La jetée de Santa Monica et l’océan Pacifique sont juste à la fin de la route. Ce dernier live de notre roadtrip du centenaire de la Route 66 est consacré aux deux derniers états de la Mother Road, après deux premiers lives : Illinois, Missouri et Kansas puis Oklahoma, Texas et Nouveau-Mexique. D’abord l’Arizona, avec la portion la plus célèbre, via le Grand Canyon et Oatman, puis le final en Californie, souvent bien plus confidentiel car noyé dans la mégalopole Los Angeles. A nous l’océan et le panneau final.
Voici le dernier live de ce roadtrip 66, qui débute à Lupton et finira par quelques jours dans la Cité des Anges.
Sommaire

J23. Lost de Gallup (Nouveau-Mexique) à Holbrook

Jeudi 3/09/26 (suite). Après s’être réveillés à Gallup, au Nouveau-Mexique, et avoir enchaîné les trading posts amérindiens de la ville, on change d’état (mais pas tout de suite d’heure) à Lupton, qui les enchaîne aussi le long de la montagne. Il y a le Yellowhorse 3, où passe la frontière, le Chaparral, le Tee-pee… Ils sont tous plus sympas que les autres, avec des produits variés (bijoux, couvertures, porte bonheurs…) et des prix vraiment attractifs.
Alors que le ciel se couvre, nous reprenons la Route 66…
Retrouvez les premiers épisodes ici

Painted Desert Trading Post

Le prochain arrêt est assez méconnu sur la Route 66. Peu avant le parc national de Petrified Forest, un vieil alignement de la Mother Road suit à distance l’I-40. Sur cette portion, désormais privée, on retrouve un Trading Post qui a connu les grandes heures de la 66, le Painted Desert Trading Post, un joyau. Construit dans les années 1940 par Dotch Garland Windsor, un éleveur de bétail, il a connu l’essor puis l’effondrement de la Mother Road, en très peu de temps.
A la fin des années 1950, la 66 change d’alignement, les voyageurs en quête de ravitaillement ne passent plus par là. Le trading post est abandonné et la famille Windsor se replie sur Holbrook. Vent, sable et orages : le lieu se dégrade au fil des années jusqu’à ce que des bénévoles passionnés ne le rachètent en 2017 et le retapent entièrement. C’est ça que nous allons voir aujourd’hui.

Mais il se mérite. Il faut sortir de l’autoroute et emprunter une piste sur quelques kilomètres jusqu’à un portail fermé. Les instructions sont notées sur le portail. Il faut envoyer un texto, fournir une pièce d’identité par personne et le « gatekeeper » vous transmet un code temporaire. Une fois ouvert, il faut encore rouler sur cette vieille 66 jusqu’au trading post. Le vieux bâtiment blanc, aux boiseries turquoise, jure dans le paysage désertique. Mais c’est une petite merveille à visiter. Les bénévoles ont fait un travail remarquable sur l’extérieur.
L’intérieur est plus sommaire, avec quelques reliques et panneaux d’information. Nous laissons un petit billet dans une boîte prévue à cet effet pour soutenir cette belle initiative. La route se poursuit jusqu’au parc de Petrified Forest mais l’entrée est interdite par ce biais. Il faut faire demi-tour.
Painted Desert et Petrified Forest : le seul parc national traversé par la Route

Nous avions prévu de pique-niquer mais on n’a rien trouvé dans le secteur. Alors, on attrape un sandwich Subway à la station. On ne l’avait pas fait depuis 15 ans et un très mauvais souvenir toujours tenace. On ne change pas une équipe qui perd : il nous laissera le même souvenir, on a eu tous les deux mal au bide.
Pour manger, on finit sur le parking du visitor center de Painted Desert, à côté du parc à chiens (toujours bien vus ici ceux-là).
Mais avant le repas, nous avions pris le temps de parcourir Painted Desert, la partie du parc concerné par la Route 66 (Petrified Forest concentre les spécimens de bois pétrifiés, mais on peut en voir partout dans la région). Ne manquez pas les points de vue, l’historique Painted Desert Inn, ancien hôtel en adobe (l’oeuvre de Mary Colter, il faut opéré par la célèbre compagnie Fred Harvey) et surplombant les collines multicolores, puis l’endroit exact où la 66 traversait les lieux. Cela est marqué d’un banc avec une calandre de voiture et d’un vieux véhicule rouillé. On voit l’alignement des poteaux électriques, permettant d’imaginer la Mother Road filant au loin.
Tout ça, nous avons dû le faire très rapidement. En effet, avec un staff réduit (merci les dernières coupes budgétaires), le parc ferme à 17 heures désormais. Et il ferme vraiment, avec portail et tout, pour éviter notamment les vols de bois pétrifié.
Holbrook

Direction Holbrook, notre étape pour la nuit. Encore des trading posts (JP frôle l’overdose! ) : le Painted Desert Indian Center et ses dinosaures géants (9345 Old Rte 66, Holbrook) et le Stewart’s Petrified Wood Shop, dans un état calamiteux (Washboard Rd, Holbrook). On arrive à notre motel, le célèbre Wigwam en forme de tipis au coucher du soleil. On nous attribue le premier, tandis qu’un train passe (encore !).
Il reste trois établissements de ce type aux Etats-Unis, survivants d’une vielle chaîne de motels. Nous avions testé celui de San Bernardino (Californie), aussi sur la 66, et celui de Cave City (Kentucky). Celui d’Holbrook est le dernier que nous n’avions pas encore testé.

On le regarde se coucher sur les voitures de collection garées devant les chambres (le vrai plus de ce Wigwam), on se pose un peu avant de repartir (à pied !) au resto voisin, le Butterfield Stage (609 W Hopi Dr, Holbrook), un Steakhouse western qui rend hommage à une diligence qui distribuait le courrier à travers l’état. C’est très chouette, un peu comme si on était à l’intérieur ! Slurp, il y a un bar à salade. Oui, au bout de plusieurs semaines, ça peut faire cet effet. Et la viande est top. Prix niveau « steakhouse ».
Demi-tour. Il est temps de rentrer au tipi !

