Roadtrip

Road to 49 #3 : au milieu du Mid’ (Indiana, Kentucky, Ohio et Pennsylvanie)

Article rédigé le 5 septembre 2023 , mis à jour le 17 novembre 2023

Midwest, nous voilà. Voici le troisième chapitre du roadtrip Road to 49 (le programme par ici). Pourquoi ce nom ? Car, après ce voyage, nous aurons visité 49 des 50 états américains (nous en étions à 40, not bad !). Et cette fois, nous allons vraiment entrer dans la nouveauté. Comme d’hab’, on vous emmène avec nous (ici et sur les réseaux sociaux, Facebook ou Instagram).

Après un premier chapitre consacré à la remontée d’Austin à Bozeman Montana, après un deuxième chapitre consacré à la visite du Yellowstone et du Grand Teton avec des amis, les M&M’s, nous changeons complètement de région. Un petit coup d’avion entre Salt Lake City et Chicago et nous voilà dans le Midwest, prêts à découvrir le nord-est pendant 45 jours.

Comment nous suivre ? Ici (au jour le jour, sauf problèmes de réseau, ce qui arrivera au Yellowstone) et sur les réseaux sociaux : Facebook et Instagram, en temps réel. A vite (avec votre café du matin, on sait que vous adorez ce moment !). C’est parti.

CARTE RT ROAD TO 49

J20. De Salt Lake City à Michigan City (Indiana) via Chicago

Mardi 29/08/23. Après avoir embrassé chaleureusement les amis M&M’s, qui rentrent en France (via Dallas !), nous aussi nous attendons notre avion. Une fois n’est pas coutume, pour gagner un peu de temps, on a rendu la voiture et pris un vol interne. Direction Chicago pour moins qu’une escale, puisqu’on part direct pour l’Indiana.

On a a-do-ré l’aéroport de Salt Lake City, et le transfert a été plutôt smooth.
On a une nouvelle monture : un Chevy Trax grise et immatriculée en Floride, qui va devoir faire forte impression à JP. Il a l’impression d’être en voiturette par rapport à la Jeep Grand Cherokee (dans laquelle on était 5, mais c’est vrai que c’est bien la première fois qu’on doit rabattre les sièges pour faire rentrer les sacs…).

On traverse (les bouchons de) Chicago, à la skyline inimitable, éclairée par une énorme lune (elle doit être pleine). On a perdu pas mal de degrés (19 C°) et on roule plus d’une heure pour arriver à notre motel, le Cool Springs Inn de Michigan City, Indiana (via un petit arrêt ravitaillement à Walmart). Accueil à l’ancienne, très très vintage, mais une nuit de transit à 53 dollars, on ne peut pas y résister. On grignote sur le lit en blogouillant, en tête à tête… (ça fait un peu bizarre!).

Demain : on va visiter le parc national d’Indiana Dunes (entre autres joyeusetés).

  • Notre hébergement : Cool Springs Inn (45 US-421, Michigan City, Indiana). Note : 4/10. Le 4, c’est pour le prix, 53 $. Sinon, tout le reste était en-dessous de la moyenne : la propreté, le service…. Pour voir et réserver. Autres hébergements à Michigan City
  • Nos bars et restaurants : RAS
  • Nos visites aéroports de Salt Lake City et Chicago, Michigan City

J21. De Michigan City à Indianapolis (Indiana)

Mercredi 30/08/23. Ben dis donc, la vie (de roadtrip) est pleine de mystères… En se réveillant au motel de Michigan City, réception fermée pour le café, odeurs bizarres et métalliques coulant du robinet et aucune vie alentour, on se demande bien comment ce petit motel peut être aussi bien noté sur Google and co (et pourtant on a relu tous les avis lol). Pas grave, ça nous incite à dégager vite.

