Cimetières : un tourisme qui n’a rien de macabre

Vous le savez bien, lorsqu’on voyage, il y a certains lieux qu’on affectionne et qu’on recherche à chaque étape, avec le plaisir de les comparer. C’est le cas pour les zoos. Mais cette journée de Toussaint est l’occasion de vous avouer qu’on a aussi un petit penchant pour les… cimetières. Pas de panique, rien de macabre : on ne recherche pas particulièrement la compagnie des défunts, c’est plutôt l’occasion de voir la place qui leur est réservée selon les coutumes de chaque pays. Sociologiquement très intéressant. De découvrir parfois des parcs arborés dédiés à la promenade de la taille d’un petit village ou des lieux ouverts à la plus grande fantaisie. C’est drôle de faire le tour d’un cimetière italien où les tombes rivalisent de taille et de splendeur, comme si tout l’argent de la famille était passé dans ces véritables monuments, et a contrario de se balader aux Etats-Unis dans ce qui ressemble à des champs ou des jardins où tout le monde est à la même enseigne, dans des dernières demeures identiques : une simple pierre blanche gravée d’un nom, et dont l’ensemble représente des lignes dignes d’une oeuvre d’art abstrait. Des lieux qui ressemblent d’ailleurs plus à des parcs qu’on visite en voiture (voire avec une carte qui recense les plus illustres « occupants »).

Hollywood : neuf lettres pour une légende

Depuis 1923, c’est la plus grande enseigne publicitaire du monde, neuf lettres de légende perchées à 478 mètres de haut sur une colline et immortalisées dans des centaines de films : « Demolition Man », « Mulholland Drive », « The Artist »… (et bien sûr les Simpson). Plusieurs villes à travers le monde ont osé la reprendre : Pupillin dans le Jura, Meudon, Cullera (Espagne), Antananarivo (Madagascar)… Plusieurs fois menacé par le vieillissement et la pression immobilière, « Hollywood » fêtera l’an prochain, en 2013, ses 90 ans. S’il représente à lui seul le symbole du cinéma et du rêve américain, le panneau, devenu monument (inter)national, a été installé avec une tout autre vocation : la promotion d’un futur programme immobilier sur les collines alentours baptisé « Hollywoodland », qui devait durer un peu plus d’un an.

Morfale, j’ai mangé du « gator »

Vous connaissez la différence entre un crocodile et un alligator ? Premièrement, ils ne vivent pas aux mêmes endroits du monde (sauf dans les Everglades, en Floride) et tout est dans la tête : celle du premier est légèrement plus fine et pointue que celle du second, plus arrondie. Détail d’importance, lorsque le premier ferme sa gueule, deux dents restent à l’extérieur. Ni l’un ni l’autre ne nous ont croqué au cours de notre dernier voyage aux Etats-Unis, via le parc national des Everglades (lien vers le voyage), comme un capitaine de bateau en a fait l’horrible expérience (lien vers l’article ou HT) deux semaines avant notre passage. C’est même l’inverse : c’est nous qui avons croqué du « gator » comme on dit là-bas… sous forme de nuggets, juste après avoir rencontré plusieurs specimen « en vrai ». A table !

Bolinas, le village « dont il ne faut pas parler »

A une heure de route au nord de San Francisco (Marin county, Californie) se cache un petit paradis que les habitants (1300 âmes qui se sont vues décerner le titre de « plus obtus de Californie ») tentent depuis plusieurs décennies de faire « rayer » de la carte : c’est Bolinas. Une oasis de calme, de nature, envahie par les oiseaux, dans une lagune bordée de montagnes, où il fait bon manger des carottes bios, surfer et s’adonner à la peinture. Un coin de paradis tel que les habitants, qui ont fait leur la maxime « Pour vivre heureux vivons cachés » et n’hésitent pas à appeler leur village « la République de Bolinas », déplacent ou enlèvent régulièrement les panneaux de signalisation qui y mènent. Une tradition vieille de 40 ans (s’il y en avait un à l’entrée, il dirait sûrement « Bienvenue, merci de passer votre chemin »). Le panneau originel (« Bolinas : 2 miles ») sur la route 1 n’est jamais resté en place plus de… 36 heures ! Si bien que les équipes de l’Equipement ont abandonné l’idée même de le remplacer. Mais il est devenu lui aussi mythique, et se décline désormais sur des articles dérivés : tasses, t-shirts, casquettes…