs fois de se faire piétiner. Il y aura une dizaine de lancers de poulets, et autant de champions. C’est assez unique comme expérience. Un coureur se blesse, une petite voiturette arrive pour le secourir. Les poulets, eux, font grise mine après plusieurs poursuites.

Tandis que nos nouveaux copains vont continuer leurs aventures dans plusieurs autres fermes (ça peut prendre la journée ou pas loin), on décide de partir dans l’autre sens. Derrière eux, la parade bat déjà son plein. On fait encore le plein de colliers, de peluches… Des nanas descendent pour nous faire avaler des jello shots (de l’alcool en gelée) à la seringue. Sincèrement, c’est peut-être notre carnaval préféré, hyper authentique, familial, sympa, avec plus d’interactions….

 

 

On arrive à la voiture vers 10h30 et on se débarrasse de nos colliers, qui commençaient à peser lourd. on sort difficilement de la ville : tout le monde teuffe, déguisé, en attendant la parade. D’autant qu’on doit faire demi-tour : JP  oublié sa casquette sur le toit de la bagnole. On finit par la retrouver (quelqu’un lui a roulé dessus) et on trace. Le temps commence à se couvrir.

Nous décidons de rester dans la prairie cajun, à Eunice d’abord. Là aussi, c’est la fête (leur Courir est très populaire), il y a un petit marché et un concert au centre. On craque pour un tableau d’artiste et on va voir l’un des magasins de déguisements sympas qu’on trouve ici : « Beaucoup ». Les masques typiques sont incroyables (et ne coûtent que 20 dollars). On reprend la route car c’est dimanche, et il n’y a pas 50 endroits où manger dans le canton…

 

 

Après Mamou, qui est plus que calme (hormis les samedis avec le Fred’s Lounge), on s’arrête à Opelousas, beaucoup plus mignonne. On mange au Crawfish House and Grill. Les crevettes sont excellentes (malheureusement, les écrevisses c’est seulement le soir), le po-boy glisse tout seul. Il est temps de partir pour la Nouvelle-Orléans.

 

 

La Big Easy nous attend pour les festivités de Mardi Gras. Et il faut faire vite, il y a la parade de Bacchus ce soir… On décide de faire la parade d’abord puis d’aller à l’hôtel. On coupe dans le Garden District, on tourne comme des ânes pour trouver une place avant de lâcher 20 bucks pour un spot (aïe…). Mais bon, la parade, que l’on voit sur Saint-Charles avenue, est magnifique. Mentions aux chars alligator, King Kong, baleine bleue… C’est plus difficile d’attraper des beads ici, surtout que la fille derrière JP sort ses seins à chaque passage (elle aimante les colliers ! Lanceurs de petite vertu ! ). Cela dure bien deux heures et nous avons récupéré quelques balles et surtout une baleine qui fait des bulles (et chante Aqua, « Boom, boom, boom… I want you in my room« )

 

 

 

Finalement, on retrouve notre voiture et notre faim. Après avoir pris possession de notre chambre, on va dans le Vieux Carré pour profiter du cadeau offert par un couple d’amis, Marion et Ben : un repas chez GW Fins, l’une des très bonnes tables du coin. On expérimente les huitres grillées, le thon à la Louisianaise et un saumon écossais magnifique. Bread pudding pour finir en beauté.

Il est minuit. Il est temps de rentrer.