Un café de station en main (et après un saut dans des super antiques, Antiques Market, 3707 N. E, 3707 Frontage Rd, et, juste derrière, Nanni’s Over The Fence), on va voir l’attraction number one de Michigan City : son parc au bord du lac Michigan, le Washington Park, avec son joli phare au bout de la jetée. Les flots sont agités comme si c’était l’océan. Il faut payer environ 15 dollars pour entrer mais, en cette fin d’été, ça a l’air ok d’entrer pour jeter un coup d’oeil…

Indiana Dunes NP. Ce sont elles, devenues parc national (!) en 2019, qui nous ont amenées dans le coin (il y a aussi un state park indépendant). Mais que fait un parc national en zone hyper urbaine et surtout en zone industrielle?! Nous sommes très loin des parcs de l’ouest.

Sinon, Indiana Dunes, c’est quoi ? Des oiseaux, des animaux, le lac Michigan, des promenades en bois, des forêts et un haut lieu de baignade quand le temps le permet (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, trop de vent). On s’arrête au visitor center puis on va balader sur les pontons de bois de West Beach. Le secteur de Diane of the Dunes (voir l’histoire ici), une intellectuelle et marginale qui vivait au début du 20e siècle dans ces dunes. Au loin, on aperçoit Chicago à 45 kilomètres, comme posé sur l’eau !

Le secteur est agréable, c’est vrai. Mais selon nous pas incontournable. Et c’est étonnant d’en avoir fait un parc national, sauf à protéger ce qu’il restait des usines du secteurs. Bref, passez-y si vous êtes dans le coin mais ne misez pas sur un détour pour lui.

Sur la route, tandis qu’on reçoit des nouvelles des M&M’s rentrés à bon port, on se rend compte qu’on a un peu perdus nos repères… Ces coins, même si on y est déjà passés, nous « parlent » beaucoup moins que les montagnes des derniers jours, et aux antipodes de nos états « stars » comme le Texas… Et ça nous rend encore plus curieux !

Gary. On y est passés en train il y a quelques mois : Gary. Une ville qui n’a (vraisemblablement) aucun attrait, si ce n’est d’être la famille natale de la famille Jackson (Michael et les Five).

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Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas surfé dessus… La ville, qui a connu son âge d’or avec l’acier dans les années 60 (jusqu’à 178 000 habitants, 69 000 aujourd’hui), fait peine à voir : la plupart des bâtiments sont abandonnés (le chiffre de 13 000 est avancé), défoncés, des arbres poussent dedans… La pauvreté est partout dans cette ville majoritairement afo-américaine (84% de la population).

La maison d’enfance du King de la pop (et son école juste à côté) se trouve sur… Jackson street (comme le président, pas comme eux), dans un petit lotissement qui ne transpire pas la richesse non plus (2300 Jackson St, Gary). Il y a quelques plaques (elle appartient toujours à la famille) et des panneaux pour que les fans puissent laisser des petits mots, c’est tout…

On traverse le centre-ville, lui aussi dans le même état de désolation, pour aller voir l’autre lieu de pèlerinage des fans : le… Hard Rock Casino (5400 W 29th Ave, Gary), que nous a conseillé un Roadie. La grande enseigne de casino s’est installée là il y a quelques années seulement, est énorme et a bénéficié du soutien de la famille Jackson pour exposer des objets collector et concocter un… sandwich au poulet selon la recette familiale !

On y entre (non sans mal! ). Une espèce de videur (vieux, zélé et à tête de fouine !) ne veut pas que JP entre avec son sac à dos (« euh mais on aimerait rien laisser dans la voiture! », « c’est safe »). Mais ce qui inquiète/intrigue le plus, c’est l’appareil photo de Delphine (ça arrive beaucoup plus souvent que vous ne le croyez). Il demande si on est photographes professionnels, si on vient faire une séance photo commerciale (« bien sûr, c’est connu, j’ai pas de trépied, je suis déguisée en touriste et je viens en pleine journée prendre des photos de mon mec avec son t-shirt de chat cowboy pour monter un business détourné de casino, lol »). Il finit par appeler sa direction, qui se fout de sa gueule et nous laisse entrer. Il s’en est fallu de peu pour que JP ne tourne les talons, c’est une question de principe chez nous.