Les incontournables 66 du jour
- Gallup (El Rancho)
- Lupton
- Petrified Forest et Painted Desert (avec Painted Desert Trading Post)
- Holbrook
Les infos très pratiques

- Notre hébergement : Wigwam Motel (811 W Hopi Dr, Holbrook, Arizona). Note : 7/10. Tout simplement mythique. Il en reste trois aux USA. C’est certainement le moins bien (horaires trop limitées, pa de boutique alors que ça pourrait cartonner) mais le plus connu. Service minimal mais les vieilles voitures donnent du charme. Attention au bruit du train. Voir et réserver
- Nos bars et restaurants : Butterfield Stage Co Steakhouse (609 W Hopi Dr, Holbrook). Note 7/10. Le service est approximatif mais la viande était délicieuse et le cadre très mignon.
- Nos visites : la Route 66 de Gallup à Holbrook, environ 130 miles
L’album photos du jour












































































































J24. Lost d’Holbrook à Williams

Vendredi 4/09/26. Réveil en Tipi à Holbrook « grâce » aux sons mêlés des train qui ne cessent de passer et des travaux lancés dès potron minet au motel (dont la réception n’ouvrira qu’à 15 h…). On a eu presque froid dans la nuit et ça fait un bail que ça n’était pas arrivé.
Les voisins s’en vont les uns après les autres, dont un groupe de motards qui fait vrombir ses moteurs un bon moment avant de se lancer, dans un ordre qui a l’air particulièrement établi… Le lieu est vraiment un classique 66 avec, comme particularité par rapport aux autres motels Wigwam, d’avoir de vieilles voitures garées devant les chambres. Avant de filer, on essaie de faire connaissance avec l’un des chats du motel, Jul.
Get Your Kicks on Route 66

Mais, drama, et encore plus dans un logement de tradition 66, pas de café à l’horizon ! Ni à l’accueil, ni dans les chambres… On doit prendre la voiture et aller s’en chercher un à la station. C’est un mauvais point, régulièrement soulevé par les voyageurs… On prend une douche tant bien que mal (elles sont vraiment minus !) et on est prêts à « rider » à nouveau.

Holbrook, les musts

On fait un dernier tour d’Holbrook avant de la quitter. Il y a de beaux vieux panneaux et enseignes, comme celui du Pow Wow trading post (752 Navajo Blvd, Holbrook), les dinosaures du Rainbow Rock Shop (101 Navajo Blvd, Holbrook), le Globetrotter Lodge, l’ancien café Joe and Aggies (120 W Hopi Dr, Holbrook), le Romo’s (121 W Hopi Dr, Holbrook), des murs peints, un petit parc au croisement de Navajo et Hopi drive (la 66)… Il y a partout de quoi voir et faire des photos collector.

Route pour Joseph City, « Here it is ! »

Nous revoilà sur la route. Celle des trading posts, encore vivants ou en ruines. Le Geronimo semble animé, mais il est en fait fermé depuis plusieurs mois (5372 Geronimo Rd, Joseph City), avec des voitures abandonnées sur le parking et toujours ce qui est affiché comme « le plus grand tronc pétrifié au monde »…
« Here it is » ! L’un des plus célèbres trading posts de la Route, le Jack Rabbit (3386 U.S. Route 66, Joseph City), et son panneau iconique. Tombé il y a quelques semaines après une tempête, il a été remis sur pied. Ouvert en 1949, il appartient à la même famille depuis 60 ans. Il est beaucoup plus rutilant que lors de notre dernier passage et le gift shop est super. Le lièvre est décliné en dizaines de goodies et ne manquez pas de grimper sur le jackrabbit géant à l’extérieur.
Nous, ce qu’on veut, c’est une plaque qui indique la distance qui nous sépare du lieu. Une fois que vous la verrez, vous ne verrez que ça. Il y en a partout sur la route, de l’Illinois à la Californie. Cindy Jaquez (qui est propriétaire des lieux avec son mari Tony) nous le fait. Notre appartement lyonnais est à 8540 km (5555 miles) du Jack Rabbit trading post Quel chouette souvenir !

Winslow, le coin des Eagles

Outre la 66 (il y un énorme écusson sur la route à l’angle de N Kinsley et la Old 66), la ville est célèbre pour la chanson du groupe Eagles, Take it Easy :
Well I’m a-standin’ on the corner in winslow, arizona
With such a fine sight to see
It’s a girl, my lord, in a flatbed ford
Slowin’ down to take a look at me
Come on baby, don’t say maybe
I’ve got to know if your sweet love is gonna save me
We may lose and we may win
But we will never be here again
Open up I’m climbin’ in to take it easy
Il y a une (mini) route à faire « chanter » à l’entrée de la ville, plein de références, des magasins spécialisés et un parc avec mur peint et statues du groupe mythique à l’endroit exact, devant l’écusson géant (l’angle de N Kinsley et la Old 66). Ouhlalala ça grouille de monde ce matin ! On va se poser à la brasserie voisine (Relic Road, 107 W 2nd St, Winslow) pour manger un morceau. Tout est très bon mais cher. C’est surtout looooooong, ce qui dégrade l’expérience.
Petit tour digestif et on remonte en voiture. On doit absolument être à Meteor Crater avant 16h30 (ça ferme à 17).

Meteor city et Meteor crater

La route est belle et on fait une belle découverte : Meteor City, un ancien trading post en forme de géode, fermé pendant des années, a ressuscité (40440 Interstate 40 Wb, Winslow) ! Il a rouvert il y a un an avec une « dino drive thru attraction », un parc à traverser en voiture (ou en Rosalie à louer !) au milieu des statues de dinosaures et plein d’activités (tir, peinture de voiture, mine) L’intérieur est super, avec des automates anciens à découvrir.
Pour l’anecdote, Meteor City a servi de lieu de tournage au classique d ela science-fiction Starman (1984), réalisé par John Carpenter avec Jeff Bridges et Karen Allen.

Nous continuons jusqu’à Meteor Crater (Meteor Crater Rd, Winslow). Cette curiosité géologique, à quelques miles de la route 66, était encore inconnue pour nous. A vrai dire, on la boudait un peu. Le prix (29$) nous semblait un peu dissuasif et on avait l’impression que le site valait surtout un survol. Spoiler : on va être très agréablement surpris. Le long de la route, impeccable et très jolie, des panneaux décomptent notre arrivée et le point d’impact.

Meteor Crater (ou cratère de Barringer) est le cratère s’impact météoritique le mieux conservé au monde. Vieux de 50 000 ans, il fait 2 km de diamètre et près de 190 mètres de profondeur.
Il a été au centre de nombreux débats car jusqu’à la fin du XIXe, les scientifiques pensaient qu’il s’agissait d’un cratère volcanique. Il est racheté en 1903 par l’ingénieur Daniel Moreau Barringer. Ce dernier s’est ruiné en construisant une mine au milieu du cratère. Il pensait pouvoir trouver les restes de la météorite et des métaux précieux. Las, celle-ci s’était évaporée à l’impact. Dans les 1960, le site a par ailleurs servi de terrain d’entraînement aux astronautes des missions Apollo, dont Neil Amstrong et ses comparses.
Le Visitor Center nous attend. Sur place, vous trouverez un musée, un film 4D, film tout court, une expérience sensorielle avec capitaine Jacky, et de nombreuses explications. Vous verrez comment les fragments de la météorite, dispersés à des kilomètres aux alentours, ont parfois fini dans des vide-greniers.
Le clou du spectacle est bien sûr le cratère, visible depuis plusieurs plateforme d’observation. On voir, au centre, l’entrée de la mine de Barringer et des statues d’astronautes. C’est très impressionnant. On sort (bien sûr) par le magasin qui vend plein de pierres et de minéraux…
Au final, on s’attendait à quelque chose de kitch et limité. Au final, c’est moderne et l’expérience est très complète. On valide !
Two Guns et Twin Arrows
Sur la route de Flagstaff, nous faisons un arrêt à deux sites que nous connaissons bien. D’abord, Two Guns, ancien complexe le long de la route 66, à l’abandon, mais qui abritait une station, un trading post ou encore un zoo. Découvrez son incroyable histoire par ici.
Puis Twin Arrows, qui fait peine à voir. Le site, toujours abandonné, vu dans Forrest Gump, a perdu une de ses deux flèches depuis plusieurs années. Et à voir la survivante, cela ne va pas durer bien longtemps.


