Roadtrip

Roadtrip 66 Cent’ en live : Chicago, Illinois, Missouri et Kansas, le début de la Route 66

Article rédigé le 29 août 2026

Après une semaine à parcourir le Michigan, comme une mise en bouche, voici le plat de résistance. Il est temps de partir sur la Route 66, pour plusieurs semaines. Motels, diners, drive-ins, musées et des miles de bitume.

Pour nous, comme à la grande époque, la Mother Road commence dans la capitale du Midwest, l’incroyable ville de Chicago. Dans ce premier live estampillé Main Street USA, nous allons parcourir l’Illinois, le Missouri et le Kansas, les trois premiers des huit états traversés par la route.

Allez, c’est parti pour le deuxième live de ce roadtrip, le premier consacré à la route 66.

Vendredi 21/08/26. Cette fois c’est vraiment parti, on se (re)lance sur la Route 66, après une dizaine de jours autour du lac Michigan. Excités, on se réveille à Chicago sous un ciel beaucoup plus couvert qu’hier et on essuie même quelques gouttes de pluie. Nous quittons notre hôtel-motel, l’Ohio House, unique en son genre au milieu des gratte-ciel et des hôtels de chaîne (il résiste !). On l’a choisi pour ça, et pour commencer tout de suite dans l’esprit 66. Hyper bien situé, pas hors de prix, c’est vraiment un bon deal selon nous. Voir et réserver sur Booking ou sur Hotels

La première journée est toujours la plus dure. Il faut se rôder, sortir de la tentaculaire Chicago. Une journée de costauds nous attend, donc on se tient prêt assez tôt. Encore deux petits arrêts « pas 66 » : le resto de la série The Bear, Mr Beef (666 N Orleans St, Chicago), et un nouveau graff des Bears.

Et voilà que nous prenons la route pour uune institution de la Mother road où nous ne sommes jamais allés : Lou Mitchell’s (565 W Jackson Blvd, Chicago). C’est là que la tradition veut, depuis plus d’un siècle, que les automobilistes qui entament la Route 66 prennent le petit-déj.

Il y a la queue mais on nous attribue vite une table. Notre serveuse, Virginia, est adorable, elle nous offre des glaces, nous embrasse, pose spontanément pour les photos… La spécialité de ce Lou là, ce sont les omelettes (à la deep dish) et les pancakes; à 10h30, on peut aussi commander des plats. Il a sa propre boulangerie et se targue d’utiliser des produits frais et responsables (en plus de servir « le meilleur café du monde », mouais).

Les portions sont énormes, c’est très bon, mais il faut bien compter 15/20 dollars par plat. Un vrai repas ! Toujours dévoués aux expériences, on commande une omelette grecque (qui arrive dans sa poêle) et trois pancakes géants (les « meltaway », les silver dollars sont plus petits). Evidemment, on doit « boxer » ce qu’il reste. On est tellement gavés que notre imaginaire de départ sur la Route en prend un coup lol !

C’est parti !!!!!! Bye bye Chicago, à bientôt… La skyline défile au loin et on prend quelques gouttes de pluie en partant… On a noté plein de trucs sur le chemin, des incontournables comme des simples « pour info » et on va essayer de suivre au maximum le tracé originel, sans devenir chèvres non plus…

Le début, dans la banlieue de Chicago, n’est pas le plus évident. On va rester un moment dans la métropole de la grande ville….et s’arrêter sans arrêt toute la journée. L’illinois compte environ 300 miles de route 66. Let’s go.

Premier arrêt chez Henry’s Drive-in (6031 W Ogden Ave, Cicero), un petit resto so 66 avec un joli panneau et qui sert des hot-dogs de Chicago (pas de ketchup ici dans les hot dogs, c’est un sacrilège). Delphine a décidé d’entrer partout, et elle le fait. Ici, ça se fait, mais sur la 66, c’est même conseillé ! C’est surtout le panneau qui est culte et hyper photogénique.

Nous avons fait plusieurs arrêts à Berwyn, qui a une architecture d’époque et plein de panneaux publicitaires 66. Celui du Cigars & Stripes BBQ lounge (6715 Ogden Ave, Berwyn) – oui, un resto de BBQ qui vend des cigares – a même un muffler man (bonhomme publicitaire géant historique), sur le toit, avec une aile de poulet et un cigare ! C’est aussi là que le premier fast-food White Castle a vu le jour (il est toujours ouvert).

On passe par Lyons (notre ville avec un S), par McCook (qui a un panneau « Welcome to fabulous McCook », clin d’oeil à Las Vegas), et à Willowbrook pour voir un restaurant assez célèbre de la 66 dans l’état : le Dell Rhea’s chicken basket (645 Joliet Rd, Willowbrook). Une institution du poulet frit, visitée par le célèbre cuisto star de la TV, Guy Fieri. On passe une tête et c’est assez incroyable; ça peut être un bon plan, car ils ont, outre le poulet frit qui a effectivement l’air de déchirer, un buffet. Mais évidemment on n’a pas faim.

Située sur un des anciens alignements, cette petite ville de Plainfield n’est pas très célèbre sur la Route 66. Elle a une ancienne station reconvertie en restaurant et un block de bâtiments historiques, l’Opera house block. Mais elle est hyper agréable. On y traîne un peu. Ils ont un restaurant cajun qui semble tout droit téléporté de la Nouvelle-Orléans (le Moe’s Joe) et un magasin top où Delphine a un crush pour un t-shirt (en soldes en plus). La boss, Angela, est adorable et nous fait une réduction et un petit cadeau (une broche Audrey Hepburn du meilleur effet, les Roadettes, n’hésitez pas à passer une tête).

Il fait beau mais on sent que l’orage guette, l’air est hyper humide…. On verra !

Nous voilà à une « grosse » étape 66, Joliet, et c’est celle qui marque la sortie de la mégalopole de Chicago. Après, à nous les champs et les bleds pendant de nombreux miles.

Joliet est une « grande » ville (150 k), qui joue à fond le jeu 66. Nous découvrons plein d’installations en place pour le centenaire, des lettres géantes pour une pause photo, de nouveaux panneaux explicatifs et plein d’écussons affichés sur les différents commerces. La ville est aussi célèbre pour le tournage du film des Blues Brothers. On les retrouve un peu partout, sur le toit du glacier Rich & Creamy (920 N Broadway St, Joliet), la copmobile en haut d’un mât dans une station service (2410 S Chicago St, Joliet)…

Et il y a la fameuse et très photogénique Old Joliet prison (1125 Collins St, Joliet), que l’on peut visiter. Elle a servi au tournage des Blues Brothers mais aussi de Prison Break.

