“Le bruit des glaçons” ou tomber en panne dans le désert : done !

C’est les glaçons qui font du bruit”. Jean-Philippe essaye de s’en persuader : ce bruit entre tracteur et avion qu’émet depuis cinq minutes notre voiture de location n’est rien. On ne peut pas avoir de problème, pas tomber en panne, en plein désert d’Anza Borrego (Californie), à 14 heures et par 41 degrés. On est là depuis seulement trois jours ! A l’horizon, seules des toilettes sèches et une voiture qui passe toutes les quarante minutes. On s’arrête, plusieurs fois. On met à contribution nos (maigres) connaissances en mécanique. On regarde dessous, dessus. La théorie des glaçons est devenue branche puis cailloux. Puis il faut se rendre à l’évidence: on va tomber en panne. Il nous faut absolument tirer jusqu’à la prochaine ville, Salton City, à … 7 kilomètres. Sinon on va mourir, écrasés par la chaleur ou boulottés par des coyotes.

 

 

Au moins, le conducteur ne se fera pas engueuler par son copilote, même si ce dernier savait bien que ce n’était pas raisonnable de s’aventurer sur ce sentier de montagne blindé de cailloux. Mais homme voulait faire plaisir et trouver un mouflon. Il se sentait probablement aussi surpuissant, au volant de sa grosse jeep, enivré par les vacances. Le temps d’un giga fou rire (pour se rassurer aussi), on est arrivés à la “ville” et sa station service-magasin (“AM/PM”).

Maintenant réfléchir. il y a un garage pas loin mais peut-être faut-il d’abord appeler le loueur de voiture. Après lecture du contrat, oui, c’est ça qu’il faut faire, sinon il faudra tout payer de notre poche. On appelle. Et on peine à croire ce qu’on entend : une fois de plus, on va avoir une chance de cocu. La compagnie nous propose de nous changer immédiatement notre véhicule et de le remplacer par un autre (gratos). Leur antenne la plus proche est à Palm Springs (là où on doit passer la nuit) et non à San Diego, ce qui nous aurait ramenés deux jours en arrière. Il est 15h. Commence une longue attente, entre cagnard dehors et sur-clim à l’intérieur de la station. A 17h, surprise, ce n’est pas un taxi qui arrive. Notre sauveur est un mexicain baptisé José, installé à Indio, arrivé de Mexicali il y a 14 ans. Il arrive à bord d’une dépanneuse vintage orange… sans clim. Lui diagnostique un problème de freins. Il ne parle pas de glaçons. Morts de rire, on entame une véritable traversée du désert, soleil dans le pare-brise, vitre grande ouverte, pieds sur le moteur surchauffé. José est cool, il nous parle de fric et de fruits de palmiers comestibles (“trop cher !”) mais sa voix est couverte par le bruit de la dépanneuse (un genre de bruit de glaçons aussi).

 

 

A 19 heures, c’est la libération. José nous dépose à l’aéroport de Palm Springs. Encore deux transferts et, au coucher du soleil, on prend possession de notre nouveau bolide. Adieu Kia, bonjour Hyundai. L’insolation n’était pas loin. “God is still here”, le plein est fait (on avait pas eu le temps de faire celui de l’autre). Ereintés, on tombe à l’hôtel.

 

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Vous vous souvenez de notre chronique sur les galères de voyage ? En voilà un nouveau chapitre. Heureusement drôle, ce “bruit des glaçons” s’est avéré meilleur que le mauvais film du même nom, même s’il nous a fait perdre presque une journée.

21 responses à ““Le bruit des glaçons” ou tomber en panne dans le désert : done !

  1. Vous vous en sortez bien en effet…c’est ma hantise quand on part et qu’on roule perdu au milieu de nulle part. bonne continuation 🙂

  2. C’est toujours sympa de tomber en rade dans le désert 😉 J’avais eu droit à ça en Égypte. On avait épuisé tout notre stock de roues de secours donc à la 3eme crevaison, finit !! Pour moi c’était juste une nuit sympa à la belle étoile (on avait assez d’eau en stock) mais le chauffeur avait tout de même dû faire 40 bornes à pied pour rejoindre une oasis et un véhicule pour venir nous chercher !!