Friday night à Flagstaff

Le soleil se couche lorsqu’on arrive à Flagstaff. Une ville universitaire qu’on connaît bien maintenant, qu’on adore, avec de good vibes (et où l’on revient demain !). On passe devant deux morceaux de 66, le panneau du Western Hills Motel (1580 E Rte 66, Flagstaff) et le Museum Club, actuellement en vente (3404 E Rte 66, Flagstaff).
En ville, c’est vendredi soir et là aussi, ça grouille de monde. On va juste faire un saut à l’un de nos magasins préférés (du monde), la Black Hound Gallerie (In the Old Town Shops, 120 N Leroux St, Flagstaff). Un joyau mélange de trucs rigolos et décalés, de t-shirts de musique vintage, etc. Poussez les portes, vous ne regretterez pas.

A la sortie, dilemme ! On dort à Williams, à 35 minutes de route, mais ne ferait-on finalement pas mieux de manger ici avant que tout ferme ? C’est ce qu’on fait. On retourne à la Lumberyard Brewing Company (5 S San Francisco St, Flagstaff). Ici, beaucoup de brasseries font partie des meilleurs restaurants de la ville. On adore par exemple la Beaver St Brewery. Une fois encore, ça traîne un peu, mais le menu change (mac and cheese travaillés, burgers et sandwiches originaux)… On opte pour la terrasse mais on a presque froid.
Nuit à Williams

On roule une demi heure jusqu’à à Williams, où l’on dort ce soir, au très 66 El Rancho Motel (617 E Rte 66, Williams, voir et réserver). On aurait pu rester à Flagstaff mais on préfèrerait être sur place pour prendre le train vers Grand canyon demain matin. L’un des highlights du voyage, hâte !
Les incontournables 66 du jour
- Holbrook
- Jack Rabbit Trading Post (Joseph City)
- Winslow
- Meteor City et Meteor Crater
- Flagstaff
- Williams
Les infos très pratiques

- Notre hébergement : El Rancho Motel (617 E Rte 66, Williams). Note : 7/10. Petit motel sans prétention mais impeccable. Tout ce qu’on attend d’un motel. Et s’il fallait mettre un bémol, c’est juste l’isolation des chambres qui peut être améliorée. Voir et réserver
- Nos bars et restaurants : Relic Road Brewing (107 W 2nd St, Winslow). Note 6/10. Nourriture très satisfaisante mais d’une, les prix sont trop élevés pour ce que c’est. De deux, le service est uber long quand on y a été. Lumberyard Brewing Company (5 S San Francisco St, Flagstaff). Note : 7/10. La brasserie soeur de la Beaver Street est une valeur sûre à Flagstaff.
- Nos visites : la Route 66 d’Holbrook à Williams, environ 150 miles
L’album photos du jour

















































































J25. Lost au Grand Canyon, en train

Samedi 5/09/26. A Williams, on ne traine pas ce matin au réveil : le train pour le Grand canyon (« grand k’nion » comme ils disent hyper vite ici) nous attend ! C’est un vieux « rêve » d’y aller en train et ce roadtrip nous le permet. Durango-Silverton, Chama-Antonito : on a déjà fait plusieurs voyages en train historique aux US et on adore ça.
On a passé que peu de temps au motel El Rancho mais il a vraiment tout ce qu’on aime : grande chambre, propre, un peu de déco, des parties communes soignées. Il y a même un petit coin lounge avec un barbecue et offre un discount au resto de petit déjeuner pas loin.

Nous préparons un petit sac et allons à la gare. Un véritable resort avec hôtel, magasins and co. Tout est très bien foutu et le parking gratuit. Direction le guichet vers 8h35, avant un « gunshow » à 9 heures et un départ du train à 9h30 pour 2h15 de voyage.
Le show est amusant, avec un shérif et des hors la loi. Un spectateur participe. Ca met dans l’ambiance avant de orendre le départ.

Tout est bien rodé. On fait la queue pour embarquer en première classe, dans le wagon baptisé Kokopelli. C’est l’un de ceux avec un 2e étage panoramique, avec le toit vitré. Nous sommes restés en bas (c’est une autre option tarifaire) mais il est tout à fait possible de monter jeter un oeil.
Le Grand Canyon Railway existe depuis 1901 et relie Williams à la rive sud du Grand Canyon sur 104 kilomètres. C’était à l’époque la meilleure option pour rallier rapidement la merveille du monde, dont le potentiel touristique commençait à être exploité. Avec l’essor de la voiture, l’affluence décline après-guerre. Le 6 juillet 1968, le dernier train de voyageurs part de Williams le 6 juillet 1968.
Mais il n’a pas dit son dernier mot. Des investisseurs voient le potentiel et rénovent la ligne et les gares Le 17 septembre 1989, 88 ans exactement après le premier voyage, le Grand Canyon Railway reprend vie. Et les badauds sont nombreux à célébrer ce nouveau départ.
Il est aujourd’hui géré par Xanterra, un des prestataires des parcs nationaux. Ce jour, il y a 14 wagons et 600 voyageurs (jusqu’à 1000 possible). Notre voyage A-R coûte 140$ par personne mais les premiers prix commencent à 80. Il faut aussi penser à l’entrée du parc au guichet : soit le pass America The Beautiful, soit l’entrée classique.

Une fois à notre place, plutôt spacieuse, notre jeune chef de cabine Lilly prend tout en main. Elle nous présente l’histoire, le wagon, nous parle du Grand Canyon. Ce jour, le parc est en alerte eau. Nous avons donc pris tout ce qu’il faut en liquide. Une famille entière avec des t-shirts Buc-ee’s s’installe dans le wagon panoramique pendant que les chiens de prairie sortent leur petite tête à la sortie de Williams.
La belle surprise, c’est qu’un buffet est prévu en première : café, fruits, gâteaux… et ce ser ala même au retour.
Arrivée, longue balade le long du canyon

Nous arrivons au Grand Canyon. La gare se situe derrière l’hôtel El Tovar, à 200 mètres à peine de la rive. Il y a du monde mais pas tant que ça nota
mment pour un week end de Labor Day. Dès qu’on marche 5 minutes, on est tout seuls ! On le longe la rim un bon moment, toujours ébahis. Même Delphine cette fois, qui n’a jamais vraiment fait waouh devant ce paysage.
Le Grand Canyon est toujours incroyable. Si grand, si beau, que toutes les photos ne peuvent lui rendre hommage, que l’oeil humain a du mal à faire le point devant cette immensité. Le long de la rim, les points de vue sont nombreux. On aperçoit au loin là où une crue éclair a fait énormément de dégâts il y a quelques jours, tuant 3 personnes dans le secteur de Phantom Ranch.