Le centre-ville est mignon comme tout. On s’arrête au visitor center (204 N Ottawa St, Joliet), qui va bientôt fermer, mais ils nous « tamponnent » notre passeport. Nous avons un passeport Route 66 et un collector du centenaire, qu’il faut faire tamponner dans certains établissements partenaires. Ici, ils nous en offrent un de l’Illinois, ainsi que des cartes postales. C’est une journée cadeaux, on avait oublié l’hospitalité toujours présente sur la 66.


Nous faisons aussi un tour au musée du rock de l’Illinois (9 W. Cass St., Joliet) et une photo de meur magnifique cinéma, le Rialto.

Depuis quelques étapes, on retrouve les mêmes gens: on discute, on se reconnaît, on taille le bout de gras. Des Allemands mais aussi des habitants de l’Illinois en mini roadtrip, seniors et familles. On se prend mutuellement en photos, etc… A toute!

Voilà une étape qu’on attendait : le Gemini Giant, l’un des plus beaux muffler men de la route (un astronaute), a été déplacé depuis notre dernier passage. En plus, on l’avait vu de nuit. Le resto dont il était l’emblème, le Launching Pad a été fermé et n’a pas retrouvé de repreneurs, puis il a finalement été sauvé et déplacé plus haut dans la ville, dans un parc (201 Bridge St, Wilmington). On voit encore son ancien socle. Il y a un nouveau magasin (qui est fermé) et encore des spots photo. Il est trop beau (de jour, ses paillettes vertes scintillent).

« Voilà, c’est ça pour moi la 66 ! » applaudit JP. Le Polk-a-Dot drive in (222 N Front St, Braidwood) est un historique diner familial, hyper classique, avec des statues d’Elvis, Marylin, des Blues Brothers, de Betty Boop… qui sert des classiques de diner (déco clichée à souhait, sol damier, etc). Fondé en 1956 par Chester « Chet » Fife, il doit son nom au bus scolaire à pois (polka dots) qu’il utilisait pour vendre ses premiers burgers.

Les tarifs sont presque incroyables : à partir de 2,79 dollar le cheeseburger, des salades, etc… rien n’excède 10 dollars et il n’y a même pas de pot à pourboire puisqu’on se « sert » seuls. On prend des petits trucs (leur spécialité sont les frites au chili et au fromage…) et un sundae caramel… (avec les boissons, on tutoie les 25 dollars, ça fait plaisir !).


En plus on a retrouvé nos « copains » de route. Et mis des sous dans le jukebox pour assurer la musique !

La radio se coupe pour une alerte à la… tornade ! On voit le ciel menaçant au loin et la lumière est irréelle (on dirait que le soleil va se coucher alors que ça se passe dans 2 heures !). On fait un arrêt à Gardner (les cigales chantent plus fort que jamais, jour et nuit, c’est vraiment impressionnant), où se trouvent une ancienne double cellule de prison (l’histoire est racontée quand on appuie sur un bouton, 400 E Mazon St, Gardner), et juste à côté, un ancien diner dans un wagon, le Riviera…

Passé 16 heures, sachez le, la plupart des magasins and co ont fermé, mais ça ne nous empêche pas de faire nos arrêts (à peu près toutes les 10 minutes). On traverse les champs de maïs et, à plusieurs reprises, on longe des portions historiques de la 66, en briques, fermées au fil des différents réalignements…

Deux stations magnifiquement restaurées sont à voir sur la Route, à Dwight (où il y a aussi un resto-institution, le Route 66 Family restaurant, avec des murs peints, 105 S Old Rte 66, Dwight) et à Odell. Entre les deux (à Cayuga), on peut voir d’anciennes cabanes de bois dont le toit a servi d’emplacements publicitaires aux grottes de Meramec (il y en a eu jusqu’à 400 !). On arrive à suivre à peu près le tracé historique. On est bien !

Voilà une autre étape importante pour les « 66ters ». Pontiac est une jolie petite ville avec plein de choses à voir, des murs peints partout (dont un giga écusson 66), une magnifique cour de justice, des musées (on peut y voir le van de Bob Waldmire, icône de la 66, représenté par le personnage de Fillmore, le VW babos dans le film « Cars »), un musée automobile… Malheureusement pour nous, tout est en travaux (ils espèrent finir pour la date anniversaire officielle, en novembre).


On balade quand même et, après cela, le jour est trop tombé pour les photos, mais on fait quand même des arrêts…

On s’arrête à des portions en briques du tracé historique, on prend des virages à 90 degrés, on s’arrête voir un couple de muffler men qui veillent sur un glacier (à Normal, 1700 W College Ave, Normal), voir un autre resto culte de la route, chouchou des routiers (le Dixie’s à McLean, 315 Dixie Rd C).

On entend le tonnerre et les éclairs déchirent le ciel au loin. Il est 21h15 et on arrive à notre point d’étape pour la nuit, Atlanta (Illinois, bien sûr !). On a réservé une chambre dans le seul motel de la ville (!), un Travelodge (mais ancien authentique Trails inn, 103 Empire Street, voir et réserver). On peine à le trouver, à l’arrière d’une aire de repos de routiers ! Accueil adorable, chambre hyper propre, on va être bien. On a choisi l’endroit pour être à un super musée demain matin dès potron minet.

Ah et l’orage a fini par arriver jusqu’à nous!

  • Un petit-déj (qui tient bien au ventre) chez Lou Mitchell’s (Chicago)
  • Joliet, ville des Blues Brothers
  • Le Gemini giant (Wilmington)
  • Polk a dot (Braidwood)
  • Les stations de Dwight et Odell
  • Pontiac
  • Notre hébergement : Travelodge by Wyndham, ancien Trail Inn (103 Empire Street). Note : 6/10. Efficace, propre mais emplacement sur un parking de routiers quoi…  Voir et réserver
  • Nos bars et restaurants : Lou Mitchell’s (565 W Jackson Blvd, Chicago). Note : 8/10. Une institution. A faire absolument avant de partir. Polk a dot drive in (222 N Front St, Braidwood). Note : 6 sur la bouffe, 10 pour le prix, 9 pour l’ambiance. Génial.
  • Nos visites : sur la route 66 de Chicago à Atlanta, Illinois

Samedi 22/08/26. Il a plu à torrents cette nuit mais ce matin, grand soleil, comme si rien ne s’était passé. Ce petit motel est vraiment bien, propre, tout fonctionne et il y a même un petit-déj, avec de curieux croissants/burgers à faire chauffer au micro-ondes… On capitalise un peu sur la yaourts, fruits et céréales et on reprend la route.