Le casino est chouette et, parmi les traditionnels objets de collection ayant appartenu à des stars de la musique, on retrouve effectivement plusieurs pépites des Jackson Five : tenues de scène, guitare de Joe, le père, blouson de Beat It, gant à paillettes… On commande quand même ce sandwich Triumph (recette de Marlon, Tito, Jermaine et Jackie). C’est bon, pas « Bad » au poulet frit, il ne chante pas mais si épicé que ça donne presque envie de repartir en moonwalk. Excellent.

C’est reparti pour deux heures de route, tout droit, entre les champs et les éoliennes, direction Indianapolis.

On change d’heure et on arrive en fin d’aprem à l’hôtel, l’IronWorks (2721 E 86th St, Indianapolis). On commençait à ne pas adorer l’Indiana, mais le personnel adorable (dont Teri, qui nous surclasse) nous fait revoir notre copie. Et l’hôtel, wow ! Un hommage aux aciéries voisines. Tout est fait avec beaucoup de goût. Le seul souci, il est un peu excentré.

On le quitte presque à regret pour aller au centre-ville d’Indianapolis… Le soleil se couche lorsqu’on y arrive (c’est à une bonne vingtaine de minutes). On traverse les rues (assez vides) pour aller à l’emblème de la ville, Monument Circle, un bâtiment unique en forme d’obélisque. Il y a un mini son et lumière sur l’immeuble d’à côté et plein… de SDF. Le capitole est très beau aussi.

Le stationnement est payant, la conduite en ville saoule déjà JP, on repart manger ailleurs. Direction le Big Lug Canteen (1435 E 86th St, Indianapolis), beer garden qui fait l’une des meilleures spécialités de l’état : le tenderloin. Rien à voir avec le steak, c’est une escalope de porc pané (genre schnitzel/milanaise) en burger… Le service n’est pas stressé et on se les pèle un peu, mais l’adresse est bonne.

  • Notre hébergement : Ironworks (2721 E 86th St, Indianapolis). Note : 9/10. Que dire ? Chambres magnifiques et spacieuses, TV de la taille d’une table, restos sur place. Tout y est. Parking inclus. Pour voir et réserver
  • Nos bars et restaurants : Hard Rock Cafe (5400 W 29th Ave, Gary). Note : 6/10. Big up au Triumph, le sandwich des Jackson 5. Big Lug Canteen (1435 E 86th St, Indianapolis). Note : 7/10. Jeune et bon, avec des horaires étendus. On valide.
  • Nos visites Michigan City (antiques, phare), Indiana Dunes National Park, Gary (maison de Michael Jackson), Indianapolis (Monument Circle)

J22. Lost d’Indy à Cave City (Kentucky)

Jeudi 31/08/23. Trop bien dormi dans cet hôtel « clacier » (à part la nouba dans la chambre du bout du couloir), avec une TV géante. On se prend un petit café et une douche (transparente lol) en peaufinant le programme du jour…. On a moins potassé le secteur et listé plusieurs itinéraires. Aujourd’hui, clairement, on va privilégier le plus court et se laisser guider par nos envies.

Indianapolis. On retourne au centre-ville d’« Indy », toujours assez calme pour une grande ville. On n’est pas au diapason à son sujet; Delphine aime bien ++, JP est plus réservé… La balade l’aura certainement plus convaincu. On traverse des quartiers résidentiels tout verts, le Méridien (classé) et des pavillons étonnants, de styles différents, avec plein de fenêtres (de toutes les tailles).

On repasse devant le capitole, le Monument Circle et plein de graffs de la taille d’immeubles. Les principaux sont des personnalité&s de la ville, comme le basketteur Regie Miller ou la survivante de la Shoah Eva Kor.

Il y a plein de musées comme le Children Museum (3000 N Meridian St, Indianapolis), à voir, ne serait-ce que de l’extérieur, pour ses dinosaures qui sortent des murs !