On croise plein d’oiseaux et d’écureuils.N’ayant que trois heures sur place, on va manger un bout (et retrouver la foule). D’habitude, on pique-nique dans les parcs, mais il y a pas mal d’options ici. Dans le Bright Angel Lodge, on décide d’aller au Fred Harvey Café, du nom de l’homme qui a révolutionné la restauration, l’hôtellerie et le tourisme aux États-Unis au XIXe siècle. Il installait ses hôtels, ses restaurants près des gares et des lieux de passage.
C’est un peu le bordel et comme d’habitude, ils nous annoncent plus d’une demi heure d’attente mais il y a plein de tables vides et c’est bon dans le quart d’heure. Carte classique mais le cheeseburger fait très bien l’affaire. Le parc est en restriction d’eau en ce moment, du coup tout est servi dans et avec des couverts en carton (la voisine a l’air de galérer avec son steak !).

Il nous reste encore un peu de temps pour aller voir le Lookout Studio et le Kolb Studio, des galeries avec des vues panoramiques sur le Grand Canyon. On revient pile à l’heure au train (15h15 pour un départ à 15h30), on retrouve nos places exactes et un… buffet ! Cette fois, ce sont des grignotes de légumes, fromage, pretzels, charcuterie… Bon à savoir, si on se gave à l’aller et au retour, on peut économiser le repas et le temps sur place qui va avec !

Il n’en faudrait pas beaucoup pour qu’on pique du nez pour une petite sieste. On se concentre sur les explications de Lilly et… l’attaque du train par des bandits ! Après un nouveau passage d’un chanteur dans notre wagon, les comédiens hors la loi du matin sont de retour. On voit d’abord une bande à chevaux à l’extérieur et quelques minutes plus tard, les voilà.
Ils veulent de l’argent (leur pourboire); un enfant conseille au marshall de leur « tirer directement dans la tête » (hum). A part ça, ça reste très bon enfant. Nous arrivons un peu en retard, après 17h30, au terminus à Williams, après avoir croisé des centaines de « wavers », des gens qui saluent le train à son passage. On est KO !
Ce voyage était une super expérience. Pour en profiter un max, pour une première visite par exemple, on peut rester dormir dans le parc et prendre un train un autre jour. On prévoit de faire un article plus détaillé dans les prochains mois.
Williams

De retour à Williams. On connaît déjà bien la ville et on y repassera demain, mais on fait quand même un petit tour au centre historique, so 66, dont les néons commencent à s’allumer. Williams est la dernière ville à avoir été contournée par l’I-40 sur le tracé historique de la Route 66.
C’est samedi et pas n’importe lequel, celui du Labor Day, leur week-end de trois jours avant la rentrée et ça grouille de monde ! On s’arrête un peu devant le diner mythique, le Cruiser’s Café (il y a toujours un groupe de musique), on fait quelques magasins 66 (dont Addicted to 66 et son panneau-écusson géant)… La découverte la plus sympa est certainement le trading-post, le Cars of the mother road (341 W Rte 66, Williams), qui expose des statues et vintageries assez dingues (dont un Bigfoot yéti animé !).


Après des nuages en fin de journée, le soleil se couche en une explosion de couleurs, de l’orange au fuchsia en passant par le violet. Wow. En retournant à la voiture, on croise nos hors-la-loi du train, qui sévissent aussi chaque samedi soir en ville pour un « gunshow » (gratuit). Petit arrêt à la station (on en profite pour regonfler les pneus) et on reprend la route en sens inverse, direction…
Flagstaff, so Americana

Nous avons un peu bidouillé le sens naturel des deux derniers jours, avec quelques allers-retours entre Williams et Flagstaff, car on voulait vraiment dormir dans un nouveau motel de Flagstaff, l’Americana Motor Hotel (2650 E Rte 66, Flagstaff, voir et réserver sur Booking ou sur Hotels). On ne se souvient plus si c’était une question de disponibilité ou de grosse différence de prix, sûrement la 2e…
Le motel est vraiment vintage et charmant. Un historique rénové en mode branchouille (soft), boisson d’accueil, etc… On a même une boule à facettes ! La tentation est grande de se poser à la chambre, mais on aime tellement la ville, en ébullition de samedi, qu’on ressort.

Nous mangeons un (petit) morceau à la Mother Road Brewing Company (restons dans le thème, 7 S Mikes Pike, Flagstaff), hyper prisée mais très simple. Ils ont fait des bières et des canettes spéciales pour l’anniversaire de la 66. Puis retour au motel. Avec une glace car, trop drôle, le fromage Tillamook (notre référence cheddar made in Oregon) organise un roadtrip 66 et s’est installé à l’hôtel pour une opération de com (on ira voir ça demain).
Les incontournables 66 du jour
- Williams
- Grand Canyon NP
- Flagstaff
Les infos très pratiques

- Notre hébergement : Americana Motor Hotel (2650 E Rte 66, Flagstaff). Note : 8/10. Ancien motel historique très bien rénové. Les chambres sont vintages à souhait, l’accueil et les extérieurs tops. Coup de coeur et on reviendra, c’est promis. Le seul bémol, notre chambre était mal placée pour le Wifi. Voir et réserver sur Booking ou sur Hotels
- Nos bars et restaurants : Fred Harvey Cafe (9 Village Loop Drive, Grand Canyon Village). Note 6/10. Pour un restaurant de parc national, ça fait le taf. Mais pas plus. Mother Road Brewing (7 S Mikes Pike, Flagstaff). Note : 7/10. La brasserie branchée. Bon et pas cher. C’est dommage que le menu soit si restreint et ne servent pas les pizzas d’à côté.
- Nos visites : la Route 66 de Williams à Flagstaff via Grand Canyon, environ 50 miles en voiture
L’album photos du jour




















































































































J26. Lost de Flagstaff à Kingman

Dimanche 6/09/26. Ce matin à Flagstaff, on va chercher le petit-déjeuner à la réception : des plateaux avec les classiques oeufs-bacon et des fruits. La piscine est accueillante (et chauffée) mais on n’a pas le mood et on veut partir tôt. Grosse déception en revanche : la tente de l’opération spéciale du fromage Tillamook installée lors d’une opération pub éphémère n’ouvrira pas avant midi ! Adieu goodies et échantillons de fromage (Delphine est presque inconsolable). Adorable, le boss du motel nous court après pour lui filer sa brique de cheddar en peluche. Sacrés Américains, thanks.

Le coeur plus léger, et par un ciel très couvert, on retourne au centre de Flagstaff pour voir l’écusson géant de la 66, repeint pour le centenaire, et le visitor center dans le dépôt de train (1 E Rte 66, Flagstaff). Ouhlala, lâcher de touristes ! On se fait tamponner les passeports. Ici et dans quelques endroits, cela donne droit à un petit cadeau : on récupère un totebag de la ville. Bye bye Flagstaff, on reviendra, c’est promis. Si vous restez plus longtemps, regardez notre guide.