Une belle portion de Route 66 nous attend encore aujourd’hui : la suite de l’Illinois et le début du Missouri. On a pas mal préparé nos arrêts principaux mais on en a trouvé d’autres en discutant avec les gens et en lisant les prospectus touristiques qu’on récupère un peu partout. Et on arrive encore à se faire surprendre en s’arrêtant au bord de la route.

On commence par Atlanta, celui de l’Illinois hein, pas de coca cola et de Géorgie. On a dormi exprès ici pour voir une « roadside attraction » qui n’existait pas lors de notre dernier passage : l’American Giants Museum (100 SW Arch St, Atlanta). Atlanta avait déjà un muffler man culte, un Paul Bunyan avec son hot dog, mais un passionné, Lee, a installé un petit musée à quelques centaines de mètres avec une énorme collection.

A l’extérieur, une impressionnante brochette: un indien, un astronaute, un chevalier, un officier… Il y en a aussi à l’intérieur et d’autres sont stockés dans le bâtiment d’en face en attendant d’être exposés. C’est magnifique. Il y a aussi une dame, Lumi (reine des tartes, un peu plus loin, 606 E South St, Atlanta) et une tête géante dans le Dairy Queen de la station Shell. C’est l’occasion rêvée pour Delphine d’inaugurer son Polaroid. C’est pas trop stylé, pour un roadtrip 66 ?!

A la boutique, où il y en a encore, on rencontre le fameux boss, Lee, qui a commencé à faire collection il n’y a pas si longtemps mais est un passionné. On achète quelques petits souvenirs, on se fait tamponner le passeport, tout le monde est adorable… Il y a un peu de monde en ville, mais franchement rien du tout pour un samedi. Ils sont tous à la State Fair, la foire d’état qui se finit ce week-end à Springfield…. En partant, on claque la photo de leur château d’eau, autre emblème de la ville, un smiley.

Prochaine étape (le soleil tape, on cuit) : Lincoln, qui a plein d’hommage au président Abraham, qui a fait carrière à Springfield, à quelques miles d’ici.

Il y a pas mal de choses à voir : une jolie cour de justice, un centre historique… mais surtout, et ils l’ont ramené au centre depuis notre dernier passage, peut-être pour le championnat du week-end prochain, le plus grand wagon du monde avec « Abe » en pilote, accompagné d’une… pastèque.

Il y a aussi un autre monument dédié à ce fruit car Lincoln est la seule ville à avoir pris le nom du président de son vivant. Le 29 août 1853, il a baptisé la ville en versant le jus de deux pastèques sur le sol (101 N Chicago St, Lincoln). Et on trouve une drôle de cabine téléphonique sur le toit de l’Hôtel de ville. C’était pour surveiller les tornades (700 Broadway St, Lincoln).

Après le panneau du restaurant The Tropics (1109 Hickox Dr, Lincoln) et the Mill Museum on Route 66 (738 S Washington St, Lincoln), on suit la route historique, à travers champs (les différentes tracés historiques sont indiqués), on fait des arrêts toutes les 5 minutes (le panneau hommage à un ancien restaurant détruit par un incendie (le Big Hip à Broadwell), l’Old station (à Williamsville, transformée en magasin d’antiquités fermé et en club… de sport)…

Ce n’est pas celui des Simpson (il y en a des dizaines aux Etats-Unis) mais ce Springfield là, qui est la capitale de l’état, offre beaucoup de choses 66 à voir. Comme on disait, c’est la Foire d’état, et c’est… le bordel. Une giga fête foraine qui dure 10 jours, avec de super concerts (on a raté Ella Langley hier soir, Lainey Wilson un peu avant et ce soir les Chicks qui clôturent), des exposants, de la bouffe…

Il y a tellement de monde qu’on ne peut pas aller visiter la Route 66 Expérience (sorte de Route 66 en miniature avec plein de panneaux and co, gratuit, 801 E Sangamon Av). Tant pis, on se « contentera » de la vraie. C’est tout nouveau et ça nous a rendu curieux…

Après le capitole, on va voir un autre muffler man (le Lauterbach, devant l’entreprise mécanique éponyme, 1569 Wabash Ave, Springfield) qui tient un drapeau et on retourne à une halte qu’on n’a jamais oubliée : le Cozy dog drive-in (2935 S 6th St, Springfield). Ce petit fast food, so 66, dont l’emblème est un couple de saucisses, se targue d’avoir invente le corn dog moderne, une saucisse entourée d’un beignet de maïs ! Ambiance pur jus, on se fait un petit croque (trempé dans leur sauce fromage maison) et c’est le paradis !

On enchaîne avec quelques vieux panneaux vintage puis avec une autre curiosité dont on n’avait jamais entendu parler : le Motorheads, présenté comme un bar, grill, musée, magasin et « complexe de divertissement » (2935 S 6th St, Springfield).

Pas exactement sur la Route 66, il mérite pourtant un arrêt. Il y a une dizaine d’années, un (autre) passionné a transformé une ancienne station-service Stuckey’s des années 1970 en lieu à thème avec plein de belles voitures, plaques, etc. On visite et on s’arrête y boire un verre. Le spectacle commence dès l’extérieur avec plein de vieux panneaux, un muffler man (Ron) puis un musée gratuit… A noter sur sa to-do-list. On peut aussi y manger et les plats qu’on a vus passer avaient l’air très corrects.

On retrouve la nature et la solitude pour prendre une rare portion de 66 d’époque, en briques rouges, à Auburn. C’est ma-gni-fique. On en a déjà croisées, mais sur celle-ci on peut rouler et on s’y croirait.

Autre arrêt du même genre à Girard où un panneau indique une vraie curiosité, unique sur la route: les « Turkey tracks » (26618-27306 Donaldson Rd, Girard). En gros, lorsque la route a été goudronnée, des dindes sont passées par là et ont laissé l’empreinte de leurs pattes! Un peu comme les stars d’Hollywood sur le Walk of fame. Très drôle.

On continu avec Carlinville qui a une somptueuse cour de justice, un joli centre (et, en face, une ancienne prison dont les murs sont en boulets de canon, pour éviter les évasions). Il y a des écussons 66 jusque sur les bottes de paille ! On est étonnés de voir la Mother road, en cette année de centenaire, n’avoir soit pas bougé d’un iota soit au contraire s’être développée….

Next stop : Litchfield, qui a un joli musée-visitor center (qui vient de fermer). Mais surtout le restaurant où l’on a prévu de manger. Une « institution » de la Route 66, née deux avant elle, faussement classe et très familiale. A l’Ariston (413 Old Rte 66 N, Litchfield), les serveurs sont en tenue, les tables nappées de blanc et le parking blindé. Le resto sert de la viande, des fruits de mer (!), des plats grecs et a un bar à soupe et salade (pour 5 dollars en plus).