Et que dire du Canal District, au bord de la rivière (il y a des pédalos-cygnes et à paillettes!). On termine par un petit tour dans le parc de l’université (UIPI), sur les conseils d’un Roadie et, bien sûr, on pousse jusqu’au légendaire circuit d’Indicar, l’Indianapolis Motor Speedway (4790 W 16th St, Indianapolis). Il y a des visites organisées, un musée mais, vu que nous ne sommes pas de grands fans, on fait l’impasse.

En s’éloignant du centre, on fait un petit pèlerinage de lieux rétros (drive-ins and co), très présents, qu’on a dégotés dans une brochure touristique. Le Mug-n-Bun (5211 W 10th St, Speedway), d’abord, puis le magnifique Oasis Diner (où on risque de casser une croûte….), à Plainfield (405 W Main St, Plainfield).

On s’installe, en terrasse. C’est bon, pas cher et sympa. Et quel cadre retro ! Arrêt station, le premier pour la nouvelle titine. Avec 40 dollars, on fait presque un plein.

Cap sur Nashville (Indiana), annoncée comme une ville d’artistes charmante (et romantique). C’est vraiment vert dans le coin, et on entend les cigales même en pleine ville! Ça sent déjà le sud. Nashville (pas celle du Tennessee) est fidèle à sa réputation : une jolie petite ville du Brown county, avec de nombreux magasins, déjà tous passés à l’heure d’automne, il y a du orange et du marron partout. Un peu touristique certes (d’ailleurs, il est quasi impossible d’éviter de payer 5 dollars pour se garer). On flâne dans les rues, tranquillou…

Prochain arrêt: Columbus, Indiana, autre ville dynamique sur la route (souvent représentée par son arche artistique devant la bibliothèque, la Henry Moore, mais ce n’est clairement pas le plus sympa!). Là encore, on entend la cacophonie des cigales (on espère qu’il y aura encore des lucioles aussi!). Le temps est idyllique : grand soleil et plus de 27 degrés.

On arrive à la dernière partie de la journée, mais on a encore pas mal de route devant nous. Plusieurs heures, qu’on « récupérera » grâce à un nouveau… changement d’heure ! On en profite pour écrire un peu nos prochains papiers avec des bons plans et astuces.

L’autoroute nous fait passer par Louisville (qu’on a déjà visitée et où on revient le lendemain) et nous coince derrière des files entières de camions!
On la quitte au coucher du soleil, pour le voir, mais il nous échappe en pleine campagne, au milieu des fermes et des Amish…

Ce soir on va réaliser un grand fantasme (qu’on peut partager avec vous !) : dormir dans un motel Wigwam, les motels tipis emblématiques de la Route… 66. On s’est déjà arrêtés dans tous, mais sans jamais (pouvoir) y dormir. Celui-ci, un des trois encore existant (avec Holbrook, Arizona et San Bernardino, Californie), se trouve à Cave City, dans le Kentucky (601 N Dixie Hwy, Cave City). Voir et réserver l’Historic Wigwam Village #2

La fin du check-in est à 20 heures, on y arrive pile à temps. On est accueillis, avec joie, par Keith, qui a racheté le motel à l’automne 2020 avec sa compagne Megan et prend le temps de nous expliquer toute l’histoire des Wigwam (celui-ci est le plus ancien encore en « vie »). Il n’a aucune expérience en tenur de motel mais, en revanche, il a un background d’architecture. On est trop contents. Lui n’était peut-être pas préparé à toutes nos questions lol ! Notamment une : c’est des gamelles pour les chats?! Oui, il y en a 2, Pietra et Andy Rooney, qu’il appelle immédiatement… On continuera demain.

On dort dans le tipi numéro 3, qu’ils ont rénové mais qui a conservé les meubles d’époque (le village a ouvert en 1937). Le deuxième du nom, et il a servi de modèle à bien d’autres. C’est rond, confort, mignon, tellement culte! La ville n’étant pas ce qu’on pourrait qualifier d’ « animée », on file se chercher un truc à manger. Direction le supermarché IGA de station pour une salade et des morceaux de poulet au barbecue. Vite, on a trop envie de rentrer! La super lune (blue) dont tout le monde parle ici et qu’on a bien remarquée se déplace entre les tipis. Conformément aux consignes de Keith, on va rencontrer les (rares) autres hôtes au milieu, autour du feu, avec une petite bière. On rencontre un couple du coin, qui fête les 40 ans de Madame (on la rassure, ça va bien se passer !).