Parks

En filant sur les routes bordées de pins, nous faisons un arrêt rapide mais agréable à un trading post historique, l’Old Route 66 Parks Store (12963 Old Rte 66 Ste 50340, Parks). Repeint en turquoise, méconnu, l’endroit est réputé pour ses sandwiches. Ils ont un challenge pour engloutir un burrito géant. La serveuse nous montre la taille avec les bras, c’est flippant… Il y a un livret avec les rares à s’y être frottés.
Nous restons en alerte sur la route, mais toujours pas de bestioles. Il faudra retenir Delphine de ne pas s’arrêterez à la Deer Farm (6769 Deer Farm Rd, Williams) dans la journée pour voir et nourrir des cerfs mulets…
Come-back à Williams

Avec tous ces allers-retours Flagstaff-Williams, on a l’impression que la journée d’hier va recommencer, qu’on va prendre le train. Mais non ! Et d’ailleurs il est déjà parti. On fait juste un petit tour de centre-ville, pour voir le visitor center, haut lieu du petit ours Smokey (200 W Railroad Ave, Williams), et deux super anciennes stations service, plus vivantes que jamais : la Pete’s Gas station (101 E Rte 66, Williams), même si son propriétaire n’est pas franchement agréable, et le Route 66 Museum and Gift shop (811 W Rte 66, Williams).
Voilà, nous entendons parler un peu français ici et là (c’est tout récent cette année). On ne s’attarde pas et on reprend la route… C’est fou comme selon la période, le jour même, s’il y a des événements…. Toutes ces villes sont différentes ! La dernière fois qu’on y est passés, c’était l’hiver, il y avait de la neige et on était absolument seuls. Et l’ambiance est encore différente d’hier…
Ash Fork

Ash Fork marque le début de la plus longue portion ininterrompue de la 66 historique. Il nous semble que la ville s’est développée depuis la dernière fois. Un musée 66 (toujours fermé quand on passe, aujourd’hui encore !), d’anciens panneaux… Le garage De Soto est en travaux (327 Lewis Ave, Ash Fork) mais toujours photogénique.

Seligman, retour au bercail

Après un bout de 66 émaillé de panneaux publicitaires Burma Shave, nous revoilà dans la « capitale » de la Route 66, Seligman, là où sa résurrection a été lancée grâce au barbier-coiffeur de la ville, Angel Delgadillo, aujourd’hui presque centenaire lui aussi (99 ans). Là aussi, les bus touristiques déversent du monde non stop.
Avant toute chose, dans cet arrêt absolument incontournable de la Mother Road, on commence par aller casser une croûte à un resto qu’on avait adoré, le Roadkill Café (22830 U.S. Route 66, Seligman). Une chouette adresse qui ne manque pas d’humour. Le roadkill, c’est la « viande » écrasée sur la route et ils vont à 100% dans le menu (« Poulet qui n’aura pas vu la fin du virage » and co). Bien sûr, c’est de l’humour, et c’est un restaurant classique.

Il y a beaucoup de monde et cette fois l’accueil n’est pas folichon, mais ça reste une bonne adresse.
A la sortie, on refait la tournée « mondaine » de Seligman, avec la musique d’un concert au bar du Black cat qui ambiance toute la ville. Il y a du (re)nouveau ici aussi : des magasins ont rouvert, le motel Postcards semble très accueillant, le Sundries a perdu ses couleurs mais revit sous forme de bar à hot dogs… On recolle des autocollants Roadie un peu partout et on retourne bien sûr au Copper Cart, chez les Delgadillo, au Return to the 50’s. Plus d’infos sur Seligman par ici.

Sur la route (pas de Memphis)

En quittant Seligman, une magnifique portion de Route 66 se déroule sous nos pneus. Il y a encore plusieurs séries de panneaux Burma Shave, cette success story américaine reconnaissable à ses slogans qui riment étalés en plusieurs panneaux rouges le long de la route.
Prochaine ville traversée, Peach Springs, en réserve indienne Hualapai. Si Radiator Springs, dans le film d’animation Cars, raconte un peu l’histoire de Seligman, la position géographique de Radiator Springs correspond plutôt à Peach Springs.
Peu avant la ville, il y a le complexe de Grand Canyon Caverns et ses grottes sèches. Il y a un motel (camp de base pour Havasupai), un restaurant dans une grotte, des statues de dinos et un petit magasin. A chaque fois, on se dit qu’il faut visiter les grottes et on remet ça à la prochaine…

D’abord, Truxton, quasi fantôme, avec seulement quelques vieux panneaux et stations hyper photogéniques, même si ce n’est pas une journée à photos avec la météo. Puis Valentine, qui avait une tradition de cartes pour la Saint Valentin avant la mort, dans un braquage, de l’homme qui tenait le bureau de poste. La Valentine station (12626 AZ-66, Hackberry), mignonne, est en cours de rénovation (et a des chats !).

Hackberry General store, le plus beau

Nous arrivons l’un de nos objectifs du jour, un must parmi les musts de la 66 : l’Hackberry General store (11255 AZ-66, Kingman), pour nous certainement le plus beau de la route. Il est encore ouvert ! Là encore, beaucoup de touristes mais un lieu génial, dans sa décoration très travaillée comme ses produits à vendre, dont beaucoup qu’on ne trouve pas ailleurs. Il y a toujours notre copain chat, Charlie, qui a même son magnet. Et l’accueil y est toujours adorable.

On fait notre tour et on repart à la fermeture, lorsque la pluie revient… Sur le trajet, petit arrêt à Antares pour voir l’Headicus giganticus (Antares Point Visitor Center, 9855 AZ-66, Kingman) et le panneau du Ranchero Motel….

Kingman, heart of 66

Nous voilà à Kingman, « the heart of historic 66 », où l’on dort cette nuit. Mais d’abord, commençons par un moment important de roadtrip (plusieurs jours avant la fin) : le « Walmart de fin ». Celui où on achète plein de trucs à manger pour combler notre nostalgie au retour… On a une très sérieuse liste et on ressort cramés !

Ceci nous a ouvert l’appétit. Nous enchaînons avec une brasserie, qui était un peu « bizarre » lors de notre dernier passage (on s’y était arrêtés) devenue référence depuis, en devenant notamment championne de pizza (y compris dans des concours mondiaux). Bienvenue à la Rickety Cricket (532 E Beale St, Kingman).
La bière est top (on en prend une en attendant notre commande) et la pizza excellente avec une pâte old school hyper épaisse travaillée à la bière… Les musts ont des artichauts ou du beurre de cacahuètes mais on se cantonne à celle des meat lovers, la Your mom. Sur le patio, il y a un concert de métal !
Notre pizza sous le bras (et plein d’ambitions de blog et de tri), on checke in (seuls) à notre hébergement pour la nuit. On a choisi le Tin Can Alley on 66 (211 E Andy Devine Ave, Kingman, voir et réserver sur le site officiel), au centre ville. Un parc de caravanes airstream vintage hyper bien équipées. L’endroit est parfait et la soirée va être bonne.
Les incontournables 66 du jour
- Flagstaff
- Williams
- Seligman
- Hackberry General Store
- Kingman
Les infos très pratiques