On s’installe au bar avec une serveuse trop cool et déjantée, Cyndi. Delphine se « purifie » avec une option bar à soupe et salade (ça commence à faire du bien au bout de 10 joursn!) et un sandwich club tout simple à se damner. JP mise sur les enchiladas pour avoir la joie de remanger avec des couverts (un manque qui nous saute toujours aux yeux !).

C’est parfait, et encore une fois à prix 66 (plats à 12 dollars…). On se marre car Cyndi veut abbbsolllument nous faire le show du dessert : un peu comme chez nous avec les chariots de desserts, ils arrivent avec un grand plateau blindé de parts de gâteaux géants ! On passe notre tour mais bel effort.

Litchfield est aussi l’une des villes de la 66 qui a encore un cinéma drive-in en plein air… On espère pouvoir se faire ça mais ils tournent souvent uniquement le week-end et celui qu’on avait visé a fermé pour cause de météo et de mauvaise saison…. Allez, retour sur la route.

Nous stoppons à la Soulsby Service Station (710 W 1st S St, Mt Olive), une station authentique et classée. Elle est très belle et, en voyant le petit mot sur la porte « la porte est ouverte, entrez ! ». Delphine pousse la porte et… c’est ouvert. On est tout seuls au milieu de trésors ! Il y a des caméras, mais quand même. C’est la belle surprise de la journée.

Alors que le soleil commence à se coucher (et que ça va fermer), on s’arrête à un stop devenu hyper hype : le Pink Elephant Mall (908 Veterans Memorial Dr, Livingston). Il y a quelques années, on s’y était arrêtés presque par hasard, et aujourd’hui il s’est énormément développé. Il y a plein de nouvelles statues (dont une de Trump, acquise par le précédent propriétaire), un muffler man, de (vraies) poules…. Le lieu abrite un énorme magasin d’antiquités, un glacier, un magasin….

Le soleil se couche vraiment lorsque l’on ressort. On s’arrête juste au Luna Cafe (201 E Chain of Rocks Rd, Granite City), qui a un joli panneau et est célèbre pour avoir été une planque d’Al Capone. En tout cas, c’est la rumeur. Dans cette ville, il y a aussi des muffler men.

La nuit tombe vite, on a fait nos arrêts prioritaires (et déjà vus les prochains), du coup on quitte la 66 pour l’autoroute, qui nous fait traverser Saint-Louis, reconnaissable à son emblématique arche. Nous ne nous y arrêtons pas cette fois mais nous y étions l’an dernier (à lire ici pour les spots). Nous voilà dans le Missouri. On appelle le motel de ce soir car on n’a rien reçu et peur qu’ils ne nous attendent pas (mais non, tout est ok !).

Voilà un arrêt pas 66 mais qu’on attendait : Wally’s. Une station service (il y en a trois) qui ressemble comme deux gouttes d’eau à notre Buc-ee’s texan adoré. C’en est même quasi gênant… La mascotte est un ours, il y a un stand de BBQ, le même genre de goodies et de rayons, des dizaines de pompes, de la promo sur la propreté des toilettes… Bon, c’est en-dessous quand même et l’ambiance n’est pas la même. On prend de l’essence (la moins chère depuis le début) et quelques trucs de ravitaillement pour grignoter ce soir et les prochains jours.

Oui, comme c’est rigolo qu’il y ait un Atlanta, il y a un Cuba sur la Route 66. Célèbre pour avoir le plus ancien motel encore en opération, le Wagon Wheel (901 E Washington Blvd, Cuba), qui date des années 30. Voilà un moment qu’on voulait y dormir et c’est ce soir. On a la chambre 3, une petite maison en pierre au milieu (qu’on met un peu de temps à trouver).

C’est tout simple mais adorable. On reconnaît la voiture des voisins, rencontrés ce matin au musée des American Giants. On se pose tranquillou, il est tard. En cas de faim, on a du Bucee’s (euh oups, du Wally’s!) dans le sac. Mais on tombe.

  • Atlanta et ses muffler men
  • Le Cozy Dog Drive in de Springfield
  • La portion de route en briques d’Auburn
  • L’Ariston Café de litchfield
  • Mention à la Soulsby station de Mt Olive et au Motorheads
  • Le Pink elephantMall de Livington
  • Le Wagon Wheel Motel de Cuba
  • Notre hébergement : TWagon Wheel Motel (901 E Washington Blvd, Cuba). Note : 7/10. Pour la légende ! Après, c’est à l’ancienne, assez rustique.  Voir et réserver
  • Nos bars et restaurants : Cozy Dog Drive in (2935 S 6th St, Springfield). Note : 8/10. A faire absolument, même pour un croc à 3,50 $ le corn dog. Motoheads (600 Toronto Rd, Springfield). Note : 8/10. Incroyable complexe à Springfield. Il y a autant à voir qu’à consommer. Ariston Café (413 Old Rte 66 N, Litchfield). Note : 9/10. La Route 66 dans toute sa splendeur. Faussement guindée comme à l’époque avec des prix tout doux
  • Nos visites : sur la route 66 de d’Atlanta, Illinois, à Cuba, Missouri

Dimanche 23/08/26. En se réveillant ce matin dans notre motel historique, on a eu l’impression d’avoir remonté le temps pendant la nuit. D’autant qu’on est tombés comme des masses sans manger notre Wally’s (qui fera office de petit-déj).

On va chercher le café à la réception. C’est super, hyper bien rénové/conservé mais c’est quand même petit, étriqué. On ne traîne pas à Cuba de toute façon car on a une activité prévue. Visiter les…

C’est, et depuis des décennies, l’une des attractions les plus célèbres de toute la Route 66 : les Meramec caverns. Un complexe touristique qui comprend les grottes (redécouvertes, cocorico, par un Français, Philippe Renault, venu récolter du salpêtre au 18e) mais aussi une tyrolienne, des bateaux, un resto, un gifs-shop, un motel, etc etc…

Très souvent, nous sommes passés devant mais on ne les a jamais visitées, pour plein de raisons. Le temps, le côté touristique, le prix aussi (une trentaine de dollars par personne…) avaient au raison de notre envie. Mais cette fois, on se lance (pour réserver, le site officiel).