 

 

  • Notre hébergement : Nola Guest House, Treme, La Nouvelle-Orléans, Louisiane. Note : 7/10. Hôtel bien situé à la frontière de Treme, côté Vieux Carré. Une rue à traverser et vous y êtes. Petit parking à réserver (des places gratuites sur les rues adjacentes). Notre chambre, au rez-de-chaussée, manquait de lumière mais était de taille correcte pour NOLA. Joli patio, accueil sympa, petit déjeuner simple. Bémol, c’est de l’ancien, donc on entend beaucoup de choses. Voir et réserver
  • Nos restos : Crawfish House & Grill, Opelousas, Louisiane. Note : 8/10. L’endroit ne paie pas de mine mais la nourriture est bonne et abordable. GW Fins, New Orleans, Louisiane. Note : 8/10. Super resto de poisson dans le Vieux Carré. Prévoir un petit budget. Service impeccable. Testez les huîtres grillées. 
  • Visites : Courir de Mardi Gras à Church Point, Eunice, Mamou, Opelousas, parade de Bacchus à NOLA

 

 

Lundi 24 février (J8) : Lundi Gras

 

 

On approche du D Day. Le week-end avant Mardi Gras et Lundi Gras sont traditionnellement de grands jours de parade à la Nouvelle-Orléans. Vu ce qui nous attend, on en profite pour faire la première grasse matinée du voyage. On se lève à 8h30… Youhouuuuuuuu ! Mais on profite tout de même de la matinée pour se préparer tranquillement : petit déjeuner dans le patio avec les chats de la maison, lavage des chaussures meurtries par le Courir, mise en place pour les prochains jours et un peu de blog. A 11 heures, on se décide à bouger vers le Vieux Carré, qui n’est qu’à une rue de notre guesthouse. On se refait quelques classiques : les maisons colorées, les rues mignonnes comme tout, le French Market (où Delphine trouve une paire de chaussures indiennes…), le Mississippi, Jackson Square et ses diseurs de bonne aventure, Bourbon St…. On passe sans s’arrêter devant le Café du Monde, toujours blindé. C’est matinée shopping : boucles d’oreilles alligator, casquette des Saints, t-shirt de parade, etc… On fait un arrêt à un magasin que l’on apprécie particulièrement, Sweet Pea & Tulip. De quoi contenter les shoppeuses compulsives (rendez-vous sur Magazine street).

 

 

Depuis les balcons, les gens commencent à jeter des colliers, ils sont de plus en plus déguisés, ça se rapproche. On fait un arrêt au Laffite’s Blacksmith, l’un des plus vieux bar de NOLA et l’un de plus vieux bâtiments, pour attraper une bière et rejoindre Esplanade Avenue, à l’est. La parade des Red Beans doit passer vers 14h30-15 heures. Cette parade plutôt récente (2008) est vraiment fun. Un cortège, à pied, avec des costumes ornés de haricots, hommage aux Mardi Gras Indians. C’est drôle, rafraichissant, hyper photogénique… Bref, on conseille. Et le passage dure seulement 30 minutes environ.

 

 

On a faim maintenant… On tente d’entrer dans un restaurant, le Port of Call. « Deux heures d’attente », nous glisse le serveur. Demi-tour direction Marigny où l’on trouve refuge dans un Dat Dog, célèbre petite chaîne de hot dogs en Louisiane. C’est bon (menu raccourci en raison de Lundi Gras) mais les prix sont excessifs pour des hot-dogs. 44 $ pour deux dogs, deux bières et deux barquettes de tater tots. On s’est fait des festins pour ce prix-là. Bref, ça dépanne… et nous permet de repartir vers le Vieux Carré, où l’on fait deux arrêts. Le premier dans une boutique de costumes sur Decatur St, vraiment chouette. On a nos déguisements ! L’autre à la Central Grocery. JP fait une fixette sur la muffuletta, cette spécialité louisianaise d’origine italienne. Une ode à l’olive, au provolone et au salami. Delphine veut absolument en profiter qu’on se trouve là pour en acheter une. C’est une des règles de nos roadtrips : on n’attend pas, on saute sur les occasions. Ça nous a sauvé des coups plusieurs fois. Et hop, une muffuletta entière dans le sac. C’est cher (20,95) mais quand on aime…

 

 