- Notre hébergement : Tin Can Alley on 66 (211 E Andy Devine Ave). Note : 9/10. On a dormi dans pas mal de caravanes lors de nos roadtrips. Celles-ci sont sûrement les mieux équipées. Tout y est bien. L’endroit, même à côté d’une route passante (et des trains), reste assez tranquille la nuit. Voir et réserver sur le site officiel
- Nos bars et restaurants : Roadkill Cafe (22830 U.S. Route 66, Seligman). Note 6/10. Dommage, on aimait bien le lieu mais le service cette fois était vraiment trop mauvais (si tu te lis barmaid, c’est pour toi). Rickety Cricket Brewing (532 E Beale St, Kingman). Note : 8/10. La brasserie de référence à Kingman et oui, il faut bien avouer que leurs pizzas sont excellentes.
- Nos visites : la Route 66 Flagstaff à Kingman, environ 150 miles en voiture
L’album photos du jour

















































































J27. De Kingman (Arizona) à Pasadena (Californie)

Lundi 7/09/26. On a dormi comme des bébés dans notre airstream de la Tin Can Alley à Kingman. Comme les autres jours, le train passe non stop, mais il ne nous a pas dérangé. On va attraper un café au Coffee shop de la propriété, le Mudd on 66. Le lieu est vraiment incroyable : il y a des colibris (et des bourdons géants), tout est hyper bien pensé et fonctionnel…
C’est drôle, mais c’est sûrement l’un des hébergements les plus confortables qu’on ait eu lors de ce voyage ! Le tout dans une boîte de conserve.


Kingman

Une grosse journée nous attend mais on prend le temps de (re)faire un tour de Kingman. On monte sur la colline où le motel El Trovatore et sa plus grande fresque de la 66 s’est refait une beauté, et on enchaîne avec le visitor center/musée (Powerhouse Visitor Center, 120 W Andy Devine Ave #2, Kingman), installé dans la centrale électrique historique de la ville.
C’est Labor Day, jour férié, mais tout est ouvert. La partie gratuite est très intéressante. Le magasin est wahou, les trains électriques se baladent et on peut même « discuter » avec l’hologramme d’Angel Delgadillo. Le tout est complété par un musée payant de la Route 66.

On continue avec l’extérieur : l’arche 66 (il y a la queue pour la photo souvenir et ça… klaxonne !) et le magnifique panneau coeur, emblème de la ville. Le très photogénique diner Mr D’z (105 E Andy Devine Ave, Kingman) possède un superbe gift-shop depuis notre dernière passage.
Il y a beaucoup de monde, mais Kingman nous a laissé une bien meilleure impression que les dernières fois. La ville, hub important sur la Route 66, bouge beaucoup ! Du coup, on y reviendra avec plaisir.
Trop Cool Springs

Nous reprenons la route, qui aborde sa partie la plus sinueuse et l’une des plus belles, dans les Black Mountains. Arrêt à Cool Springs, magnifique station restaurée, qui s’est développée elle aussi (et se revendique désormais Radiator Springs, de Cars). La dernière fois, il y avait un magnifique chat sur place; Misty est toujours là (elle surveille la caisse avec un air sérieux) mais elle a été rejointe par un copain très très cool (il dort étalé sur le comptoir), Clyde !

Sitgreaves pass et Oatman

C’est parti pour l’impressionnant Sitgreaves Pass. Nous sommes loin de sportions les plus plates de la Mother Road. On croise nos premiers « burros », les mules descendantes de celles des prospecteurs, emblématiques de la prochaine étape, Oatman.
Dans l’ancienne ville minière, très touristique mais incontournable, on arrive pile à la fin du « gunfight » (un show western avec des pistolets) de mi journée ! Il a un peu de monde, les ânes sont au rendez-vous (il y a plein de petits! ) et la chaleur est de retour (on a dépassé les 100°F).

Oatman mérite sa balade avec quelques magasins. On vous conseille le Mission Inn (220 Main St, Oatman). Nous caressons du burro (les bébés ont leur fameux autocollant « ne me nourrissez pas » sur la tête), certains sont à deux doigts de se battre, et on rencontre au bar deux couples d’Anglais super sympa (Delphine les lance sur le dossier Meghan Markle et ça potine international).
C’est l’heure de remonter en voiture…


Needles

On le voit aux palmiers et aux tarifs de l’essence (on en a pris juste avant de passer la frontière), nous voilà en Californie, dernier état traversé par la Route 66 (et notre roadtrip, snif, on l’occulte encore un peu !). La ville d’entrée ou de sortie, dans l’autre sens est Needles qui, selon nous, n’a pas d’énorme intérêt si ce n’est de dormir quand on fait la route d’ouest en est…
Goffs, ghost town

Le désert des Mojaves est devant nous et nous commençons par Goffs, une ville semi-fantôme où l’on ne s’était jamais arrêtés. En 1926, le tracé de la 66 passait pas ici mais dès 1931, Goffs est contournée par un nouvel alignement. La ville, sur un axe ferroviaire d’envergure, perd en dynamisme.
Aujourd’hui, vous pouvez voir l’école, qui date de 1914, l’ancienne gare et un grand parc avec plein de vieilleries rouillées. Très photogénique.
Amboy, le Roy’s Motel

Amboy est un autre classique de la Route. Une station perdue au milieu du désert, un panneau mythique, une rénovation grâce à un magnat du fast-food, aujourd’hui décédé, Albert Okura. Tout y est parfait, sauf le prix de l’essence. Il y a du monde, des motards et toujours ce projet de rouvrir un jour les hébergements (on a hâte). En savoir plus sur Amboy.
Le Bagdad Cafe is calling us et Yermo

Voilà un endroit qu’on n’adorait pas mais qu’on commence à aimer avec le temps puisqu’on s’y arrête à chaque fois ! Depuis notre dernier passage, la patronne du Bagdad Cafe (46548 National Trails Hwy, Newberry Springs), Andrea, est décédée et on voit passer plein de photos sur les réseaux sociaux montrant un endroit qui semble avoir renoué avec son « lustre » d’antan.
Comme le succès du film, on est entre Français et Allemands ! Matt nous accueille. Il s’occupe de l’accueil, des clips qui passent (dont les chansons d’Eddie Mitchell et le mythique Calling You), il fait des photos souvenirs qu’il imprime et publie sur ses réseaux sociaux.

L’ex conjoint d’Andrea est là et crache… du feu (tout va bien). On y reste une plombe. Il nous explique que la petite fille d’Andrea va en hériter mais qu’elle est encore mineure. Elle souhaite prendre la relève.
Couronne de Miss 66 sur la tête, on fait la connaissance d’un joyeux trio venu de Mayenne (qui fait un bout de route en moto 3 roues); Emma, son père et son parrain. Désormais Roadies, on continuera la soirée ensemble au Peggy Sue (35654 Yermo Rd, Yermo), le diner culte de Yermo.


De Barstow à Pasadena

Il y a des embouteillages à l’entrée de Barstow, où nos nouveaux amis s’arrêtent pour la nuit. Nous, on continue jusqu’à la balnlieue de Los Angeles, Pasadena (et le GPS nous en annonce d’énormes bouchons à la suite d’un accident). Il fait nuit, tant pis pour Calico et l’Elmer Bottle Tree Ranch à Oro Grande… Quel dommage, on devra revenir (ahah).