Commençons, bien sûr, par les stars, les grottes. Déjà, le lieu est hyper agréable, en pleine nature à l’écart de la route. Il y a des visites environ toutes les demi heures, on se raccroche à la prochaine, après avoir enfilé un pull de sécurité. Ces grottes sont aussi célèbres pour avoir servi de planque à Jesse James et son frère Frank après l’attaque d’un train.

Nous sommes agréablement surpris par la visite (même Delphine, qui déteste les grottes). C’est le jeune Devon, qui ne manque pas d’humour, qui sera notre guide. La visite dure 1h20/30 (on ne les voit pas passer) et il fait 10 degrés en permanence. On passe de salle en salle en découvrant à chaque fois des formations rocheuses différentes. La salle de bal (elle a servi pour de nombreux événements, un bal de promo, servi de… parking), il y a une rivière souterraine… On joue à l’écho, au noir total… Il y a eu quelques tournages ici (Tom Sawyer, Lassie 2).

Bon, ça « dégénère » un peu à la fin, à l’américaine, avec un son et lumière hyper patriotique, chanté par une gloire de la grande époque, Kate Smith. On y voit des soldats, les grands monuments américains, des scènes de joie. Muricaaaaaaa pur jus !

Après avoir retrouvé la surface, on enchaîne avec la petite croisière sur la rivière. On peut aussi louer des kayaks et des raftings. C’est rapide mais agréable et très intéressant. On croise des petits hors bord comme des baigneurs, le passage des dernières crues, des tortues plongent à notre passage…

Verdict : c’était super ces Meramec Caverns. On recommande aux voyageurs pas trop pressés et/ou qui n’ont jamais visité de grottes. Aux familles aussi. Cela donne un petit aperçu de l’immense région des Ozarks.

On revient sur nos pas, on repasse devant le motel Wagon Wheel…. Cuba a mis les petits plats dans les grands pour l’anniversaire de la 66 : des panneaux, des banderoles dans les rues, des gâteaux d’anniversaire géants… C’est ici qu’on décide de casser une croûte avant de poursuivre. Il y a pas mal d’options, dont un très bon BBQ, voisin de notre motel, le Missouri Hick BBQ (913 E Washington Blvd, Cuba) mais on choisit le Frisco’s (121 S Smith St, Cuba), sur le thème de l’histoire locale du chemin de fer.

Incroyable, le bar est fumeur (on n’avait pas vu ça depuis un bail, désolés). On s’installe dehors sur la terrasse et on commande un truc tout simple, qui mettra lonnnnngtemmmmps à arriver (ça va que ce sont des prix « 66 »). On se dépêche car on est assaillis de…. mouches. Nous qui étions tristes de ne pas voir assez d’animaux, on est servis.

On enchaîne avec l’ancien « plus grand rocking chair du monde » (détrôné par celui de Casey) de Fanning, juste à la sortie de Cuba (5957 State Hwy ZZ, Cuba). Une fois encore, le magasin qui va avec est fermé. C’est dimanche et c’est encore plus calme que les jours précédents. Comme à chacun de nos passages par contre, un chat résident nous fait la cour… Le ciel s’est (encore) couvert d’un coup.

C’est plutôt facile de suivre la 66 historique. Il y a même des panneaux qui indiquent deux tracés différents et on les suit pas mal aujourd’hui. Nous prenons les autoroutes/interstates de temps en temps ou quand la nuit est tombée ou qu’on sait qu’il n’y pas grand chose ou qu’on a déjà fait.

Mais s’il y a de nouvelles « roadside attractions », certaines ont aussi complètement disparu. D’anciennes stations services par exemple sont devenues de « banales » habitations. Parfois, on longe carrément l’autoroute en mode tranquille. A notre grand désespoir, on ne croise toujours pas de biches mais une marmotte (l’an dernier, il y en avait carrément une au centre-ville!).

Cette petite ville qui a une université (pas encore rentrée) a plusieurs points 66 à montrer (dont un joli mural en ville) mais on ne s’arrête qu’à l’ancien panneau (génial) du Trading post indien, le Totem pole, ancien magasin d’antiquités (1413 Martin Springs Dr, Rolla).

Après avoir essuyé quelques gouttes de pluie et traversé ce qu’on appelle le « hooker cut » (là où la roche a été « coupée » pour faire passer la route), on passe le magnifique pont de Devil’s Elbow (le coude du diable), un grand classique de la 66. Malheureusement, le bar qui le jouxte, fermée depuis la crue de 2017, l’est toujours.

Celui-ci est récent, pas de l’époque 66 (2015), mais il a magnifiquement su en ressusciter l’esprit. Uranus (une autre planète !) est un complexe de divertissement avec des panneaux, des voitures rigolotes, des statues, un muffler man patriotique, un bus, la plus grande boucle de ceinture du monde, un musée « freak show », une fausse prison et, bien sûr, un gift shop qui vend du fudge et plein de produits rigolos avec des slogans comme « le meilleur fudge vient d’Uranus ». Cette fausse ville a même un maire, Louie, son créateur et une députée. Le concept est poussé à fond et Uranus (14400 State Hwy Z, St Robert) a même sa propre musique.

Le soleil commence à tomber derrière les nuages lorsqu’on arrive à St Robert. Pas assez pour que leur superbe « neon park », ouvert récemment, (un petit parc avec des panneaux vintage qui s’allument à la nuit tombée, qu’on avait découvert l’an dernier) soit allumé (133 Reed Pkwy, St Robert). Tant pis, on continue. Ca ressemble à ça :

Photo Facebook St Robert NP


L’horizon rougeoie un dernier coup et nous conduit à reprendre l’autoroute…

C’est certainement notre panneau préféré de toute la route ou pas loin : celui du motel Munger Moss C’est l’un des plus grands aussi. On s’y est arrêté plein de fois (toujours de « jour ») mais là, wow, il est allumé. Le motel, on ne sait jamais vraiment où il en est… Maintenant, on sait.

Ce n’est plus un motel mais il a été transformé en appartements et la boutique est…. ouverte (presque tout ferme à 16h et là il est 20 h passées). Il y a du nouveau : un « monument » en forme de pick de guitare avec un slogan: « Get your picks on Route 66 ».

On ne va pas tarder à en savoir plus : le boss (du gift shop) est là. Et c’est une star. Jesse McEntire, qui a chanté toute sa vie la Route 66 (et créé une sorte de guitare 66 et fait des duos avec une gloire américaine, Loretta Lynn), nous raconte tout. Il a l’ambition de faire revivre l’esprit 66 ici, d’installer une guitare géante et de lancer une radio sur Youtube, qui fasse la part belle aux auteurs plus qu’aux chanteurs…

Nous restons une plombe dans le gift shop avec lui et George (un habitant des lieux depuis un an et l’incendie de sa maison). Il nous offre son CD, un savon (!) et sort sa guitare : on entonne gaiement « Country roads » (« la chanson la plus connue par les Européens ! »). On lui chante la version française de Dick Rivers et l’horloge a avancé… Un moment fantastique mais qui a retardé nos projets d’arriver tôt, une fois.