Retour à l’hôtel pour se reposer une peu et manger un bout de cette muffuletta. Ce soir, il y a deux parades : Proteus et Orpheus. On décide d’y aller tranquillement car le programme du lendemain est chargé. Nous arrivons sur Canal St vers 20h et on tombe sur Orpheus. Le secteur de Canal St n’est pas idéal pour voir les parades : trop de monde, plutôt chaud… A chaque fois qu’il y a des soucis, c’est plutôt là. On remonte donc un peu Saint-Charles Avenue, qui est remplie de tribunes (payantes, hein, il faut réserver…). On trouve notre bonheur à une intersection un peu moins remplie (St Charles/Union st). Et le show Orpheus peut commencer… Chars magnifiques, un peu psychés, mais il est très difficile d’attraper des beads. Il y a du monde, certains sont avec des escabeaux… Quelques colliers tombent finalement dans nos mains alors que la pluie fait doucement son apparition. Après 1h30 de parade, on rentre.

 

 

Vu qu’on nous a conseillé plusieurs fois de faire attention, notamment dans ce secteur après les parades, on file vite en se collant à des groupes. Direction le Vieux Carré. Il pleut dru. On a repéré un bar qui faisait à manger encore tard : le Three Legged Dog. Bien dans son jus. Le couple de Canadiens à nos côtés se tape des écrevisses, le plat du jour (il y en a quasi tout le temps, c’est la maison de la « midnight crawsfish). Delphine, ici, n’est pas emballée et on se retranche vers un burger et un sandwich au poulet grillé. Commande prise par une serveuse aussi aimable qu’un policier de la BAC un jour de manif. Mais c’est plutôt bon, arrosé d’une Abita Purple Haze…

 

 

On finit de rentrer à pied (Canal St est à environ 15 minutes de notre lit) et on tombe sans crier gare dans les bras de Morphée (après Orpheus, Morphée, tu l’as ?)

 

  • Notre hébergement : Nola Guest House, Treme, La Nouvelle-Orléans, Louisiane. Note : 7/10. Hôtel bien situé à la frontière de Treme, côté Vieux Carré. Une rue à traverser et vous y êtes. Petit parking à réserver (des places gratuites sur les rues adjacentes). Notre chambre, au rez-de-chaussée, manquait de lumière mais était de taille correcte pour NOLA. Joli patio, accueil sympa, petit déjeuner simple. Bémol, c’est de l’ancien, donc on entend beaucoup de choses (peut-être demander les chambres plus silencieuses à l’arrière ou à l’étage). Voir et réserver
  • Nos restos : Dat Dog, Nouvelle-Orléans, Louisiane. Note : 6/10. Déco sympa, bons dogs mais complètement trop cher pour ce que c’est… Three Legged Dog, New Orleans, Louisiane. Note : 7/10. Bar un peu typique. Sombre, qui sent la bière et la vodka. Mais nous a permis de manger tard… 
  • Visites : Vieux Carré (French Market, Jackson Square, Mississippi, Bourbon St…), Marigny, parade des Red Beans, parade d’Orpheus

 

 

Mardi 25 février (J9) : Mardi Gras

 

Le jour J, enfin. Voilà une grosse semaine que nous sommes arrivés, que la pression est montée doucement, que chaque parade nous a donné un regarde différent… pour arriver à ce jour là. Le jour le plus long, des parades partout, pendant toute la journée. Et la première que nous avions notée, c’est le Northside Skull & Bone Gang, un défilé et une performance artistique qui se mérite. Le départ est à 5 heures du matin devant le Backstreet Museum de Treme. Par chance, c’est à 100m de notre hôtel. On se réveille, on s’habille illico et on file.