La journée d’aujourd’hui était décemment trop longue, mais c’est un choix que l’on a fait (on a préféré « tirer » et être au même endroit ou presque les trois derniers jours). Il est 20h30 (ressenti : 22 h) et on roule, traversant des villes comme Victorville (pas hyper accueillante là comme ça de nuit).
Delphine en profite pour écrire, rentrer les photos, on parle de la suite (ici et au retour), de commencer à trier la voiture… Comme prévu, la dernière ligne droite est douloureuse. Après quelques photos (Rancho Cucamonga, Magic Lamp Inn), on arrive à 23h au motel, le Saga Motor Hotel, délicieusement vintage à Pasadena (1633 E Colorado Blvd, Pasadena, voir et réserver). On est accueillis par un Suisse expatrié depuis 20 ans et on commence à rentrer les sacs…

Les incontournables 66 du jour
- Kingman
- Cool Springs
- Sitgreaves Pass et Oatman
- Amboy
- Bagdad Cafe
Les infos très pratiques

- Notre hébergement : Saga Motor Hotel (1633 E Colorado Blvd, Pasadena). Note : 7/10. Une bonne option de motel bien 66 à Pasadena. Délicieusement retro Voir et réserver
- Nos bars et restaurants : Peggy Sue (35654 Yermo Rd, Yermo). Note 7/10. Un classique et pour nous un arrêt obligatoire pour se mettre dans l’ambiance 66.
- Nos visites : la Route 66 Kingman à Pasadena, environ 350 miles en voiture
L’album photos du jour











































































































J28. De Pasadena à Los Angeles, la fin de la route

Mardi 8/09/26. A Pasadena, réveil aux aurores pour la world famous « cérémonie des sacs ». Un moment toujours… stressant va-t-on dire. Le motel est sympa, délicieusement suranné. Des films, clips et séries y on été tournés et sont fièrement affichés à l’accueil où se prend le petit-déjeuner, à base de gâteaux sains et de croissants. Il y a surtout des nuées d’écureuils !
Pendant qu’on trie, le ciel se couvre et il se met à pleuvoir (on aura des mini averses, les fameuses « showers », toute la matinée). Comme d’habitude pour les sacs, plus de stress que de mal, on finit une grosse heure avant le check-out.

Pasadena

Petit tour dans Pasadena. Charmante, et encore un peu 66 même si la route a tendance à disparaître dans les suburbs sans fin de la Cité des Anges. Le must a l’air d’être la Huntington Library, qu’on se note pour la prochaine fois. Après un arrêt devant la plaque de l’Invention du Cheeseburger (1500 W Colorado Blvd, Pasadena), sur un parking sans aucun charme, et devant le premier Tommy’s Hamburger (1717 Colorado Blvd, Los Angeles), un must angelino, on fait le point sur ce qu’on a envie de faire de la fin du voyage.
La Golden road brewery

Voilà l’une de nos institutions à nous, la Golden Road Brewery (5410 W San Fernando Rd, Los Angeles). Une brasserie célèbre pour son look californien et sa bière comme la Mango cart. Ils n’ont pas celle à la goyave en ce moment mais une à la mûre. On se régale avec l’un de nos derniers burgers… Miam.
La fin de la Route 66 jusqu’à Santa Monica

Ohlala il fait hyper humide ! On reprend la route avec un objectif : terminer la Route 66. On la retrouve au niveau du Chicken boy, un muffler man à tête de poulet perché sur le toit d’un resto mexicain (5558 N Figueroa St, Los Angeles) et on la suit. Elle nous emmène à Santa Monica. Il y a plusieurs « fins » : le croisement du tracé de 1926, celui de 1936 et le plus touristique (qui date de… 2009), au milieu de la jetée.

On s’arrête prendre un café dans une institution, le Mel’s diner, à l’angle d’Olympic et de Lincoln (1670 Lincoln Blvd, Santa Monica). C’est là où la route 66 s’arrêtait officiellement. Impossible de manquer son panneau surmonté d’un pingouin, la plaque de fin, la cloche à faire sonner et un incroyable aquarium 66. Cette chaîne, présente à plusieurs endroits en Californie, est le resto préféré de Lana Del Rey qui a donné son nom à un milkshake.
Nous poursuivons jusqu’à Santa Monica. Puis on se gare au parking de la jetée; malgré nos recherches, on n’échappe pas à celui à 20 dollars. Il faut s’arrêter au petit kiosque du début, le 66 to Cali, qui nous met notre dernier tampon sur le passeport. On achète notre certificat et on parle un moment, il nous prend en photo…

Il y a une queue d’enfer devant le panneau « End of the Trail ». En se la pétant, on parie que la plupart n’ont même pas fait la route. Le soleil tape comme jamais, c’est dur, d’autant que des miss tournent un long métrage tiktok… On finit par y arriver et on continue jusqu’à au bout de la jetée, en passant entre les musiciens, magiciens et vendeurs de churros, jusqu’à au Last Stop, magasin rendant hommage à Bob Waldmire… L’océan est magnifique mais on crame.

Plus sérieusement, c’est hyper émouvant de terminer la Route. Un mélange d’accomplissement, de relâchement aussi, on l’a fait…. La faire en entier, c’est vraiment quelque chose de fort. On reprend la voiture tandis que le soleil tombe à l’horizon.

Soirée à Hermosa beach

Comme à chaque fois, on va passer la soirée chez nos amis Anne et Nico, à Hermosa Beach. On arrive trop tard pour le coucher de soleil mais ce n’est pas bien grave : la joie de les voir (et 5 chats) font notre bonheur !

La nuit à Venice Beach

On revient en arrière pour rejoindre Venice Beach où l’on a choisi de passer les deux dernières nuits du roadtrip. On a réservé (grâce à une offre spéciale) le rêve de Delphine depuis notre première passage à Venice Beach : l’Erwin (1697 Pacific Ave, Venice, voir et réserver sur Booking ou sur Hotels).
Un hôtel hyper central, branchouille, à 20 mètres de la plage, avec rooftop and co. Vu que le parking est à 60 dollars la nuit, on cherche une place gratuite dans le quartier, qu’on finit par trouver. On arrive avant minuit dans notre chambre, au 6e étage, avec balcon, vue sur l’océan et les lumières de la ville….
Les incontournables 66 du jour
- Fin de la route 66 au Mel’s Diner
- Fin de la route 66 sur la jetée de Santa Monica
Les infos très pratiques

- Notre hébergement : Erwin (1697 Pacific Ave, Venice). Note : 9/10. Si vous avez un peu d’argent à mettre pour un emplacement génial, misez sur l’Erwin avec un balcon sur l’océan en plein coeur de Venice Beach. Fantastique et les chambres sont impeccables. Le parking, un peu cher, est facile à contourner. Voir et réserver sur Booking ou sur Hotels
- Nos bars et restaurants : Golden Road Brewing (5410 W San Fernando Rd, Los Angeles). Note 8/10. Burger exceptionnel, bonnes mousses.
- Nos visites : la Route 66 de Pasadena à Santa Monica puis Venice, environ 80 miles en voiture
L’album photos du jour











































