Prêts pour la nuit dans ce tipi en dur. D’ailleurs, Keith n’élude pas la question de l’appropriation culturelle indienne. Il se place sur le plan de la conservation du patrimoine. Demain, rendez-vous à Mammoth Cave (en revoyant notre hôte si possible).

  • Notre hébergement : Historic Wigwam Village #2 (601 N Dixie Hwy, Cave City). Note : 8/10. Culte, mythique. Dormez dans un morceau d’histoire. Pour voir et réserver
  • Nos bars et restaurants : Oasis Diner (405 W Main St, Plainfield). Note : 8/10. Magnifique diner à l’ancienne. Testez la spécialité, le Tenderloin
  • Nos visites : Indianapolis (Monument Circle, Capitole, Children’s Museum, Speedway, Canal District, Mug-n-Bun), Plainfield, Nashville, Cave City
  • Ce qu’on a noté sur la route/relevé pour une prochaine fois/conseils de Roadies : Indianapolis (Zoo), Spencer Cataract Falls avec pont couvert (2605 N Cataract Rd, Spencer), Bedford Bluespring caverns (1459 Blue Springs Cavern Rd, Bedford), West Baden Springs (sources chaudes), French Lick pour le nom (lieu de naissance de Larry Bird, « The Hick from French Lick »), New Harmony (ville utopie), Evansville (maison de Roseanne au 619 S Runnymeade Avenue et autres lieux Roseanne au 1200 Edgar St, Evansville), Fort Knox …

J23. Lost de Cave City à Cincinnati (Ohio) via Mammoth Cave NP

Vendredi 1er/09/23. Ça y est, c’est fait, on dormi dans un Wigwam (« out of the box » comme dit le slogan) ! On est si contents qu’on a mis le réveil à 6 heures pour voir le soleil se lever sur les tipis (bon, c’est pas géré vu où ça tombe, mais au moins on est debout). Une petite douche, une caresse aux chats et un high-vive à Keith, qui du coup nous prend en photo à son tour pour le souvenir (et les réseaux sociaux).

On s’est habillés assez chaud car on a rendez-vous sous terre (à 9h45), pour visiter les grottes du parc national de Mammoth Cave à deux pas (il n’y a jamais eu de mammouth ici, c’est sa taille qui lui a donné son nom). C’est le plus grand réseau souterrain connu du monde avec plus de 420 miles de grottes. C’est fou. Ce réseau, creusé par des rivières souterraines dans le calcaire, est devenu parc national en 1941, après avir été exploité par des mineurs, notamment pour le nitrate.

On arrive à l’heure, et on n’est pas les seuls. Sans mentir, on dit bien être une centaine de visiteurs dans notre groupe (avec des dizaines d’enfants y compris bébés). Greg et Aaron, nos rangers, nous donnent quelques consignes/conseils avant de partir pour l’Historic Tour que nous avions réservé (20$/personne, voir sur Recreation.gov). Delphine flippe un dernier coup lorsqu’il nous mime comment il va falloir se baisser aux endroits les plus étroits. Elle a beaucoup hésité à venir, elle déteste les grottes et être sous terre, sans être tout à fait claustrophobe. Nous voilà partis sous terre (jusqu’à 300 feet, environ 100 mètres).

Nous avons déjà visité plusieurs grottes dans des parcs nationaux aux US. Celle-ci est impressionnante par la taille. Mais l’entrée et les salles sont moins spectaculaires que Carlsbad Caverns (au Nouveau-Mexique) par exemple. La taille du groupe fait que les explications sont assez rares et parfois inaudibles, même si le ranger nous fait le coup traditionnel de la lampe à huile qu’il allume puis éteint. Nous voici dans le noir le plus complet.