Ambiance étrange, silencieuse. Plusieurs centaines de personnes attendent devant le musée, la plupart déguisées. Un groupe de percussions commence à jouer puis quatre hommes déguisés sortent, chantent et dansent. Leur but : réveiller les habitants de Treme en apportant un message de paix, de respect, de gaieté aussi. Les pauses se multiplient, ils rentrent dans des maisons, ressortent, chantent et dansent à un carrefour…

 

 

A 7 heures environ, on décroche. Il faut déjeuner, se préparer, se déguiser pour tenir toute la journée. Notre parade suivante, c’est Zulu et les fameuses noix de coco qu’il faut arriver à attraper. Elle part à 8 heures mais on a un peu de temps. On décide de l’attraper à mi-chemin et grâce à notre chauffeur Uber, on tombe juste à côté du parcours et non loin de St Charles Av, où passe le Krewe de Rex ensuite. Au coin de Tulane et Loyola, le spot est correct mais on trouvera mieux ensuite.

Dès que les premiers participants arrivent vers 10h20, dans de sublimes costumes, Delphine se lance à la recherche de la noix de coco décorée. Et en attrape une après négociation. On arrivera à en prendre cinq au total, tandis que notre voisin, qui semblait connaître toujours quelqu’un sur les chars, en chope une bonne quinzaine. La quête de la noix de coco est réputée difficile (les lanceurs choisissent un peu à la tête du spectateur) mais on s’en est très bien sorti. C’est un peu la guerre pour les colliers et l’ambiance monte tranquillement. Derrière nous, un gars avec une pancarte « C’est mon premier mardi gras« . Le Krewe de Zulu, dont les origines remontent au début du 20e siècle dans la communauté afro-américaine de NOLA,  est l’un des plus suivis en ce Mardi Gras. Il est interminable, les chars sont magnifique et les lanceurs très taquins. Dans le même temps, une autre parade se déroule dans le Vieux Carré, la Sainte-Ann, à pied, avec des gens déguisés qui se joignent à la parade à tout moment (vous pouvez participer). Mais il fallait faire des choix.

 

 

A 13h10, après presque trois heures de parade de Zulu (pas finie!), on change de spot pour retrouver the Krewe of Rex, le roi du Carnaval. Fondé en 1872, 26 floats et un roi différent chaque année. Son identité est gardée secrète jusqu’à Lundi Gras. Cette année, il s’agissait de J. Storey Charbonnet qu’on découvre en plein discours face à une tribune d’officiels sur Saint-Charles Avenue. On voit aussi passer le char du Boeuf Gras.

 

 

Le spot est correct mais nous décidons d’aller plutôt en direction du Warehouse District. Excellent choix. Le décor est plus joli, la foule plus familiale et, cerise sur le gâteau, Delphine dégote une estrade gratuite!!! Nous sommes sur Saint-Charles Avenue entre Girod et Julia St. On profite des derniers chars de Rex, plein de couleurs, et on fait connaissance avec Lauryane, une Française qui travaille pour une année à New Iberia, dans le Pays Cajun. Elle découvre comme nous con premier Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans. La suite ? Une nuée de camions des Krewes de Elks Orleans et de Crescent City. On remplit nos sacs à mort, des dizaines de beads, de peluches, de jouets. C’est complètement fou. Il est presque 17 heures quand on décide d’arrêter et de traîner péniblement nos deux sacs pleins jusqu’à Magazine St. On crève la dalle mais, vu que Mardi Gras est férié ici, il faut viser juste.

 

 

On atterrit au Flamingo-A-Go-Go non loin du WWII Museum. Joli cadre, grand biergarden, énorme choix de bière et carte appétissante. Parfait pour reposer nos popotins. C’est bon en plus (service un peu bof par contre). Il faut retourner à l’hôtel et vu que nous sommes très chargés, on opte pour le VTC. Tarifs hyper douloureux (plus de 30 dollars) ! Mais tant pis. A l’hôtel, JP tombe de suite, il n’est pas 20 heures. Delphine travaille un peu. On se refait une santé pour les deux derniers jours. On aurait pu sortir en ville, mais il n’y a pas de grosse fête prévue le soir.