D’autant qu’un vieux pote nous attend sur la route : Buc-ee’s, le castor a une antenne à Springfield. Ohlalala, notre castor texan préféré a encore élargi sa gamme, a des trucs trop cool, fait maintenant du parfum, des bonbons… On achète plein de goodies (comme d’hab) et un truc à manger pour ce soir. Ses prix sont toujours hyper attractifs.

A 22 h eures passées (alors que le check-in est censé être terminée), on arrive à notre hébergement. Un gros coup de coeur de JP : le Rockwood Motor Court (2200 W College St, Springfield, voir et réserver), dans une ancienne station-service, datant de 1929. On a pris une chambre assez grande (dans l’ancienne station, le cottage Fill Ur Ep).

C’est magnifique et on oublie vite la fatigue avec l’accueil de Phyllis, qui nous fait faire le tour du propriétaire. L’hospitalité légendaire de la 66 (qu’on n’a pas toujours trouvée) à son paroxysme : il y a des petits snacks de bienvenue, des produits de toilette et il y a crush avec DayDay. C’est le hug en moins de 10 minutes. On est heureux comme des coqs en pâte. On en profite pour vider et ranger un peu la voiture….

Bref, cette route est toujours magique, et surprend chaque jour….

  • Le Wagon Wheel Motel à Cuba (Missouri)
  • Les Meramec caverns à Sullivan (Missouri)
  • Le Devil’s Elbow Bridge
  • Le Munger Moss Motel et son panneau à Lebanon (Missouri)
  • Le Rockwood Motor Court à Springfield (Missouri)
  • Mentions à Uranus, au Shamrock court et à Bucee’s bien sûr
  • Notre hébergement : Rockwood Motor Court (2200 W College St, Springfield). Note : 9/10. C’est du quasi parfait. Plus vieux motel de la route 66, ancienne station service, c’est un petit bijou.  Voir et réserver
  • Nos bars et restaurants : Frisco’s (121 S Smith St, Cuba). Note 5/10. Lent, moyen… On a été déçus malgré la déco
  • Nos visites : de Cuba à Springfield, Missouri, sur la route 66. Les Meramec Caverns sont un peu plus au nord de Cuba (pour réserver)

Lundi 24/08/26. Nous avons traîné un peu dans notre ancienne station ce matin (Rockwood Motor Court, 2200 W College St, Springfield, voir et réserver), on était trop bien… D’autant que dehors, il pleut à verse (on aperçoit un soupçon d’arc-en-ciel) et qu’il nous est arrivé un drôle de truc dans la nuit. Vers 4h30, ça a frappé à la porte… JP est allé voir, c’était une nana pas en super état, un peu junkie, qui venait demander… l’heure. Elle est revenue un moment à la charge !

Phyllis, la proprio, qui a repris le motel en 2019 après toute une carrière dans la restauration avec son mari banquier, était trop gênée et hallucinée lorsqu’on le lui a dit. D’ailleurs, ça a été un total crush avec elle. Elle a même offert des boucles d’oreilles à Delphine et s’est abonnée à nos réseaux sociaux.

Nous avons adoré notre nuit : le lieu est dingue, et tout est minutieusement pensé : « le Diable se cache dans les détails, non?! » sourit-elle. Les détails, c’est une déco travaillée, des petites attentions… Les parties communes sont fantastiques (et il y a même une tortue, Billy). Un dernier hug et on reprend la route, pour visiter Springfield. Ce motel est historique, c’est le plus ancien de la Mother road, mais pas continuellement en opération, il a été plusieurs années un complexe d’appartements.

Springfield est une ville très 66 pour une raison évidente. C’est le berceau de la 66. C’est ici, en avril 1926, que Cyrus Avery et les représentants des associations routières, ont donné naissance à la 66, en validant définitivement son nom depuis l’hôtel Colonial.

La ville, capitale officieuse des Ozarks (170 000 habitants), est un peu bizarre, dans sa construction et sa population… Mais elle a aussi beaucoup d’atouts : de chouettes établissements, une mosquée digne d’un palais des 1001 nuits, de superbes diners et une nouvelle arche d’entrée de ville (la Queen’s gate, 1700-1714 U.S. Bicycle Rte 66, Springfield), avec une route « musicale » à écouter en roulant à la bonne vitesse.

Juste à côté, l’ancien Rail Haven (203 S Glenstone Ave, Springfield), repris par Best Western, mérite un coup d’oeil (ou une nuitée). Sa plus grande fierté est d’avoir accueilli Elvis Presley un soir de concert. Il y a des chambres à thème, certaines avec des lits dans une voiture ! On avait hésité.

Là, on se prend une de ces radées. On attendait la pluie mais pas ça. L’horizon s’assombrit, les éclaires tombent à quelques centaines de mètres et on a rarement entendu un tel tonnerre. Après un passage au visitor center, relocalisé au centre-ville (l’état n’a pas de passeport 66, pour les amateurs), on prend une grande décision. Nous allons faire une pause pour aller manger, vu que la pluie est annoncée pour durer une bonne heure voire plus.

Direction le Black Sheep Bugers & Shakes (209 E Walnut St, Springfield), une gloire de l’état, régulièrement citée comme servant le meilleur burger du Missouri (ils ont plusieurs antennes). On est trempés et bon sang ici, ils mettent la clim à fond. Joli décor, bonne musique, service aux petits oignons…

Le menu est simplec: plusieurs sortes de frites (à partager), une dizaine de burgers hyper quali. Les musts sont l’Ugly cheeseburger, le Don’t go bacon my heart, le Bleu’s Brothers et le Foodie si vous y passez. Nous y ajoutons des cheese curds, des beignets de fromage. Un ré-gal, dégusté avec plein de sauces maison… On n’aura pas le courage pour leur autre spécialités, les shakes (milkshakes hyper travaillés, avec ou sans…. alcool).

Lorsqu’on ressort, ô surprise, grand soleil, chaleur tropicale, rues complètement sèches comme si rien ne s’était passé. Sacré Midwest !

Nous faisons encore quelques arrêts le long de la 66. Le musée, History Museum on the Square, étant fermé aujourd’hui, notre meilleur est probablement la sculpture Hubcaps on 66 (1000 W College St, Springfield). On zappe le magasin outdoor Bass Pro shops qui a ses quartiers généraux ici pour cette fois, et un aquarium incroyable, ainsi que l’école où est allé… Brad Pitt. Il n’y sera pas.