J29. Lost à Los Angeles

Mercredi 9/09/26. Qu’on a bien dormiiiiiii ! Et quelle magie d’ouvrir l’œil et d’apercevoir la slyline et l’océan depuis notre balcon au Erwin Hotel. On aime beaucoup cet hôtel, qui nous rappelle notre première fois à Los Angeles. En 2011, on avait dormi à Venice, un peu plus au sud. Direction le petit dej, très healthy californien : yaourt au granola fruits et croissant.
Aujourd’hui, la 66 est derrière nous mais il elle nous manque déjà, on va lever un peu le pied, prendre du bon temps et (re)faire des choses dont on a envie à LA…
Venice Beach

Proximité oblige, nous débutons par Venice Beach et sa promenade, à peine en train de se réveiller en cette matinée . Il y a quand même déjà quelques personnages hauts en couleur ! Un peu de photos, un peu de shopping, la plage, Muscle Beach… Comme hier, le soleil tape hyper fort et il fait vraiment chaud (presque 40). C’est très inhabituel pour cette ville qui offre le plus souvent un climat parfait.

Parc de Baldwin Hills

On a fait une petite sélection et on commence par le state park de Baldwin Hills, à Culver City, réputé pour son point de vue (et ses sentiers de randonnées). Alors, oui, la vue est correcte – on voit notamment des derricks en pleine ville. Mais cela ne vaut pas les vues depuis les Hollywood Hills. Pas incontournable.
Hello Dolly

Nous mettons le cap sur Hollywood et le walk of fame pour aller voir l’étoile de Dolly Parton. Elle a été vandalisée depuis sa mort et immédiatement refaite. Comme nous, une poignée de passants se recueillent au passage mais il n’y a plus de fleurs. On n’a pas rêvé : à 14 heures, il fait 108 degrés farenheit, soit plus de 42 celsius.
Cette ville est dingue : chaque fois qu’on entre une nouvelle étape, pas forcément très éloignée, sur le GPS, on en prend pour 30/45 minutes. C’est pour ça qu’on vous conseille de bien fonctionner en secteur à LA, sinon, vous passerez votre vie sur l’autoroute.
Arts district et Little Tokyo

On retourne dans ces quartiers, proches de downtown, qu’on affectionne. D’un côté, il y a l’Arts District, ses graffs et ses brasseries, dont l’Arts District Brewing Company (828 Traction Ave, Los Angeles) où l’on boit un verre. A savoir, l’Angel City, autre brasserie, a fermé en avril malheureusement.
Puis, adjacent, il y a Little Tokyo. On est juste là pour les sushis. Ca tombe bien, c’est le lieu de naissance des California Roll. Direction Tenno Sushi (207 S Central Ave, Los Angeles), où l’on se fait une orgie.

Zou, direction les outlets les plus proches (toujours à une demi-heure) pour un passage quasi traditionnel lui aussi chez Vans et on reprend la route pour être à l’hôtel au coucher de soleil. On a sécurisé une table sur leur incroyable rooftop mais on sera … en retard! JP va garer la voiture, DayDay monte à l’arrache et a juste le temps de voir le soleil tomber dans l’océan ! Le lieu est vraiment cool.

Nous en profitons pour aller mettre un dernier coup d’essence et passer au carwash. Non, ce n’est pas obligatoire, mais on a pris l’habitude de la laver un petit coup avant de la rendre, on ne sait jamais…
Nous ressortons pour manger un burger dans une institution de Venice Beach, Hinano Cafe (15 Washington Blvd, Venice). Le lieu, très animé avec son ambiance surfer et « à la bonne franquette », est réputé pour son cheeseburger « world famous ». Il y a quelques mois, Weezer avait investi le toit d’Hinano pour un concert-surprise. Parfait pour une dernière soirée avant de revenir au Erwin (où JP trouve encore une place gratuite !).

Les infos très pratiques
- Notre hébergement : Erwin (1697 Pacific Ave, Venice). Note : 9/10. Si vous avez un peu d’argent à mettre pour un emplacement génial, misez sur l’Erwin avec un balcon sur l’océan en plein coeur de Venice Beach. Fantastique et les chambres sont impeccables. Le parking, un peu cher, est facile à contourner. Voir et réserver sur Booking ou sur Hotels
- Nos bars et restaurants : Arts District Brewing Company (828 Traction Ave, Los Angeles). Note : 7/10. Bonne adresse de brasserie dans l’Arts District. Tenno Sushi (207 S Central Ave, Los Angeles). Note : 8/10. Même si les suhis sont chers, ils sont parfaitement réalisés. Hinano Cafe (15 Washington Blvd, Venice). Note : 8/10. Un vrai bar de plage. Ambiance, sueur et cheeseburger
- Nos visites : Venice Beach, Baldwin Hills SP, Walf of Fame, Arts District, Little Tokyo
L’album photos du jour





























J30. The end, de LA à Lyon

Jeudi 10 et vendredi 11/09/26. Dernier réveil à LA, à Venice et à ce super hôtel Erwin. Delphine regarde le lever de soleil et va se balader sur la plage… A cette heure, c’est un autre Venice : il y a des gens qui courent, font du yoga… et les autres encore endormis sur la plage, ceux qui promènent leur chien (ou leur chat !).

On prend le petit-déj, on re trie et on est libres. Et toujours cette chaleur, qui fait fondre (même JP demande à entrer dans les magasins toutes les 5 minutes!). On balade le long de la promenade, dans les rues, le long des graffs, autour de Muscle beach…
On va se prendre un dernier repas américain. Outre les stands, il y a de bonnes petites adresses dans le quartier. On choisit le Sidewalk café, une institution qui fête ses 50 ans et qui était jusqu’alors passé à travers nos radars. C’est l’un des seuls au bord de la promenade, ce qui nous permet de suivre le show permanent.

Nous prenons tranquillement le chemin de la voiture, se rafraîchir et se changer, et on prend la route de l’aéroport. Il y a des bouchons et on se sépare : JP va rendre la voiture tandis que Delphine attend au terminal avec les bagages.

Après réunification, tout se passe très vite (et bien). Notre avion est à 19h30, un vol de nuit avec Swiss. Ils nous font un truc inédit, on entre directement par groupes et c’est fluide. Nous nous retrouvons tout au fond mais dans une rangée de deux…

Nous arrivons à Zurich le 11 septembre (ce sont les 25 ans du 11-Septembre et les USA lancent leurs commémorations) en fin d’après-midi. Le prochain avion aura un peu de retard.
La suite est traditionnelle : retour, retrouvailles avec les chats, transferts des sacs… La galère du retour: cette année, un frigo éteint à la suite d’une coupure de courant. Royal. La vraie vie sait toujours se rappeler à notre bon souvenir !

L’album photos du jour
























































C’est le fin de ce roadtrip commencé dans le Michigan et qui s’est poursuivi sur le Route 66. On espère que vous aimé. N’hésitez pas à poser vos questions. Merci à VisitArizona, merci à Chapka, merci à Holafly, nos partenaires sur ce voyage et surtout, merci à vous pour vos milliers de messages.
On se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures.

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