 

 

  • Notre hébergement : Nola Guest House, Treme, La Nouvelle-Orléans, Louisiane. Note : 7/10. Hôtel bien situé à la frontière de Treme, côté Vieux Carré. Une rue à traverser et vous y êtes. Petit parking à réserver (des places gratuites sur les rues adjacentes). Notre chambre, au rez-de-chaussée, manquait de lumière mais était de taille correcte pour NOLA. Joli patio, accueil sympa, petit déjeuner simple. Bémol, c’est de l’ancien, donc on entend beaucoup de choses. Voir et réserver
  • Nos restos : Flamingo-A-Go-Go, Nouvelle-Orléans, Louisiane. Note : 8/10. Déco au top, bon choix de bières et menu complet. Ne manquez pas le patio. L’établissement est récent et il y a mieux à faire niveau service. 
  • Visites : parade du Northside Skull & Bone à Treme, parades de Zulu, Rex, Elks Orleans et Crescent City à Uptown 

 

 

 

Mercredi 26 février (J10) : de NOLA aux plantations

 

Le jour d’après… JP a fait une nuit de 12 heures, Delphine a tenu bon avant de s’endormir. Avec notre réveil à 4h40 pour Mardi Gras, on n’a pas été assez solides pour tenir toute la soirée et faire la fête dans le Vieux Carré. Rude… On se lève tranquillement, il faut faire les sacs et ranger tout ce qu’on a amassé ces derniers jours. Un dernier au revoir aux chats de la Nola Guesthouse et on reprend la voiture après l’avoir délaissée trois jours.

L’objectif aujourd’hui est de parfaire notre connaissance de New Orleans en naviguant dans les quartiers qu’on connaît un peu moins. On passe devant le charmant et historique Congo Square, à deux pas de l’hôtel, puis devant un bâtiment Art Deco (General Laundry Building, St Peter St), qui ne casse pas trois pattes à un canard… La suite sera bien meilleure avec la belle Esplanade Avenue, l’envoûtante Luling Mansion, un vrai décor de film d’horreur, puis le cimetière St Louis numéro 3, typique de la Nouvelle-Orléans. Tout près, on ne pouvait pas ne pas faire un saut au City Park : d’abord sur les rives de Big Lake puis au Sidney and Walda Besthoff Sculpture Park (gratuit, donations acceptées) pour y voir notamment un « Blue Dog » en conditions réelles. Ah, et pour les amateurs, il y a un Café du Monde juste à côté. Et des pédalos cygnes à louer pour une bouchée de pain.

 

 

L’arrêt suivant nous emmène dans le quartier de Bywater, à l’est de Marigny. Charmantes maisons colorées non loin du Mississippi. Ne manquez pas la devanture bien vintage du restaurant Elizabeth’s. Le Music Box Village, non loin, un projet artistique, était fermé ce jour. Dans le quartier voisin de Lower Ninth Ward, on a aussi jeté un oeil aux Doullut Steamboat Houses, deux maisons très particulières inspirées des bateaux à aubes naviguant sur le Mississippi. Avant d’aller manger, on profite d’être dans le quartier pour faire quelques graffs au croisement entre Elysean Fields et St Claude av puis celui de Studio Be (la jeune fille les bras écartés).

 

 

Pour manger ce midi, on avait visé un endroit spécial : la nouvelle brasserie Dixie dans NOLA East. Dixie est une bière locale très connue à la Nouvelle-Orléans, qui existe depuis 1907. Mais en 2005, Katrina est passé par là, détruisant leur brasserie. Les pillards ont fini le travail. La production a été délocalisée dans le Tennessee, à Memphis. Mais l’histoire de Dixie à New Orleans n’était pas terminée. Le boss Tom Benson, qui est aussi le propriétaire des Saints (baseball) et des Pelicans (basket) de la ville, a décidé de ramener Dixie dans la ville. Presque quinze ans après Katrina, une nouvelle brasserie a ouvert, début 2020, il y a quelques semaines. Une nouvelle histoire pour Dixie. Nous sommes allés voir ça par nous-mêmes en allant lever le coude. L’endroit est sympa et la nourriture du Fête au Fête, le restaurant, excellente. Poutine de crawfish, brisket burger et croquettes d’écrevisses. Top, vraiment.