C’est vrai qu’il y a un passage un peu étroit (le bien nommé « Fat man’s misery ») où il faut avancer plié (JP s’est pété la tête) et on finit par plusieurs centaines de marches sur une espèce de tour en métal autour de Mammoth Dome, une immense crevasse. Ca manque quand même un peu de stalactites cette histoire.

Ça fait du bien de retrouver la surface, et la lumière du jour ! Et OMG, il fait chauuuuuuud ! Vus les prix pratiqués par le gift shop, on part (il y a une rivière et un ferry pour traverser la Green River mais il est fermé).

Le long de la route, il y a plein d’attractions touristiques : un parc aquatique Yogi Bear, des parcs à dinosaures (animés!), des maisons fantômes… On se contente de les prendre en photo et on ne s’arrête qu’au Big Mike Rock shop, un magasin de pierres (comme Delphine les adore, sic) qui abrite un croco géant ‘pour le fun) mais aussi un « vrai », à l’intérieur, certifié par des experts comme le plus grand crâne de Mosasaurus jamais découvert, dans le Kansas en 1994 par le propriétaires des lieux.

On reprend la route (je le dis souvent non?!), en tentant de se rafraîchir (sans grand succès!). On passe par Afton, Elizabethtown, de construction étonnante, et la ville du film Rencontres à Elizabethtown avec Orlando Bloom, Kirsten Dunst et Susan Sarandon…

Voilà Louisville (Kentucky). Pas de KFC (né ici) mais la brasserie Against the Grain (401 E Main St, Louisville), accolée au stade Slugger Field. Ambiance sympa, bière ok, bouffe aussi (un poil cher au rendu, mais toujours en dessous de 50) et le serveur est adorable..

Il est temps de (re)visiter la ville qu’on avait bien aimé il y a quelques années. Le quartier d’East Market (« NuLu » pour les intimes, pour New Louisville), en cours de branchouillisation visible (avec graffs), le centre Mohamed Ali; le David en or géant (sur W Main St), voisin de la plus grande batte de baseball du monde, qui marque l’entrée du Slugger Museum…

Les bateaux à aubes flottent tranquillement sur la rivière…. On aime décidément bien cette ville, et pas besoin des 91°F, du taux d’humidité, ni du chant des cigales pour s’en rendre compte : on est déjà un peu dans le Sud des Etats-Unis.

Passage (rapide) à Jeffersonville (de l’autre côté du pont, en Indiana) qui a un petit quartier arty sympa. On a encore changé d’heure !

Cette fois, il faut prendre la route pour Cincinnati, en Ohio, notre destination pour la nuit. A part pour quelques arrêts en train, c’est la première fois qu’on va dans cet état. Comme on est encore dans le Midwest, ça sera tout droit, pendant des dizaines et des dizaines de miles !

Bravo au conducteur. Le réveil tôt, le wrap buffalo, la chaleur (et aussi un peu « Désert solitaire » d’Edward Abbey) ont eu raison de la copilote. On fait le plein de la voiture à La Grange, où on trouve les cigarettes les moins chères depuis le début du voyage (5 dollars, contre 10 chez nous et 20 à New York/Hawaï). Fumer n’est évidemment pas bien, dangereux pour la santé, mais c’est toujours mieux à ces prix-là. Si vous êtes fumeurs (ou curieux), sachez qu’il n’y a pas vraiment de prix fixe pour les clopes; ça dépend de l’état, qui fixe un seuil, et ça varie ensuite selon les villes, les quartiers, les revendeurs (et c’est hallucinant mais ici ils font des offres du genre « moitié prix si vous en achetez 3!). Bref, passons (ma Maman doit lire).

Il est 19 heures, on est tombés sous l’heure de route. On est cuits. On va essayer de se poser un peu ce soir. Mais comment résister à la perspective d’un sunset sur skyline ?! On choisit un parc côté Kentucky, à Covington, le George Rogers Clark Park (301 Riverside Dr, Covington). Sublime. Notre voix est couverte par le chant des cigales. Le soleil ne se couche pas droit devant la skyline, mais le spectacle est beau sur l’Ohio River. Et il y a un match (de baseball), les Reds contre les Cubs (de Chicago), à ciel et à rivière ouverts.