  3. Bizarre qu´ils vous aient filé une Kia, d´hab c´est practiquemnet que des Chervrolet qu´ils louent….finalement l´histoire c´est bien terminé, moi ça m´aurait trop soulé, en plus avec ce cagnard, je te dis pas.

    1. Hi, en fait, ils ont un peu de tout. La preuve, on a commencé avec une Kia, on a poursuivi avec une Toyota et la, on termine avec une Jeep. ^^

  4. Sympa comme galère sur la route, et puis c’est un “happy end” !

    Heureusement, vous l’avez pris cool tous les deux (à ce que vous racontez en tout cas 😉 ) : pas de tension dans le couple qui viendrait envenimer la situation : ensemble orienté solution, à ne pas dramatiser, c’est la meilleure des attitudes d’après moi pour faire face aux “petits” problèmes sur la route.

    Et puis, ce sont ces petits moments de doute et de stress qui viennent après nourrir les souvenirs de voyage !

  5. L’excès de confiance provoqué par le 4×4 nous a aussi valu des petits problèmes cet été… Une route CLAIREMENT inaccessible avec notre petit SUV, l’Homme qui voulait absolument s’y frotter et nous voilà avec une fissure dans le pare brise, d’abord petite, puis qui a fini par atteindre le milieu du pare brise à la fin du voyage! L’agence n’a pas voulu nous changer la voiture “pour si peu” (la fissure faisait 15 cm au début, et après impossible de trouver une agence Alamo sur la suite du trajet). Au final grâce aux assurances (à prendre absolument!!) on n’a rien eu à payer.

  6. bonjour,
    et du coup quelles assurances conseillez-vous pour ce type de galère ? je vois qu’il existe une road safe mais est-elle utile en cas de panne comme vous ou uniquement pour des pertes de clé ou autres ?
    merci

    1. Bonsoir Eric,
      Pour ce genre de galères, les loueurs proposent généralement la Roadside Assistance 24/24 et 7/7, qui comprend un tas de choses (perte de clé, dépannage, pneu crevé…). En fait, nous ne l’avons jamais prise et nous nous sommes toujours débrouillé avec la compagnie sans surcoût. Pour l’incident ci-dessus, c’était en 2013 et à l’époque, la roadside 24/24 était comprise dans tous les contrats. Aujourd’hui, vous avez une roadside allégée dans les contrats basiques. Et en appelant l’assistance en journée, ils peuvent souvent vous assister. Donc, c’est à vous de voir. Ca coute 7$/jour chez Alamo par exemple. Donc ça peut représenter un petit budget
      Bonne soirée
      JP

      1. Merci pour votre retour.
        Je viens de réserver via rentalcars chez Alamo.
        J’ai de base la CDW 0 franchise, TP 0 franchise, LIS 1M$
        J’ai pris en plus la couverture complète rentalcars car même si j’ai bien la CDW il est indiqué que ça ne prend pas en compte les frais de remorquage, ni bris de glace, roue et châssis.

        Je n’arrive pas à savoir si les frais de remorquage concernent toutes les situations en cas de dommage sur le véhicule (responsable ou non) ?
        On me tamponne le véhicule est HS et ne peut plus rouler…dans ce cas, dois-je payer les frais sans cette assurance rentalcover supplémentaire ?

        MErci pour votre aide
        Eric

        1. Bonsoir Eric,

          Très bonne question. Généralement, les loueurs proposent maintenant une “roadside assistance 24/7” (ou roadside plus), qui vous couvre totalement 24/24. Mais je la trouve assez chère. Dans nos différents voyages, nous avons dû changé trois fois de voiture (pneu crevé et haillon brisé) et un seul remorquage (celui de cet article) et nous n’avons jamais rien payé. Du coup, je n’ai jamais eu affaire à un loueur qui ne m’a pas proposé de solution. Pour moi, cette assurance est un peu gadget (elle couvre perte des clés, panne d’essence, crevaison sans galette dispo).
          Si vous êtes percuté (responsable ou non), la Roadside Plus ne vous aidera pas. Cela devient du ressort de l’assurance CDW/LDW (sans franchise si possible).
          Bonne soirée
          JP

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