Nous terminons avec un passage (digestif !) au Relics Antique hall, « le plus grand du Missouri » (2015 W Battlefield Rd, Springfield). Il est grand, mais pas hyper intéressant, il y a beaucoup de vendeurs indépendants, de créateurs, et quasi pas d’objets 66.

C’est une « petite » journée aujourd’hui, on « get nos kicks » et on reprend la 66. Les paysages commencent à changer, on quitte les forêts des Ozarks et on approche des grandes plaines… La température fait un bond de 5 degrés d’un coup.

On est lundi, et de nombreux arrêts prévus sont fermés. Certains étaient annoncés ouverts mais c’est quelque chose qui arrive régulièrement sur la 66. Cela fait partie du charme de la route, c’est un peu la loterie. Grosse déception en trouvant le portail fermée à la station Gary’s Gay Parita (21118 Old 66, Ash Grove).

C’est une station construite vers 1930 par Fred et Gay Mason. Elle a pris le nom de la femme de Fred, Gay, et le mot « parita », « égal » en espagnol, pour montrer qu’ils étaient des partenaires égaux. Reprise et rénovée par Gary Turner, décédé en 2015, la station a été reprise par sa fille, Barb. On se régale quand même de l’extérieur…

Idem à la Spencer Station suivante (19720 Lawrence 2062, Miller)… En même temps, les choses changent, et on ne sait jamais vraiment si ce sont des choses à « voir » ou s’il y a des commerces ouverts et quelqu’un qui attend…

Rebelote à Avila, une toute petite commune qui compte notamment un glacier, le Lottie’s Soda Shoppe… Mais la route est agréable, on est presque seuls au monde au milieu des champs, seuls quelques vaches et chevaux accompagnent notre route qui ici est une ligne droite qui semble n’avoir pas de fin.

Arrêt à Red Oak 2 (10917 County Loop 122, Carthage), une « ville » d’époque reconstituée par l’artiste Lowell Davis. Là encore, on a du mal à discerner ce qui est « fantôme » et habité (il y a les deux). On est, encore une fois, seuls au monde aux milieux des bâtiments et des sculptures. Il y a un gift shop – visitor center (… fermé) et des concerts au pied de l’église le samedi soir.

On arrive pour une fois « tôt » à notre étape pour la nuit, Carthage. On s’y était arrêtés avec bonheur il y a quelques années déjà, lorsque deux soeurs avaient rouvert un motel pur jus, le Boots Court motel (107 S Garrison Ave, Carthage, voir et réserver).

Ce motel de 1939, construit par Arthur Boots, a un look art deco épuré (Streamliner), de magnifiques néons et des abris intégrés pour les voitures (carports). Clark Gable y a séjourné deux fois (1942 et 1947), Mickey Mantle et Gene Autry l’ont aussi fréquenté.

Il y a désormais un nouveau propriétaire qui s’est relevé les manches : il a tout modernisé en gardant l’esprit vintage. Toujours les néons incroyables, pas de TV mais des radios dans toutes les chambres, au parquet impeccable. Juste avant, on fait un arrêt chez Walmart pour s’acheter fruits et salades. Il faut qu’on fasse un petit break de bouffe américaine.

La dernière fois à Carthage, on était allés au cinéma drive-in, le 66 Drive-in (17231 Old 66 Blvd, Carthage), mais il ne fonctionne que le week-end. Alors on avait visé l’Admiral de Tulsa (7355 E Easton St, Tulsa), d’habitude ouvert tous les jours, mais qui a fermé en raison d’une mauvaise saison… Alors, on se creuse la tête pour notre drive-in.

On check-in en plein coucher de soleil magnifique. Les nouveaux boss ont rénové le commerce voisin qui a été transformé en réception, gift shop et visitor center. On prend notre quartier dans le chambre 8. Les voisins discutent entre eux, un couple de seniors a installé ses chaises de camping pour se faire un apéro-mots croisés…

Et, étonnant, tout le monde prend des photos sous tous les angles. On croirait que le temps s’est arrêté. Un peu de boulot, de prépa, de verdure et au lit ! On entend le train et, comme tous les jours, le chant des cigales.

  • Springfield, le berceau de la mother road (et de Bass Pro Shops)
  • Gay’s Gay Parita (Ash Grove) même de l’extérieur
  • Red Oak 2 (Carthage)
  • Carthage et son Boots Court Motel
  • Notre hébergement : Boots Court Motel (107 S Garrison Ave, Carthage). Note : 8/10. Perle des années 30. Encore un motel pour une expérience pur jus et pleine de nostalgie. Les chambres ont été parfaitement rénovées. Voir et réserver
  • Nos bars et restaurants : Black Sheep Burgers & Shakes (209 E Walnut St, Springfield). Note 8/10. Excellent niveau de burgers (wagyu) et les frites, comme leurs sauces, sont à tomber. C’est un des fleurons de Springfield
  • Nos visites : sur la Route 66 de Springfield à Carthage

Mardi 25/08/26. On a bien dormi dans notre Boots Court. Il y a du café (et de la glace) à la réception. On part assez tôt, et il fait déjà super chaud. Cela nous rappelle au bon souvenir de la canicule française, en plus humide. On s’arrête au visitor center voisin, ouvert par la fondation du motel – il y a des trucs très chouettes et locaux, et un bon de 10% pour les clients du motel – puis on fait un tour de Carthage.

La ville, dont l’emblème est la feuille d’érable, ils en ont plein et une grande fête à l’automne, nous semble avoir évolué depuis la dernière fois. La place centrale, avec une magnifique courthouse, est agréable et il y a plusieurs magasins d’antiquités, avec des articles authentiques et bon marché. On va essayer de ne pas prendre trop de retard au démarrage ce matin, donc on trace la route… Toujours en essayant de suivre au maximum la 66.

Une mini mini ville qui a une roadside attraction récente, mais so 66 : Supertam on 66 (un musée sur Superman doublé d’un magasin de bonbons et glacier, au 221 W Main St, Cartersville). On ne voit que l’extérieur, il n’ouvre qu’à midi.

On met entre 5 et 20 minutes entre les différents arrêts, et à part une ou deux voitures sur la 66, on est un peu seuls au monde. Les Américains ont dû privilégier le début des célébrations d’anniversaire, au printemps et en novembre. De plus, c’est la rentrée scolaire ici et les motards ont dû privilégier les mois moins chauds…

En réalité, ce n’est pas désagréable. Ce qui nous intéresse, c’est de voir le cinéma historique… 66. Il est fermé aujourd’hui mais un gars fait des travaux et (comme quasi toujours sur la 66 et ailleurs) il sort pour nous donner un coup de tampon à notre passeport 66 et nous offre des autocollants. Quelle bande de chatons.