On traverse ensuite le pont emblématique (le John A. Roebling Suspension Bridge) pour entrer dans Cincinnati, la Queen City, et aller à notre hôtel, le Graduate Cincinnati (151 Goodman Dr, Cincinnati).

Booom, l’Ohio, état numéro 41 !

OHIO41 ROAD TO 49

Une mini-chaîne (made in Nashville) qu’on adore (et qu’on ne prend pourtant que rarement), sur le thème (en gros), de l’université. En trendy et en mode « on est tous des étudiants pour toujours ». Fantastique, comme d’hab. On s’installe et, décidant de la jouer soft ce soir, on descend croquer un morceau au resto de l’hôtel (le Fiona’s). C’était sans compter sur les spectateurs de retour du match, qui mettent un bouzou d’enfer (mais c’est sympa!). Les Reds ont gagné (mais ils se réaffrontent demain et après demain).

La salade et le petit club font l’affaire. Pas un home run mais quelques bases.

Labor Day approche (il a commencé pour certains). On sera à Pittsburgh, et on se rend compte qu’il y a pas mal de choses de prévues… (comme une grande parade et des concerts!)

  • Notre hébergement : Graduate Cincinnati (151 Goodman Dr, Cincinnati, Ohio). Note : 9/10. Une petite chaîne qu’on adore et celui-c est particulièrement sympa, même s’il est un peu à l’écart de la ville. Pour voir et réserver
  • Nos bars et restaurants : Against The Grain (401 E Main St, Louisville, Kentucky). Note : 7/10. Brasserie conventionnelle. Brasserie très correcte.
  • Nos visites : Mammoth Cave National Park, Big Mike Rock Shop, Elizabethtown, Louisville (Kentucky), Jeffersonville (Indiana), Covington (Kentucky), Cincinnati (Ohio)
  • Ce qu’on a noté /repéré sur la route (pour info/une prochaine) : Bardstown (pour le Bourbon Trail), Prospect (pour la Derby Pie, tarte de l’état)

J24. Lost de Cincinnati à Columbus (Ohio)

Samedi 2/09/23. On a mis le réveil plus tard ce matin à Cincinnati, et trop bien dormi dans notre Graduate! Du coup, on en profite pour appeler la famille (la honte, on trouve difficilement le temps). Tout le monde est en forme, y compris les mins (qui s’en fichent un peu vraisemblablement).

On packte, on recroise les footballeurs (ils jouent à guichets fermés toute à l’heure) et on repart à la découverte de Cincinnati, qu’on adore déjà. Parfois, on ne sait pas pourquoi, c’est instantané, mais on est en symbiose. La ville a tout; une petite skyline, des endroits sympas, des quartiers où l’on marche, elle est clairement en cours de « branchouillisation », les gens sont sympas, et pourtant vous n’entendez jamais « Wow, je suis allé à Cincinnati! ». Peut-être est-elle trop coincée entre le Sud et le Nord-Est… Pas franchement sur un parcours de roadtrip. Bref, si vous en avez l’occasion, arrêtez-vous-y (ou y-vous).

On commence pourtant par une alerte : le pneu arrière-gauche est dégonflé, nous dit un voyant. Le conducteur est stressé, mais je sens bien qu’il aimerait bien que ça soit synonyme de changement de voiture. On regonfle dans une station, mais il ne le sent pas… Surtout que c’est le pneu avant gauche qui est dégonflé.

Direction l’un des lieux qu’on avait méga coché : l’American Sign Museum (1330 Monmouth Ave, Cincinnati). Un musée de ces panneaux emblématiques que l’on adore ! Ça envoie du bois dès l’extérieur.

Le musée n’est pas grand, mais il entasse (de façon très intelligente) une masse impressionnante de panneaux publicitaires, lumineux ou non, de toutes les tailles. On en apprend beaucoup sur l’évolution du genre, du panneau de bois doré à l’or fin et imperméabilisé aux mythiques néons (clignotants ou non) et au