 

 

Bien pleins, on change de quartier en allant vers le Garden District pour retrouver ce quartier qu’on avait bien apprécié en 2016. Puis Freret avec un joli mural. Il est temps de prendre la direction de notre hébergement du soir : la Destrehan Plantation. A l’ouest de la Nouvelle-Orléans, il y a le secteur des plantations le long de la Great River Rd et du Mississippi. Ces fastueuses demeures sont des témoignages de la Louisiane d’avant Guerre de Sécession, quand les riches planteurs de canne à sucre ou de coton s’étaient installés le long du Mississippi. Là aussi, et certaines plantations le retracent parfaitement, où des milliers d’esclaves ont été exploités.

Notre choix, pour dormir, s’est porté sur l’un des cottages de la Destrehan plantation. Plusieurs atouts : c’est la plus proche de la Nouvelle-Orléans et c’est la plus ancienne plantation de l’état (1787). On débarque dans notre hébergement, le cottage Marie Céleste, juste avant le coucher de soleil. Il est immense et peut loger jusqu’à 6 personnes. Grande pièce de vie, deux salle de bain, une cuisine, une chambre. Le tout au milieu des arbres couverts de mousse espagnole.

 

 

Après un peu de repos, on décide de retourner manger à Nola. Enorme brainstorming alors que la fin se rapproche : on mange quoi ? Ecrevisses ? Cajun ? Burgers ? Il ne reste plus beaucoup de repas, faut optimiser. Finalement, on a choisi au dernier moment, surtout qu’il commençait à se faire tard. Direction le Mambo’s sur Bourbon St. Très bien noté sur tous les sites, il est ouvert jusqu’à 1 heure. On n’a pas trop compris l’emballement. Service moyen, mais nos plats sont arrivés en 2 minutes chrono (huîtres gratinées Mambo’s et etouffée d’écrevisses). Plutôt bon mais pas non plus transcendant. Enfin, on vous conseille d’aller plutôt à l’étage ou sur le rooftop que de manger en bas.

Un tour sur Bourbon et puis s’en va… vers le Walmart de Boutte, ouvert 24/24. On fait le plein des classiques (sauce ranch, triscuits…) et on retourne à notre plantation. Bonne nuit.

 

 

  • Notre hébergement : Destrehan Plantation, Destrehan, Louisiane. Note : 8/10. Envie de dormir à deux pas d’une plantation dans un cottage créole… Destrehan est là. La Marie Céleste permet d’accueillir six personnes. Grand salon, deux salles de bains, une chambre et deux canapés. Avantage de Destrehan, c’est à 30 minutes seulement de Nola et 10 minutes de l’aéroport. Voir et réserver
  • Nos restos : Fête au Fête, Dixie Beer, Nouvelle-Orléans, Louisiane. Note : 9/10. Vraiment, tout était très bon. Rien à redire. Et la poutine aux écrevisses, au top. Mambo’s, Nouvelle-Orléans, Louisiane. Note : 5/10. Tout juste la moyenne. Parce que c’était pas mauvais. Le reste… 
  • Visites : City Park, Esplanade Avenue, Cimetière Saint Louis #3, Bywater, Lower Ninth Ward,  Garden District, Destrehan Plantation

 

 

 

Jeudi 27 février (J11) : des plantations à Nola

 

Un moment à part la nuit en plantation ! A Destrehan, la mousse espagnole et les branches de ces magnifiques arbres ont fait résonner notre magnifique cottage (Delphine a eu les miquettes!). En tout cas, le lieu est magique. Deux maisonnettes et personne d’autre… On prend un bon café et on entreprend de trier nos sacs et nos kilos de colliers de beads… C’est hallucinant quand même ! On va essayer de les donner à un endroit qui les recycle.