Prochain arrêt, une « grande ville », Joplin, le deuxième de la route après celui de l’Illinois, avec plein de murs peints (entre autres). Ne cherchez pas le cinéma historique, c’est devenu une église. On zappe les chutes d’eau et l’appartement planque de Bonnie et Clyde pour aller faire un tour à de superbe antiques, Rangeline Antique Mall (3421 N Rangeline Rd Ste. B, Joplin). Enfin des objets 66 mais beaucoup sont hors de prix. On trouve quand même un ou deux petits crushs.

A la sortie, on commence à fondre car nous allons dépasser les 100°F soit 38. Et là, c’est le choc : une copine nous apprend quasi en « direct » que Dolly Parton est partie, elle est morte. On est partis pour un deuil national, et ça nous fout un vrai coup.

Quand on aime, qu’on connaît les Etats-Unis, Dolly c’est une icône, une femme géniale, indépendante avant l’heure, qui a fait beaucoup pour son pays et encore plus pour son territoire, le Tennessee. Elevée dans une cabane en bois sans eau ni électricité dans les Smoky Mountains, avec 11 frères et soeurs, elle a gravi les échelons pour devenir une superstar sans jamais renier son passé ou tourner le dos à son Tennessee natal.

Son père ne savait ni lire ni écrire ? Elle a créé une fondation pour envoyer des livres aux enfants à travers le pays. Un ange est parti. Un ange qui faisait l’unanmité. A l’heure de la polarisation, elle était à l’opposée, l’une des personnes les plus aimées du pays, qui dépassait tous les clivages, toutes les brouilles. En plus, il y a un an jour pour jour, on était justement à son parc, Dollywood, dans les Smokey mountains et devant a statue à Sevierville…

Aujourd’hui, jour de sa mort, What would Dolly do ? Sûrement, écouter sa musique et ses tubes. Coat of Many Colors, Jolene, I Will Always Love you, 9 to 5…

Quelle perte…

KANSAS

Ca y est, on a quitté le Missouri pour le Kansas. L’état qui a le moins de kilomètres miles de 66, seulement 13 soit 21 kilomètres. Mais les fait vivre. Une arche d’entrée, le Luigi’s pot stop en hommage au film Cars (qui ressort au cinéma le 4 septembre pour ses 20 ans) et on tombe direct sur le meilleur exemple.

« Cars on the route » (119 N Main St, Galena) est un incontournable. Ce mini restaurant et gift shop est là où se trouve le camion qui a inspiré le personnage de Martin (Dow Mater). Lorsque l’équipe de Pixar a débarqué en repérage, ils ont tout de suite tilté dessus… Et juste après, sur le Riverton Bridge à quelques kilomètres, ils ont rencontré un Dean « Crazy Legs » Walker, une célébrité locale qui peut mettre ses pieds… à l’envers, si si. Et l’inspiration pour Martin était né : il conduit mieux en marche arrière…

On nous le réexplique à l’accueil avec fierté et photos à l’appui. Lors de nos derniers passages, le lieu était toujours fermé mais pas cette fois. Il y a un petit magasin de souvenirs (on nous donne le passeport général de l’état car, comme le Missouri, ils n’en ont pas de la Mother road) et on s’installe pour manger.

Là encore, on est tout seuls avec un vieux cuisto en tablier 66 qui nous mitonne un burger et un sandwich Philly-cheese (boeuf, fromages, poivrons, la spécialité de Philadelphie) aux petits oignons, pour une dizaine de dollars…. Ahhhhhh la 66. On fait plein de photos et quelques arrêts en ville, qui nous paraît plus « grande » que dans nos souvenirs.

Ne manquez pas un « nouvel » arrêt qui a l’air presque authentique : le Gearhead Curios (520 S Main St, Galena). Gearhead, ça veut dire « fou de mécanique ». C’est une ancienne station hyper bien rénovée avec un muffler man, des personnages, un gift shop et des… toilettes « world famous », que nous présente le propriétaire, Aaron.

On part mais on y retourne, on a oublié d’aller aux toilettes, censées être célèbres. Le boss est trop content de faire la visite et invite tout le monde dans le magasin. Ce sont des toilettes d’inventeur, avec plein d’astuces et de bricolage. « Il y a eu plein de vidéos Youtube et TikTok, j’y ai célébré deux mariages et fait des t-shirts dessus! ».

Il a imaginé des toilettes fun et « intelligentes », avec son père: elles s’ouvrent et se ferment avec une clé spéciale sur un enjoliveur, les mecs peuvent mettre leurs pieds dans des chaussures en métal, pisser dans un entonnoir. Les filles aussi, grâce à un urinoir portable. Si elles le font, elles ont droit à des applaudissements et à une publi sur les réseaux sociaux avec la devise de la maison : « I hit the funnel ».

La température ne cesse d’augmenter tandis qu’on roule jusqu’à….

Le Nelson’s Old Riverton Store (7109 KS-66, Riverton), épicerie qui fait des sandwiches à la demande pour quelques dollars, et le Brush Creek Rainbow Arch Bridge, dernier spécimen du genre sur la route. On continue avec Baxter Springs jusqu’à la frontière de l’état.

En quittant le Kansas pour l’Oklahoma, notre live s’arrête ici. La suite du roadtrip, avec Oklahoma, Texas et Nouveau-Mexique, est à découvrir dans quelques jours sur le blog…

  • Le Boots Court de Carthage (Missouri)
  • Galena (Kansas)
  • Commerce (OK)
  • La baleine bleue de Catoosa (OK)
  • Notre hébergement : The Campbell (2636 E 11th St, Tulsa). Note : 7/10. Il n’y a pas beaucoup d’hébergements 66 à Tulsa malgré le dynamisme de la ville. Celui-ci fait l’affaire mais s’il a tout l’air d’être hanté. Voir et réserver sur Booking ou sur Hotels
  • Nos bars et restaurants : Cars on the Route (119 N Main St, Galena). Note : 7/10. Simple, pas cher, efficace et bon. Très 66. Bricktown Brewery (3301 S Peoria Ave, Tulsa). Note : 8/10. Un grand classique de nos passages à Tulsa. Excellentes bières et excellente bouffe à petit prix. Il y a des opérations spéciales tous les jours
  • Nos visites : de Carthage (Missouri) à Tulsa (Oklahoma) via le Kansas

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