Nos sacs presque prêts, on va visiter la plantation. Ne manquez pas de passer par le gift shop (dixit Delphine, il est mythique). Construite par Robert Antoine Robin de Logny, un français, qui avait confié la maîtrise d’oeuvre à un esclave affranchi, Charles Paquet, c’est la plus ancienne du coin (1787), et l’une des plus ancienne des Etats-Unis. Cette plantation de canne à sucre, très proche de la Nouvelle-Orléans, a évolué au cours des années d’un style « west indian » à un style « greek revival ». Elle a abrité une grande révolte des esclaves en 1811, la Révolte de la Nouvelle-Orléans, et a servi de tribunal lors du procès et de l’exécution de 18 esclaves capturés.

 

 

La visite dure environ 45 minutes et est menée, en costume, par Jane. On voit d’abord les cases des esclaves et l’impressionnant panneau sur la devanture. On y trouve les noms, les âges, les fonctions, la valeur marchande et certains détails sur la condition de tous les esclaves qui ont été exploités à Destrehan. Du tonnelier (1500$) à Babet, 60 ans, aveugle, qui était « estimée » à 5 $.

On visite ensuite la maison via l’histoire de certains personnages comme Charles Paquet (le contrat de construction de la plantation a été conservée). La cuisine, la salle à manger, les chambres… On termine par un écrit de Thomas Jefferson qui avait mandaté, entre autres, Jean-Noël Destrehan, propriétaire de l’époque, pour faire respecter les règles américaine suite après la vente de la Louisiane par Napoléon. Après cette chambre (no photo, no vidéo), on peut tranquillement se promener dans les jardins. On a visité quatre ou cinq plantations et on vous fera un récapitulatif un de ces quatre.

Nous poursuivons notre route des plantations, la Great River Road. Vu que ce n’est pas la première fois que nous visitons le coin, nous faisons simple. On passe par Evergreen (Django Unchained), Whitney (qui se focalise sur l’esclavage), Laura (plantation créole) et la mythique Oak Alley, avec son allée de chênes majestueux (dur de s’arrêter sur la route, mais il n’y a personne !).

 

 

 

Cette fois on ne poursuit pas jusqu’à Nottoway; on fait demi-tour et on s’arrête casser une croûte dans l’un des rares et plébiscités restaurants de la Great River Rd : le B&C’s Cajun Seafood & Market. Histoire de se mettre un dernier coup d’écrevisses and co. C’est très bon, et vraiment pas cher (au milieu des têtes d’alligators !).

 

 

Une heure de route nous sépare de NoLa, où l’on va finir notre séjour. Delphine tape une petite sieste de circonstance… Premier arrêt : Saint-Charles Avenue où passe l’un des tramways de la ville, le « tramway nommé Désir »… Et oui.

 

 

Nous décidons ensuite d’aller tester l’une des brasseries locales, la NoLa Brewing Co. La bière est excellente, même si on sent bien qu’ici ils ne sont pas encore trop dans le trip beergarden and co… (regardez le rooftop tout de même). Après un détour par le mural Louis Armstrong de Kobra (angle Gravier et O’Keefe), on file vers le Faubourg Marigny, notre camp de base pour la nuit. Ce petit quartier de Nola, juste à l’est de Vieux Carré, on l’adore. Des clubs de jazz, des bars, des restaurants et une ambiance moins pintée que sur Bourbon. Nous posons d’abord nos bagages au Frenchmen Hotel, au bout de la rue, et prenons quelques instants pour respirer.

 

 

Pour notre dernière soirée, on passe au petit marché « The Art Garden », un must pour des souvenirs made in New Orleans confectionnées par des artistes, puis on mange à la Marigny Brasserie. Superbe ambiance avec un groupe de musique, excellent service. Et les burgers ont un steak wahou. Sinon, testez leur mac&cheese, c’est violent ! Bon, JP a tenté un burger au beurre de cacahuètes, c’était un peu spécial ! Il n’y a pas que les bons temps qu’on laisse rouler!

 

 

Après ce repas, l’objectif était tout trouvé : aller se faire un bar à jazz, le Spotted Cat, l’un des meilleurs de la rue (et de la ville). 5$ l’entrée, une boisson à régler et on s’est régalés. Avec le groupe Jumbo Shrimp, son leader qui jouait du trombone et aussi une trompette, une basse, un guitariste et un batteur. Il ont vite fait monter la température là-dedans ! Au top. On rentre tranquillement à notre hôtel, à quelques mètres. Demain, c’est le départ.

 

 

  • Notre hébergement : Frenchmen Hotel, Marigny, La Nouvelle-Orléans, Louisiane. Note : 8/10. Emplacement, emplacement et pas seulement. Situé sur Frenchmen St, à deux pas de l’animation de Marigny, cet hôtel a un excellent rapport qualité/prix. Petite piscine et jaccuzzi, grand rooftop. Ambiance très new orléanaise… Voir et réserver
  • Nos restos : B&C’s Cajun Seafood & Market, Vacherie, Louisiane. Note : 8/10. Les écrevisses étaient top, l’endroit bien dans son jus (de crevette). Bémol sur le service. Brasserie Marigny, Nouvelle-Orléans, Louisiane. Note : 9/10. Excellent à tous points de vue. Rien à redire. 
  • Visites : Destrehan Plantation (visite), Whitney, Laura, Evergreen, Oak Alley (extérieurs) le long de la Great River Rd, Mural de Louis Armstrong, Nola Beawing Co, Faubourg Marigny

 

 

Vendredi 28 février (J12) : retour en France

 

On a bien dormi mais on se serait passé du réveil avec les voisins relous qui parlent chinois hyper fort dans le jaccuzzi dès 7 heures du matin. Pour avoir le calme, on prend notre petit déjeuner (simple) sur la rooftop ensoleillé (et à pelouse moquette rose!) du Frenchmen. Sacs terminés sur le parking, on file à l’aéroport, à 30 minutes de là. Pas de vol direct vers l’Europe aujourd’hui, on se tape un NOLA-Dallas-Londres-Lyon. Et, il faut l’avouer, excellent service de A à Z par American Airlines alors que l’on est habituellement un peu échaudés par les compagnies US (sauf Delta).

 

 

Le seul couac sera à Londres. On est arrivés 1 minute avant la fermeture de l’embarquement de notre avion. En cause ? La sécurité, d’une lenteur incroyable, très zélée pour une deuxième fouille des sacs. Cerise sur la gâteau, nous sommes tombés sur une collectionneuse (ou fétichiste) des produits de toilettes des hôtels. Genre, elle en avait une centaine et ne voulait pas s’en séparer : un sketch absolu sous les yeux de Delphine. Finalement, on a pu partir, courir, transpirer et souffler. Notre retour s’est bien passé…

 

 

Conclusion

 

Encore un roadtrip différent et vous l’avez suivi avec autant d’assiduité. Merci à tous les Roadies. On espère que vous avez aimé l’ambiance, les parades, la Nouvelle-Orléans, cette folie douce qu’est le sud.  N’oubliez pas que vous pouvez nous poser des questions en commentaire ou nous mettre un petit mail en cas de besoin (contact@lostintheusa.fr). Nous ferons un bilan de ce trip et un focus sur Mardi Gras, pour vous aider à préparer au mieux votre voyage en Louisiane. 

Et n’oubliez pas, si vous voulez soutenir Lost In The USA et notre démarche, c’est possible. Si vous êtes en train de réserver pour vos prochains trips, aux USA ou ailleurs, tout est expliqué ici. Si ce n’est pas encore fait, vous pouvez nous suivre sur FacebookTwitter et Instagram 

 

A bientôt !

Dans le cadre d’un partenariat avec l’office du tourisme, nous avons été invités à certaines activités et nuitées. Tous les choix éditoriaux et les avis nous reviennent.

 

2 responses à “Roadtrip de Mardi Gras en Alabama et Louisiane, le live

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